États-Unis : Le groupe de travail du 7-Octobre du ministère de la Justice vacillerait

Créée pour poursuivre les terroristes du Hamas, l’initiative manque de moyens et perd du personnel dans un contexte de bouleversements au sein du système judiciaire fédéral

La ministre de la Justice américaine Pam Bondi écoute le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'un déjeuner dans la Salle Est de la Maison Blanche, le 16 mars 2026 à Washington, DC. (Crédit: ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

JTA – Un groupe de travail du ministère de la Justice américain chargé d’enquêter sur les auteurs des violences perpétrées lors du pogrom commis par le groupe terroriste palestinien du Hamas du 7 octobre 2023 aurait perdu une grande partie de son personnel et de ses ressources, dans un contexte de bouleversements du système judiciaire fédéral sous l’administration Trump, selon un article du Washington Post.

Ce groupe de travail, mis en place par la ministre de la Justice Pam Bondi peu après son entrée en fonction, a eu du mal à obtenir des résultats, malgré la priorité affichée par l’administration de lutter contre l’antisémitisme. À ce jour, une seule personne a été inculpée dans ce cadre : un homme originaire de Gaza vivant en Louisiane, soupçonné d’avoir participé à la planification des attaques.

Selon le Post, ces difficultés s’expliqueraient en partie par le fait que plusieurs responsables clés ont été pris dans la vaste purge menée par Donald Trump au sein du ministère de la Justice.

Une membre du groupe de travail, qui s’était rendue en Israël pour recueillir des preuves contre le Hamas, a ensuite été licenciée pour avoir participé aux enquêtes du procureur spécial Jack Smith visant Trump. Une autre a été licenciée pour avoir refusé de porter des accusations contre James Comey, ancien directeur du FBI, et Letitia James, procureure générale de l’État de New York, deux cibles de Trump.

Ces mesures auraient privé le groupe de travail de procureurs expérimentés en matière de sécurité nationale, entravant sa capacité à établir d’éventuels liens américains avec le pogrom du Hamas, dont 40 des plus de 1 200 victimes étaient des citoyens américains.

Un porte-parole du ministère de la Justice a indiqué au Post que le groupe de travail « a évolué, mais que sa mission reste la même : poursuivre ceux qui financent ou soutiennent matériellement le terrorisme ».

De droite à gauche : Amichai Chikli, ministre des Affaires de la diaspora, Leo Terrell, chef de l’équipe spéciale du président américain Donald Trump chargée de lutter contre l’antisémitisme, et Scott Morrison, ancien Premier ministre australien, lors de la Conférence internationale sur la lutte contre l’antisémitisme à Jérusalem, le 27 janvier 2026. (Autorisation : Guy Sidi)

Cette initiative se voulait une version plus offensive d’efforts similaires lancés sous l’ancien président Joe Biden, dont le ministre de la Justice, Merrick Garland, avait engagé des poursuites pénales contre le Hamas.

Le groupe de travail du 7-Octobre est distinct des autres initiatives menées par Trump pour lutter contre l’antisémitisme, notamment un groupe de travail inter-agences dirigé par Leo Terrell, qui s’est fortement concentré, sans s’y limiter, sur les campus universitaires.

Les actions de l’administration dans les universités se poursuivent à un rythme soutenu : le gouvernement a récemment poursuivi Harvard et l’UCLA au motif qu’elles auraient aidé et encouragé l’antisémitisme, tandis que la Commission pour l’égalité des chances en matière d’emploi a engagé sa propre procédure contre l’Université de Pennsylvanie pour des actes d’antisémitisme.

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