Reconnaissance du Somaliland : Le Conseil de sécurité de l’ONU va tenir une session d’urgence
"Israël agira de manière responsable et nous continuerons de coopérer avec les partenaires qui contribuent à la stabilité régionale," a déclaré l'envoyé d'Israël

Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra une session d’urgence pour examiner la reconnaissance du Somaliland par Israël.
Ses membres devraient vivement condamner cette initiative de Jérusalem.
Israël a annoncé cette décision quelques jours avant que la Somalie ne prenne la présidence du Conseil de sécurité.
L’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, Danny Danon, a déclaré : « Israël agira de manière responsable et nous continuerons de coopérer avec les partenaires qui contribuent à la stabilité régionale. »
Un groupe de 21 pays à majorité musulmane, dont la Jordanie, l’Égypte, l’Arabie saoudite, la Turquie et l’Iran, ainsi que l’Autorité palestinienne (AP), a publié un communiqué conjoint vendredi pour rejeter la reconnaissance du Somaliland par Israël.
À noter que les trois pays ayant normalisé leurs relations avec Israël en 2020, à savoir les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc, n’ont pas signé ce communiqué, pas plus que le Liban et la Syrie.
Les 21 pays et l’Organisation de la coopération islamique (OCI) ont mis en garde contre ce qu’ils ont appelé « les graves répercussions d’une telle mesure sans précédent sur la paix et la sécurité dans la Corne de l’Afrique et la mer Rouge, ainsi que sur la paix et la sécurité internationales dans leur ensemble, reflet du mépris total et flagrant d’Israël pour le droit international ».
Le communiqué affirme aussi que « la reconnaissance de parties d’États constitue un précédent grave qui menace la paix et la sécurité internationales, et viole les principes fondamentaux du droit international et de la Charte des Nations unies ».
Les pays ont également rejeté toute tentative d’expulsion des Gazaouis de l’enclave.
Le Somaliland aurait été proposé comme destination potentielle pour les Gazaouis qui fuient la bande de Gaza, théâtre d’une guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Le territoire du Somaliland (175 000 km2 soit près du tiers de la France), qui correspond peu ou prou à l’ancienne Somalie britannique, est situé à la pointe nord-ouest de la Somalie.
Il a déclaré unilatéralement son indépendance en 1991, alors que la République de Somalie sombrait dans le chaos après la chute du régime militaire de l’autocrate Siad Barre.
La république autoproclamée fonctionne depuis en autonomie, avec ses propres monnaie, armée et police, et se distingue par sa relative stabilité comparée à la Somalie, minée par l’insurrection islamiste des shebab et les conflits politiques chroniques.
Mais elle n’était jusqu’alors reconnue publiquement par aucun pays, ce qui la maintient dans un certain isolement politique et économique malgré sa situation à l’entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, sur l’une des routes commerciales les plus fréquentées au monde reliant l’océan Indien au canal de Suez.
La Somalie est confrontée depuis près de 20 ans aux islamistes shebab, liés à Al-Qaïda. Si la sécurité s’est nettement améliorée dans la capitale, la guerre fait encore aujourd’hui rage à 60 kilomètres de Mogadiscio.







