Examens rabbiniques : sept femmes autorisées à concourir, à titre d’égalité
Le Grand Rabbinat s'engage à garantir des conditions d'examen identiques à celles des hommes, au moment où l'intérêt des femmes ne cesse de croitre
Mercredi, sept femmes passeront les examens rabbiniques du Grand Rabbinat, ce dernier s’étant engagé à leur garantir les mêmes conditions d’épreuve que les hommes, a expliqué l’organisation de défense des droits religieux ITIM.
C’est la deuxième fois que des femmes sont autorisées à passer ces examens en Israël, après que la Cour suprême a ordonné au Rabbinat d’ouvrir les épreuves aux femmes l’an dernier, au terme d’une bataille juridique de plusieurs années.
C’est ce dimanche que l’ITIM a obtenu cet engagement écrit après avoir saisi la justice pour clarifier la manière dont les épreuves seraient menées, alors que le Rabbinat semblait multiplier les obstacles pour cette toute première promotion de candidates.
En avril dernier, les trois premières femmes autorisées à passer ces épreuves ont fait face à une situation imprévue. Leur examen s’est en effet déroulé dans un lieu distinct de celui des hommes, et la procédure a été retardée en raison d’un « détail technique » : aucun surveillant n’était présent pour répondre à leurs questions.
L’ITIM a déposé en urgence un recours auprès de la Cour suprême, et à 14 h 55 — soit cinq minutes avant l’échéance fixée par la Cour —, les femmes ont été informées que le grand rabbin Kalman Ber répondrait à leurs questions par téléphone.
« C’est une chose dont ils auraient dû avoir conscience au préalable », explique Seth Farber, directeur de l’ITIM, au Times of Israel. L’organisation a de nouveau saisi la justice la semaine dernière afin de s’assurer que les examens se dérouleraient correctement, cette fois-ci.
« J’admets que la dernière fois j’ai été naïf, et je pensais que rien ne se passerait mal », confie Farber. « Cette fois, nous faisons le travail en amont pour nous assurer qu’un tel incident ne se reproduise pas. »
Bien que le Rabbinat se soit engagé à fournir des conditions d’examen égales à celles des hommes, Farber souligne qu’il n’a pas dit s’il accorderait ou non des aménagements aux femmes enceintes et allaitantes le temps de l’épreuve, qui peut durer de cinq à six heures. Au moins une femme inscrite à l’examen est allaitante, ajoute-t-il.
Les examens de certification administrés par le Barreau d’Israël proposent de tels aménagements, fait-il remarquer. L’ITIM n’a pas d’objection fondamentale à ce que l’examen des femmes se tienne dans des lieux différents de celui des hommes, tant qu’il se déroule comme prévu, ajoute Farber.
Les candidats masculins et féminins doivent réussir au moins six examens sur sept pour obtenir la certification rabbinique, couvrant les grands domaines du droit juif tels que la casheroute, le niddah (lois de la pureté familiale), le Shabbat, le deuil ou encore le mariage.
L’année dernière, la Cour a tranché que le Rabbinat devait autoriser les femmes à passer les examens rabbiniques au nom de l’égalité des sexes. Les requérants, parmi lesquels figuraient l’ITIM, des organisations de défense des droits ainsi que plusieurs érudites de la Torah, n’avaient pas demandé le droit d’obtenir l’ordination rabbinique, et la décision de la Cour ne portait pas sur cette question.
Malgré les écarts persistants, « la dynamique s’est inversée » pour les femmes désireuses de passer l’examen rabbinique et obtenir les mêmes certifications et avantages que leurs homologues masculins, estime Farber.
Cette semaine, le nombre de femmes qui passent l’examen est plus du double de celui d’avril dernier « et je m’attends à ce qu’il continue de doubler à chaque session » à l’avenir, ajoute Farber.
La loi ne dit pas que les femmes ont le droit d’être ordonnées rabbins en Israël, mais la certification est considérée comme équivalente à un diplôme universitaire pour les postes d’enseignement, et constitue un pré-requis pour postuler à certains emplois publics.
L’intérêt pour l’étude en vue des examens rabbiniques est en forte croissance, selon Farber. Quatre institutions — Matan, Midreshet Lindenbaum, Migdal Oz et Ein HaNatziv — ont déjà ouvert des programmes de formation pour préparer les femmes à ces épreuves, et une cinquième, Midreshet Roni, devrait lancer son programme cet hiver, précise-t-il.
« Nous espérons que le Rabbinat reconnaîtra qu’il s’agit d’un phénomène d’importance et qu’il le traitera avec respect et dignité », conclut Farber.