Deux célébrités pro-Israël provoquent un tollé au festival de Tribeca

L'influenceuse Lizzy Savetsky et l'humoriste Elon Gold ont échangé en évoquant les accusations de viol de prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes - suscitant une vive polémique

Lizzy Savetsky, à gauche, à New York le 5 mai 2026. (Roy Rochlin/Getty Images pour Ari Ackerman) ; Elon Gold au Festival de Tribeca, le 4 juin 2026. (Crédit : Rob Kim/Getty Images pour le Festival de Tribeca)

JTA — Le Festival de Tribeca s’est indigné des échanges, sur le tapis rouge, de l’humoriste et acteur Elon Gold et de l’influenceuse pro-israélienne Lizzy Savetsky, lesquels ont fait allusion aux accusations de viol portées contre des gardiens de prison israéliens.

C’est à l’occasion de la première mondiale du nouveau film de Gold, « The Wedding Entertainer (The Tale of Moishe Badhan) », qui s’est tenue jeudi, que ces deux personnalités juives ont tenu ces propos. Savetsky les a d’ailleurs inclus dans une vidéo qu’elle a publiée vendredi sur Instagram.

Dans la séquence, Gold souligne qu’il était important que le Festival du film de Tribeca, l’un des plus prestigieux au monde, ait programmé un film tourné en Israël – sous entendant qu’à un moment où le sentiment anti-israélien ne cesse de croître, il ne s’attendait guère à ce que des films ayant un lien avec Israël soient sélectionnés.

L’humoriste plaisante ensuite en évoquant son séjour en Israël : « Je ne me suis fait violer que par deux chiens israéliens. »

Lizzy Savetsky rétorque alors : « Je pensais qu’ils ne violaient que les Palestiniens. »

« Non », répond Gold en riant. « J’ai aussi eu droit à un chien. »


Le duo faisait ainsi allusion aux allégations d’abus sexuels commis par des gardiens de prison israéliens à l’encontre de détenus palestinien – des allégations qui ont été publiées le mois dernier par Nicholas Kristof, chroniqueur du New York Times, dans une tribune libre. L’une des accusations les plus choquantes, qu’Israël a rejetée au même titre que toutes les autres, était celle selon laquelle des gardiens de prison israéliens se servaient de chiens pour violer des détenus.

Après que ces propos ont déclenché une vague de critiques en ligne, le Festival de Tribeca a fait savoir samedi, dans un communiqué, qu’il « condamnait sans équivoque les propos offensants et inacceptables » tenus par Savetsky et Gold.

« Les violences sexuelles et la souffrance humaine ne devraient jamais être tournées en dérision ou minimisées », a affirmé le festival. « Ces propos ne reflètent pas les valeurs du Festival de Tribeca. Nous sommes désolés pour la peine et le tort qu’ils ont causés. »

Des militants pro-israéliens ont condamné la chronique, Kristof et le journal pour avoir relayé ces allégations contre Israël. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a quant à lui menacé de poursuivre le journal en justice pour ces accusations.

Dans une vidéo Instagram publiée en réponse à un journaliste du New York Times qui lui avait demandé une réaction par courriel, Savetsky a comparé les allégations formulées dans la chronique de Kristof au trope antisémite de l’accusation de meurtre rituel.

Des manifestants devant les bureaux du New York Times à New York, le 14 mai 2026. (Luke Tress/Times of Israel)

Dans une déclaration faite à la Jewish Telegraphic Agency, Savetsky a réfuté l’affirmation du festival selon laquelle les plaisanteries qu’elle avait faites sur le tapis rouge « portaient sur le viol ».

« C’était une boutade qui se moquait de l’article du NYT et de ses accusations calomnieuses ignobles », a-t-elle déclaré dans un message adressé à la JTA. « Toute autre interprétation relève du ridicule et nous éloigne du véritable enjeu ici, à savoir un journalisme irresponsable visant à diaboliser les sionistes. La comédie et les arts ont toujours été utilisés pour traiter de questions réelles. Le sujet ici ne devrait pas être le viol par des chiens, ce qui est biologiquement impossible, mais l’accusation de meurtre rituel répandue par le NYT. »

« Je ne regrette en rien mes propos », a-t-elle ajouté. « Cette polémique révèle simplement à quel point la presse et ceux qui sont aveuglés par la propagande anti-israélienne sont prêts à tordre les faits pour accuser les Juifs… même si cela implique de cautionner un article dépourvu de toute preuve concernant un phénomène biologiquement impossible. »

Gold, également producteur exécutif de son film, n’a pas répondu à la demande de commentaires de la JTA.

« The Wedding Entertainer (The Tale of Moishe Badhan) » est une comédie israélienne mettant en scène un ancien comédien hassidique qui fait son retour dans le monde de la comédie après avoir lutté contre une addiction, afin de gagner l’argent nécessaire pour marier sa fille.

read more: