Estimant que se serait contreproductif, l’Italie ne reconnaîtra pas d’État palestinien

Georgia Meloni a expliqué que Rome ne suivra pas l'exemple d'Emmanuel Macron ; se disant favorable à un État palestinien, mais ne le reconnaîtra qu'une fois qu'il existera

La Première ministre italienne Giorgia Meloni s'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec le président algérien lors d'un sommet, à la Villa Doria Pamphili, à Rome, le 23 juillet 2025. (Crédit : Tiziana Fabi/AFP)

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a déclaré samedi que reconnaître un État palestinien avant sa création pourrait être contreproductif.

« Je suis très favorable à la création d’un État palestinien, mais je ne suis pas favorable à sa reconnaissance avant même qu’il n’existe », a déclaré Meloni au quotidien italien La Repubblica.

« Si quelque chose qui n’existe pas est reconnu sur le papier, le problème pourrait sembler résolu alors qu’il ne l’est pas », a-t-elle ajouté.

Jeudi soir, le président Emmanuel Macron a annoncé que la France reconnaîtrait l’État de Palestine en septembre, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, dans l’espoir de créer une dynamique collective en ce sens.

Cette mesure a été condamnée par Israël et les États-Unis, alors que la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza se poursuit et que 50 otages sont toujours détenus dans l’enclave.

Selon des sources proches du dossier, les avertissements d’Israël à l’encontre de la France iraient de la réduction du partage de renseignements à la complication des initiatives régionales de Paris, plusieurs ministres appelant à l’annexion de la Cisjordanie.

Le président français Emmanuel Macron tenant une conférence de presse après les séances de travail du Conseil européen, à Bruxelles, en Belgique, le 26 juin 2025. (Crédit : Nicolas Tucat/AFP)

La France, qui abrite les plus grandes communautés juives et musulmanes d’Europe, deviendra le premier grand pays occidental à reconnaître un État palestinien, ce qui pourrait donner un nouvel élan à un mouvement jusqu’à présent dominé par des nations plus petites, généralement plus critiques envers Israël.

Vendredi, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, avait déclaré que la reconnaissance d’un État palestinien devait se faire simultanément à celle d’Israël par la nouvelle entité palestinienne.

« L’Italie est favorable à la solution à […] deux États, mais la reconnaissance d’un nouvel État palestinien doit avoir lieu en même temps que leur reconnaissance de l’État d’Israël », a-t-il estimé lors de l’ouverture du Conseil national de son parti conservateur Forza Italia, a rapporté l’agence Ansa, suscitant les critiques de l’opposition.

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