Des résidents d’implantations armés filmés lors d’un mariage au son d’un hymne anti-sioniste

Des récoltes d'olives palestiniennes ont été volées : la police a interpelé des activistes étrangers

Des résidents d'implantations extrémistes brandissent des armes en dansant lors d'un mariage dans la région de Gush Etzion, en Cisjordanie, en octobre 2026. (Capture d'écran/X)

Jeudi, la télévision israélienne a diffusé des images présentées comme celles d’un mariage célébré cette semaine, auquel ont pris part des résidents d’implantations extrémistes dans le secteur du Gush Etzion, en Cisjordanie.

Dans la séquence retransmise par le diffuseur public Kan, on peut voir les personnes désignées sous le nom de « jeunes des collines » en train de danser sur une chanson devenue en quelque sorte l’hymne de la secte ultra-orthodoxe anti-sioniste Neturei Karta, qui dit notamment : « Nous ne croyons pas au règne des hérétiques. »

Il n’est pas rare d’entendre cet hymne lors de rassemblements ultra-orthodoxes en Israël mais le fait de l’entendre lors de ce mariage en Cisjordanie révèle que certaines franges du mouvement des résidents d’implantations se sont radicalisées dans leur refus de l’autorité de l’État.

On voit par ailleurs l’un des invités de ce mariage agiter en l’air ce qui semble être une arme automatique de l’armée israélienne, et un autre, un pistolet. Un troisième homme agite un drapeau en soutien à Ariel Dahari, habitant d’un avant-poste illégal filmé l’an dernier en train de donner des coups de matraque à une femme palestinienne tandis que le chanteur du mariage chante, repris par la foule : « Nous casserons les dents des sionistes ».

Peu après le mariage, des résidents d’implantations auraient incendié un véhicule dans le village voisin de Beit Ummar et tagué un message en hébreu disant : « Salutations, Dahari, et mazel tov. »

Aucune arrestation n’a été signalée.

La chaîne Kan a aussi diffusé des images d’autres mariages de « jeunes des collines », dans lesquelles on peut voir un résident d’implantation en train de brandir une épée en se penchant hors d’une voiture, tandis qu’un autre, à cheval, tient un fusil.

Des résidents d’implantations filmés en train de voler des olives palestiniennes

Jeudi toujours, des caméras de surveillance ont filmé des résidents d’implantations en train de voler des olives appartenant aux habitants du village palestinien de Burin, dans le nord de la Cisjordanie, non loin de l’avant-poste de Givat Ronen.

Comme les années passées, la récolte des olives donne cette année lieu à des attaques quotidiennes de résidents d’implantations contre des agriculteurs palestiniens.

Jeudi encore, des résidents d’implantations ont été filmés en train de piétiner des olives récoltées par des Palestiniens et de les jeter par terre dans les environs de Masafer Yatta, dans le sud de la Cisjordanie. Des activistes étrangers qui tentaient de se rendre sur place pour protéger les Palestiniens en ont été empêchés par les autorités israéliennes.

Il y a peu, un influent rabbin ultra-nationaliste a autorisé les Juifs à récolter des olives appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie, ce qui a donné lieu à un dépôt de plainte auprès des services de police, en cours d’examen par les enquêteurs.

Jeudi toujours, la police a annoncé l’interpellation de 11 activistes étrangers et d’un Palestinien qui tentaient de récolter des olives dans le sud de la Cisjordanie sans coordination préalable avec les autorités, contrairement à la procédure.

La police a précisé dans un communiqué que le secteur dans lequel les Palestiniens et les activistes étrangers tentaient de se rendre était une zone militaire d’exclusion.

Dans une vidéo, on voit les autorités israéliennes en train d’interpeler le groupe, et dans une autre, des résidents d’implantations en train de les attaquer et de tenter de détruire les olives récoltées.

De plus en plus d’activistes – israéliens ou étrangers – se rendent en Cisjordanie pour protéger les Palestiniens des attaques de résidents d’implantations au moment de la récolte des olives.

Mercredi, la police et l’armée israélienne ont fait savoir qu’un incident similaire s’était produit près de l’implantation de Beitar Illit — impliquant le candidat au Congrès Brad Lander —, mais d’après les cartes du ministère de la Défense, il apparait que la zone en question ne nécessitait pas de coordination préalable.

La police a précisé que, lors du dernier incident en date, les activistes avaient refusé de décliner leur identité et de quitter les lieux, ce qui avait motivé leur arrestation.

Les services de police ont examiné les comptes de réseaux sociaux des activistes et découvert que deux d’entre eux avaient publié des messages faisant l’éloge de « terroristes », a affirmé la police, sans plus de détails.

Les 11 activistes étrangers ont tous été remis à l’Autorité de la population, de l’immigration et des frontières en vue d’une audience qui devra décider de leur expulsion d’Israël, a déclaré la police.

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