En hommage à ces volontaires étrangers qui ont péri pour l’Indépendance
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  • Le monument consacré au général de brigade Mickey ‘Stone’ Marcus à Telz-Stone. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le monument consacré au général de brigade Mickey ‘Stone’ Marcus à Telz-Stone. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Le jardin du monument Mahal pour les volontaires étrangers de l'armée israélienne. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le jardin du monument Mahal pour les volontaires étrangers de l'armée israélienne. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Des visiteurs sur l'aire de pique-nique du mémorial MaHal en hommage aux volontaires étrangères ayant servi dans l'armée israélienne. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Des visiteurs sur l'aire de pique-nique du mémorial MaHal en hommage aux volontaires étrangères ayant servi dans l'armée israélienne. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Le mémorial des combattantes de la guerre de l'Indépendance israélienne au Kibbutz Nitzanim, au nord-est d'Ashkelon. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le mémorial des combattantes de la guerre de l'Indépendance israélienne au Kibbutz Nitzanim, au nord-est d'Ashkelon. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Le mémorial en hommage aux commandos français morts au sein de l'armée israélienne pendant la guerre de l'Indépendance, situé au sud de Beer sheva. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le mémorial en hommage aux commandos français morts au sein de l'armée israélienne pendant la guerre de l'Indépendance, situé au sud de Beer sheva. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • La tombe de Mordecai Tuito sur le mont Mt. Herzl. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    La tombe de Mordecai Tuito sur le mont Mt. Herzl. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Un mémorial montrant la construction de Burma Road, en 1948. (Crédit :  Shmuel Bar-Am)
    Un mémorial montrant la construction de Burma Road, en 1948. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Le monument Mahal en mémoire des bénévoles étrangers de l'armée israélienne. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le monument Mahal en mémoire des bénévoles étrangers de l'armée israélienne. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

En hommage à ces volontaires étrangers qui ont péri pour l’Indépendance

Il n’y a pas de meilleure date que Yom HaAtsmaout pour se rendre au monument Mahal, sur les collines verdoyantes de Judée, à la mémoire de tous ceux qui sont morts pour l’Etat

Le plus célèbre soldat volontaire étranger à avoir servi dans la guerre de l’Indépendance a été sans nul doute David « Mickey » Markus, devenu le premier général de brigade dans l’armée israélienne et qui a été tué accidentellement par ses troupes.

Marcus, colonel juif au sein de l’armée américaine, avait été appelé en Palestine mandataire avant la déclaration de l’État d’Israël pour aider à transformer la Haganah – principale force de défense paramilitaire juive – en unité de combat moderne. Connu sous le pseudonyme « Stone », Marcus n’avait jamais été un sioniste actif. Toutefois, il avait été heureux lorsque son expertise militaire avait été appelée à se placer au service du peuple juif.

Marcus s’était alors jeté dans la bataille. Son expérience et ses initiatives avaient fait de lui un tel atout dans l’effort de guerre qu’il avait été désigné général de brigade et commandant du front de Jérusalem, le 28 mai 1948.

Moins de deux semaines après sa nomination et à l’issue d’une journée de lutte qui avait été épuisante, Marcus était sorti du camp dressé sur les collines de Jérusalem pour se détendre. Peu à l’aise en hébreu, il n’avait pas répondu quand une garde prudente lui avait demandé le mot de passe à son retour, à trois reprises. Le garde, nerveux, avait alors ouvert le feu et Marcus était mort, atteint par une balle à la poitrine. « Stone », et la contribution que ce soldat hors-pair avait apportée à Israël dans les victoires de la guerre de l’Indépendance, ont été immortalisés dans un film touchant qui a été réalisé en 1966, « L’ombre d’un géant », avec Kirk Douglas en tête d’affiche.

Le monument consacré au général de brigade Mickey ‘Stone’ Marcus à Telz-Stone. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le camp de Marcus était installé aux abords du village arabe d’Abu Gosh, où se situe dorénavant la ville de Telz-Stone, établie en 1973.

Le colonel Mickey Marcus (Crédit : Domaine public)

Même si la ville porte le nom du philanthrope américain Irving Stone (qui a aidé financièrement à la fonder) et non celui de Markus, un monument ayant la forme d’une obélisque à la mémoire du général Mickey « Stone » Marcus est érigé dans un parc à l’intérieur de la localité – aux environs de l’endroit où le général avait été tué.

Près de 4 000 volontaires venus de dizaines de pays avaient pris part à la guerre de l’Indépendance. Leurs expériences et leurs expertises avaient été cruciales pour la nouvelle armée israélienne, un grand nombre d’entre eux ayant servi dans les armées et dans les marines des pays dont ils étaient originaires pendant la Seconde Guerre mondiale.

Paul Shulman, par exemple, était un Américain et un diplômé de l’Académie navale d’Annapolis qui était devenu premier commandant de la marine israélienne. Et il y avait eu un nombre si important de vétérans anglo-saxons dans l’armée de l’air israélienne qu’une grande partie des discussions opérationnelles se faisaient en anglais.

Le monument Mahal en mémoire des bénévoles étrangers de l’armée israélienne. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

En tout, 123 volontaires de l’étranger ont perdu la vie ou ont été portés-disparus pendant la guerre de l’Indépendance. Un monument émouvant est consacré à tous ces hommes – mitnadvei hutz laaretz en hébreu [volontaires de l’étranger], ou l’acronyme MaHaL – venus pour soutenir Israël pendant la guerre et morts alors qu’ils servaient dans ses forces armés, au nord du Moshav Mesilat Zion. Derrière une sculpture unique, une plaque porte leurs noms. Et voici quelques-unes de leurs touchantes histoires.

Mordecai Tuito : Survivant de la Shoah et héros du front

Après avoir été diplômé d’un lycée juif, Mordecai Tuito, né en Tunisie, avait cousu des chaussures et des portefeuilles pour gagner sa vie. Ses origines juives et son engagement sioniste étaient connus et, pendant les émeutes arabes qui avaient agité, en 1941, le quartier juif de la ville de Gabès, il avait pris la tête du groupe qui avait assuré la défense de sa communauté.

Les nazis avaient pris le contrôle, en 1942, de la Tunisie et Tuito avait été arrêté pour avoir pris la défense de son quartier, et condamné aux travaux forcés dans un camp de prisonniers.

La tombe de Mordecai Tuito sur le mont Mt. Herzl. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Après la guerre, Tuito s’était exilé en France et il s’était préparé à partir vivre en Israël. Quand les Nations unies avaient décidé, au mois de novembre 1947, de diviser la Palestine en deux États, l’un Juif et l’autre arabe, il s’était enrôlé dans MaHal. Dès que son bateau avait abordé les rives d’Israël, en 1948, Tuito avait rejoint les commandos français, une unité dont les hommes étaient originaires d’Afrique du nord. Blessé pendant les combats de la ville de Beer Sheva, dans le sud, il avait dissimulé ses bandages aux regards quand l’unité avait été photographiée de manière à ce que ses parents ne s’inquiètent pas en voyant le cliché.

Ses commandants savaient que lorsqu’il fallait accomplir une mission, ils pouvaient compter sur Tuito – et ils apprenaient souvent que la mission avait déjà été menée à bien par ses soins. Il était mort sur le front en date du 26 décembre 1948, trois jours seulement après l’immigration de ses parents en Israël. Il était alors âgé de 24 ans.

Debora Epstein : De l’Amérique du sud au sud d’Israël

Debora Epstein avait vu le jour à Montevideo, en Uruguay. En grandissant, elle avait commencé à s’inquiéter pour l’avenir des Juifs dans la diaspora comme en Palestine mandataire. Et quand la guerre de l’Indépendance avait éclaté, à la fin du mois de novembre 1947, elle avait immédiatement rejoint les combats. Epstein avait été envoyée à Nitzanim, dans le désert du Negev, pour défendre cette petite communauté assiégée.

Le mémorial des combattantes de la guerre de l’Indépendance israélienne au Kibbutz Nitzanim, au nord-est d’Ashkelon. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

La première expérience de la guerre pour Epstein avait été l’attaque du bus qui la transportait alors qu’elle se rendait à Nitzanim avait été attaqué. A travers de nombreux mois d’offensives de la part des forces arabes, elle avait accompli son devoir avec une immense énergie et un grand sens du dévouement – aidant largement ses camarades à conserver leur foi dans l’ultime victoire.

Le 7 juin 1948, les troupes égyptiennes avaient lancé une offensive massive. Quelques heures avant que les Égyptiens ne parviennent à se saisir de Nitzanim, Epstein avait été grièvement blessée alors qu’elle tentait de rejoindre l’un de ses camarades, qui avait été lui-même touché. Elle était morte après avoir été faite prisonnière de guerre, la nuit même, dans un hôpital égyptien. Elle n’avait que 19 ans.

William Edmondson a donné sa vie pour ce en quoi il croyait

William Edmondson était fils d’immigrants irlandais aux États-Unis. Communiste et travailleur social, Edmondson était un idéaliste prêt à se battre au nom de tous les opprimés. Jeune, il avait voulu devenir un artiste – mais il avait d’abord dû combattre les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Il avait ensuite étudié la sculpture en France. Là, lui et quelques amis juifs avaient commencé à soutenir le mouvement d’immigration « illégale » en Palestine. Et Edmondson lui-même avait fini par se rendre dans la Palestine sous mandat britannique, et il était devenu volontaire au sein de la force paramilitaire Palmach.

Soldat téméraire, Edmondson n’avait qu’un seul souhait : celui qu’en cas de défaite des Juifs devant l’ennemi, il soit tué sur le front. Il lui était inimaginable de devenir prisonnier de guerre. Ce triste vœu devait finalement se réaliser : Le 9 juillet 1948, pendant une bataille qui avait eu lieu dans un village du centre d’Israël, il avait reçu une balle et il était mort immédiatement. Il avait 21 ans.

Le jardin du monument Mahal pour les volontaires étrangers de l’armée israélienne. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Solly Bornstein : Érudit et soldat

Né en Pologne, Solly (Shlomo) Bornstein avait sept ans quand sa famille s’était installée à Londres, son père ayant accepté un poste de rabbin. Après avoir été diplômé du lycée, il avait étudié dans une yeshiva – ou séminaire religieux – pendant deux ans et il avait passé une troisième année à l’université. Érudit de talent, il excellait également dans le sport. Mais Bornstein avait décidé de laisser un avenir pourtant prometteur derrière lui quand la guerre de l’Indépendance avait débuté, ne faisant part à personne de ses intentions de partir au combat – seul fils de la famille, il savait qu’il aurait dû affronter de nombreuses objections à son départ de la part de ses parents.

Arrivé dans le tout nouvel État d’Israël en tant que soldat volontaire pendant le mois de juin 1948, il avait demandé aux commandants de son unité anglophone d’être déployé sur le front. Trois semaines plus tard, il avait été envoyé sur le mont Kabul, en Basse-Galilée, et il avait participé à une attaque menée contre des tireurs isolés qui s’étaient dissimulés sur les hauteurs. Le jour suivant, il y avait eu une contre-offensive arabe et Bornstein avait perdu la vie. Il avait 21 ans.

Des visiteurs sur l’aire de pique-nique du mémorial MaHal en hommage aux volontaires étrangères ayant servi dans l’armée israélienne. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Wilfred Canter : Un pilote tenace

Wilfred (Zeev) Canter avait vu le jour à Kiev. Quand il avait cinq ans, sa famille avait émigré au Canada et s’était installée à Toronto. En 1941, Canter s’était enrôlé dans l’armée de l’air royale du Canada et après avoir terminé sa formation de pilote, il avait été envoyé en Angleterre. De là, il avait mené des missions de bombardement en Allemagne – mais son avion avait été touché par des tirs ennemis et s’était écrasé près de Stuttgart. Canter avait été le seul survivant. Des membres de la résistance, qui l’avaient recueilli, l’avaient aidé à rejoindre alors Gibraltar et il avait pu retourner au Canada pour se remettre de ses blessures.

Un mois plus tard, il était retourné en Angleterre et, une fois encore, il avait été envoyé en mission en Allemagne. Son avion avait été encore touché par des tirs ennemis en 1944 ; lui et les membres de son équipage avaient été capturés et faits prisonniers après être parvenus à fuir leur appareil en parachute. Même s’il avait aidé à organiser une évasion massive de la prison dans laquelle il était détenu (et dont l’histoire, avec une bonne dose de fiction, est racontée dans le film « La Grande évasion », réalisé en 1963, avec Steve McQueen), Canter lui-même n’était pas parvenu à prendre la fuite.

A la veille de la conquête de l’Allemagne par les alliés, les prisonniers avaient été déplacés. Canter avait réussi à s’échapper pendant le transport des détenus et il avait retrouvé des soldats britanniques qui se trouvaient sur le terrain. Il était reparti au Canada après la guerre.

Canter avait figuré parmi les premiers pilotes volontaires étrangers à rallier l’armée de l’air israélienne. Après être arrivé en Israël, le 5 août 1948, il avait intégré le tout nouvel Escadron 103 – Escadron des éléphants, qui transportait des approvisionnements aux soldats qui avaient été isolés par l’armée égyptienne et qui menait des missions de bombardements si nécessaire.

Un mémorial montrant la construction de Burma Road, en 1948. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le 24 octobre, peu avant minuit, son moteur droit avait pris feu. Alors qu’il tentait de procéder à un atterrissage d’urgence, l’avion avait explosé en plein air et il s’était écrasé au sol. Aucun membre de l’équipage n’avait survécu. Canter avait alors 27 ans.

Le mémorial de MaHal, paisible, consacré aux volontaires étrangers, présente une grande aire de pique-nique, des fleurs, des sentiers de nature. Il se situe le long de la Route 38, à l’entrée d’une route connue sous le nom de Burma Road, qui avait été créée au mois de mai 1948.

Deux mois plus tôt, en 1948, les soldats arabes avaient bloqué la seule route secondaire qui joignait la côte à Jérusalem et la Ville sainte avait été coupée de tout approvisionnement. Pour résoudre le problème, l’armée avait été chargée de construire une route alternative. Dans l’incapacité d’utiliser des explosifs et travaillant uniquement la nuit sous le nez des fusils ennemis, les soldats et des civils, des artisans, étaient parvenus à créer une route en n’utilisant que des pelles, des pioches, des bêches, des maillets en bois et des burins. Et cela avait été Mickey Marcus, commandant du front de Jérusalem, qui avait supervisé les travaux de construction de Burma Road.

Aviva Bar-Am est l’autrice de sept guides en anglais sept guides en anglais .

Shmuel Bar-Am est guide touristique agréé qui organise des visites privées et personnalisées visites privées et personnalisées individuelles, familiales ou en petits groupes.

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