Des propos de Ségolène Royal sur Israël provoquent l’indignation d’associations juives
L'Union des étudiants juifs de France a rappelé que 'les Juifs ne sont pas et ne seront jamais responsables de l'antisémitisme'
Lors du premier débat de la primaire sociale-démocrate, Ségolène Royal a considéré qu’il fallait que « plus de voix israéliennes et juives » s’expriment sur le conflit à Gaza afin de lutter contre l’antisémitisme dont ils sont victimes, provoquant notamment l’indignation d’associations juives.
L’ancienne ministre a ainsi estimé mercredi soir que « la montée de l’antisémitisme n’est pas due à Israël » mais « aux actuels dirigeants » du pays, et qu’en ce sens « il faudrait plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe » à Gaza « est intolérable ». Ségolène Royal avit déjà tenu des propos similaires en mai dernier.
Ses derniers propos ont été immédiatement dénoncés par Yonathan Arfi, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), comme « une trahison de l’idéal républicain ».
« En sommant les Juifs de se positionner sur Gaza et non les antisémites de cesser de s’en prendre aux Juifs au nom d’un conflit à 3 000 kilomètres, cette injonction fait des Juifs les responsables de la haine dont ils sont les victimes », a-t-il écrit dans un message sur X.
« Non, être juif ne rend suspect d’aucune allégeance. Et il n’existe pas de tribunal chargé de trier les ‘bons’ Juifs des autres », a affirmé de son côté Philippe Meyer, vice-président du Crif, dénonçant des propos « moralement et politiquement intolérables ».
Ariel Goldmann, président de la Fondation du Judaïsme français, a interpellé, sur X, Mme Royal en lui demandant si elle « [oserait] demander aux musulmans de France de se mobiliser pour dénoncer la dictature en Algérie ou la répression sanglante en Iran ? ».
@RoyalSegolene Ce matin, je suis en colère. Et, pour reprendre votre formule de 2007 : « Non, je ne me calmerai pas. »
En 2001, sous Lionel Jospin, avec Daniel Vaillant à l’Intérieur, des synagogues brûlaient en France ???????? et des Juifs étaient agressés.
Vous étiez alors ministre… pic.twitter.com/kGXtJF730t— Ariel Goldmann (@GOLDMANNAriel) September 24, 2026
L’Union des étudiants juifs de France a rappelé que « les Juifs ne sont pas et ne seront jamais responsables de l’antisémitisme. »
La ministre de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a aussi réagi : « il n’y a pas un seul Français juif responsable de la situation à Gaza », a-t-elle souligné, estimant qu’ « essentialiser, assigner » mène à l’antisémitisme.
« Voilà ce que j’ai dit: il faut soutenir et encourager les Israéliens qui se dressent contre le régime du criminel de guerre Netanyahu. Je n’ai jamais essentialisé nos compatriotes de confession juive », a assuré Ségolène Royal jeudi matin sur X.
Interpellée sur BFMTV, l’ancienne ministre a affirmé « que chaque fois qu’on parle de ce sujet, la parole est déformée ».