En Somalie, manifestation contre la reconnaissance du Somaliland par Israël

'Ne croyez pas aux mensonges d’un criminel aux mains tachées de sang, qui a assassiné le peuple palestinien', a dit l'imam Dahir Imam Mohamud depuis le stade de Mogadiscio

Des habitants brandissant des drapeaux somaliens et "palestiniens" et tenant des pancartes lors d'un rassemblement dénonçant la récente annonce d'Israël reconnaissant la région séparatiste du Somaliland, lors d'un rassemblement appelant à l'unité territoriale de la Somalie, au stade de Mogadiscio, à Mogadiscio, le 30 décembre 2025. (Crédit : Hassan Ali Elmi/AFP)

Des milliers de Somaliens sont descendus dans les rues mardi pour protester contre la reconnaissance formelle par Israël du Somaliland, vendredi, une première pour cette république autoproclamée, séparée de la Somalie en 1991.

Le président somalien, Hassan Cheikh Mohamoud, qui avait dénoncé « la plus grande des violations contre la souveraineté de la Somalie » et « une menace pour la sécurité et la stabilité du monde et de la région », se trouvait le même jour en Turquie, un proche allié de son pays.

Plusieurs milliers de personnes ont défilé et se sont rassemblées dans un stade de Mogadiscio, la capitale, pour protester contre la décision israélienne, brandissant des drapeaux somaliens et « palestiniens ».

« Le peuple somalien est un, nous sommes un peuple uni par Dieu, indépendamment de notre origine ethnique, de notre religion ou de notre couleur de peau », a déclaré l’imam Dahir Imam Mohamud depuis le stade de Mogadiscio.

« Ne croyez pas aux mensonges d’un criminel aux mains tachées de sang, qui a assassiné le peuple palestinien », a-t-il dit à ses « frères » au Somaliland.

Des manifestations ont également eu lieu à Lascanod (nord-est), à Guriceel (centre) et Baidoa (sud-ouest).

Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud tenant une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande après des discussions à la Chancellerie, à Berlin, le 5 novembre 2024. (Crédit : Odd Andersen/AFP)

« Nous demandons au Premier ministre israélien de […] retirer sa prétendue reconnaissance, car elle est vaine », a déclaré Suleka Maadey, une étudiante de Baidoa.

Vendredi, Benjamin Netanyahu a annoncé la reconnaissance officielle de cette région séparatiste en tant qu’État souverain, alors qu’elle fonctionne avec sa propre monnaie, son armée et sa police, et se distingue par sa relative stabilité par rapport à la Somalie, minée par l’insurrection islamiste des Shebabs et les conflits politiques chroniques.

Le Somaliland a unilatéralement proclamé son indépendance en 1991, alors que la République de Somalie sombrait dans le chaos après la chute du régime militaire de l’autocrate Siad Barre.

Jusqu’à présent, ce territoire n’était reconnu publiquement par aucun pays, ce qui le maintient dans un certain isolement politique et économique, malgré sa situation stratégique à l’entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, sur l’une des routes commerciales les plus fréquentées au monde, reliant l’océan Indien au canal de Suez.

Montage photos (de gauche à droite) : Le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, s’entretenant avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur une photo publiée le 26 décembre 2025 ; le Premier ministre Benjamin Netanyahu signant la déclaration d’Israël reconnaissant la République du Somaliland comme un État indépendant, le 26 décembre 2025. (Crédits : Bureau de presse du gouvernement israélien ; Amos Ben Gershom/GPO)

Dimanche soir, des centaines de manifestants se sont déjà rassemblés à Mogadiscio pour protester contre l’annonce israélienne, qui a indigné de nombreux pays musulmans et africains.

Le même jour, des milliers de personnes se sont rassemblées dans plusieurs villes du Somaliland pour célébrer cette reconnaissance.

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