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Le président somalien en Turquie, 4 jours après la reconnaissance par Israël du Somaliland

Hassan Sheikh Mohamud discutera des mesures en faveur de "l'unité nationale" et d'autres "développements régionaux", après que Turquie et Somalie ont dénoncé la reconnaissance par Israël du territoire autonome

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud tenant une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande après des discussions à la Chancellerie, à Berlin, le 5 novembre 2024. (Crédit : Odd Andersen/AFP)
Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud tenant une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande après des discussions à la Chancellerie, à Berlin, le 5 novembre 2024. (Crédit : Odd Andersen/AFP)

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamoud effectuera mardi une visite en Turquie, une proche alliée de son pays, quatre jours après la reconnaissance par Israël du Somaliland, a annoncé la présidence turque.

Au cours de ce déplacement, « les discussions porteront également sur la situation actuelle en Somalie dans la lutte contre le terrorisme, les mesures prises par le gouvernement fédéral somalien en vue de parvenir à l’unité nationale et l’actualité régionale », a affirmé lundi sur X le directeur de la communication de la présidence turque Burhanettin Duran.

Ankara avait dénoncé vendredi la reconnaissance par Israël du Somaliland, une république autoproclamée qui a fait sécession, qualifiant cette décision d' »ingérence manifeste dans les affaires intérieures de la Somalie ».

La Turquie apporte son assistance militaire et économique aux autorités de ce pays de la Corne de l’Afrique dévasté par la guerre civile depuis le début des années 90, dont elle contribue à rétablir l’armée et les infrastructures tout en garantissant sa présence – également maritime – en Afrique de l’Est.

Dans sa propre condamnation, Mohamud a qualifié la reconnaissance par Israël du territoire séparatiste de « menace pour la sécurité et la stabilité du monde et de la région ».

Les habitants brandissent des drapeaux du Somaliland alors qu’ils se rassemblent pour célébrer l’annonce par Israël de la reconnaissance de l’indépendance du Somaliland dans le centre-ville de Hargeisa, le 26 décembre 2025. (Crédit : FARHAN ALELI / AFP)

Le Somaliland a unilatéralement proclamé son indépendance en 1991, à un moment où la République de Somalie sombrait dans le chaos après la chute du régime militaire de l’autocrate Siad Barre.

Il fonctionne depuis de manière autonome, avec ses propres monnaie, armée et police, et se distingue par sa relative stabilité comparé à la Somalie, minée par l’insurrection islamiste des shebab et les conflits politiques chroniques, touchant la capitale Mogadiscio.

Mais ce territoire n’est reconnu publiquement par aucun pays, en dehors désormais d’Israël, ce qui le maintient dans un certain isolement politique et économique malgré sa situation à l’entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, sur l’une des routes commerciales les plus fréquentées du monde reliant l’océan Indien au canal de Suez.

Une décision qui a suscité les critiques de l’Union africaine, de l’Égypte, des six pays qui composent le Conseil de coopération du Golfe et de l’Organisation de coopération islamique, basée en Arabie saoudite.

L’Union européenne a pour sa part insisté pour que la souveraineté de la Somalie soit respectée.

Israël est désormais le seul État membre de l’ONU à reconnaître l’indépendance du Somaliland.

Une foule défile dans la capitale du Somaliland, Hargeisa, alors qu’un drapeau israélien est projeté sur la façade du Musée national de cette nation dissidente d’Afrique de l’Est, après sa reconnaissance par Israël le 26 décembre 2025. (Crédit : Capture d’écran via les réseaux sociaux, utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Cette reconnaissance est la dernière initiative en date d’Israël qui a provoqué la colère de la Turquie, les relations entre les deux pays s’étant dégradées ces dernières années.

Ankara, pro-Hamas, a fermement condamné l’offensive israélienne dans la bande de Gaza lorsque la guerre opposant l’État juif au Hamas a éclaté, le 7 octobre 2023, à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien dans le sud d’Israël.

Un cessez-le-feu négocié par les États-Unis a mis fin aux combats en octobre. Israël s’est opposé à la participation de la Turquie à une future force de stabilisation qui devrait opérer dans les territoires palestiniens, dans le cadre du projet pour Gaza après la guerre tel que présenté dans l’accord de du cessez-le-feu.

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