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  • Au moment de la prise de cette photo en 2007, Shamsi était l'un des trois Juifs qui vivent dans la synagogue Ezra Jacob à Téhéran. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/JTA)
    Au moment de la prise de cette photo en 2007, Shamsi était l'un des trois Juifs qui vivent dans la synagogue Ezra Jacob à Téhéran. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/JTA)
  • Un magasin de tapis juif dans le Grand Bazar de Téhéran. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/via JTA)
    Un magasin de tapis juif dans le Grand Bazar de Téhéran. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/via JTA)
  • Deux jeunes hommes marchent dans un quartier juif de Shiraz. Sur le mur derrière eux, un terme péjoratif pour les Juifs est écrit en graffiti. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/via JTA)
    Deux jeunes hommes marchent dans un quartier juif de Shiraz. Sur le mur derrière eux, un terme péjoratif pour les Juifs est écrit en graffiti. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/via JTA)
  • Des jeunes filles juives manifestent pour la paix à Téhéran. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/via JTA)
    Des jeunes filles juives manifestent pour la paix à Téhéran. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/via JTA)
  • Haroun Yashayaei, l'ancien chef de la communauté juive d'Iran, représenté au centre, assiste à la prière musulmane du vendredi en signe de solidarité avec les Palestiniens. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/via JTA)
    Haroun Yashayaei, l'ancien chef de la communauté juive d'Iran, représenté au centre, assiste à la prière musulmane du vendredi en signe de solidarité avec les Palestiniens. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/via JTA)
  • Le photographe Hassan Sarbakhsian (Crédit : Hassan Sarbakhsian/via JTA)
    Le photographe Hassan Sarbakhsian (Crédit : Hassan Sarbakhsian/via JTA)
Interview

Exilé pour ses rares clichés des Juifs d’Iran, un photographe publie enfin son livre

Un journaliste musulman d’AP publie enfin son livre, quinze ans après avoir immortalisé la vie quotidienne de la deuxième plus grande communauté juive du Moyen-Orient

JTA – Prière juive dans une mosquée. Fumée de narguilé dans une cuisine casher. Étudiants de l’école juive sous les portraits des ayatollahs.

Voici quelques-unes des photos que l’ancien photographe de l’Associated Press, Hassan Sarbakhshian, a prises pendant près de deux ans, entre 2006 et 2008, au sein des communautés juives d’Iran, pour son projet de livre. Les clichés offrent un aperçu (très) rare à l’intérieur des maisons, synagogues et autres locaux juifs, que la communauté protège normalement des regards extérieurs.

En Iran, une nation dont le régime issu de la révolution de 1979 appelle régulièrement à la destruction violente d’Israël, les Juifs sont autorisés à pratiquer librement leur religion et se sentent fortement liés à leur pays. Il y a un représentant juif permanent au Parlement.

En revanche, lorsque Sarbakhshian a soumis son livre au ministère iranien de la Culture pour publication, il s’est heurté à la culture anti-sioniste omniprésente dans le pays.

Le ministère a affirmé qu’il était un agent d’Israël chargé de promouvoir des valeurs anti-islamiques. Ils l’ont obligé à cesser de travailler pour l’AP, et il a fini par craindre pour sa sécurité et celle de sa femme. Lui et sa femme, Parvaneh Vahidmanesh, une journaliste et militante des droits de l’Homme qui participait au projet, ont déménagé en Virginie, aux États-Unis.

Près de 15 ans après avoir pris ses dernières photos pour le livre Jews of Iran : A Photographic Chronicle, qui sera finalement publié mardi par la maison Penn State University Press, Sarbakhshian considère toujours le projet qui a conduit à cette épreuve comme l’une des meilleures expériences de sa vie.

« Nous avons voyagé dans plus de 15 villes dans un bus avec [des Juifs iraniens]. Nous avons ri avec eux, nous avons mangé avec eux. Nous avons, en fait, vécu avec eux », a-t-il déclaré.

La cuisine d’un restaurant casher à Ispahan. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/JTA)

En 2020, il y avait 9 000 Juifs qui vivaient en Iran. C’est loin des quelque 100 000 juifs d’avant la révolution, mais le pays abrite toujours la deuxième plus grande population juive du Moyen-Orient après Israël. Certaines des photos de Sarbakhshian semblent presque avoir été prises dans une banlieue américaine : des enfants qui jouent au football, des gens qui font un pique-nique dans le parc, des membres d’une famille qui courent dans tous les sens et se giflent avec des échalotes.

Mais sur d’autres photos du livre, la précarité des Juifs, dans un pays qui les oblige à prêter continuellement allégeance à l’État théocratique musulman, est bien illustrée. L’une d’entre elles montre un dirigeant juif assistant dans une mosquée à la célébration de la Journée de Quds, une journée de rassemblements pro-palestiniens qui s’accompagne souvent de mises à feu de drapeaux israéliens et de rhétorique anti-israélienne virulente.

Haroun Yashayaei, l’ancien chef de la communauté juive d’Iran, représenté au centre, assiste à la prière musulmane du vendredi en signe de solidarité avec les Palestiniens. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/via JTA)

Certaines des images donnent également un contexte moderne à des moments clés de l’histoire juive iranienne, notamment la période où l’Iran a accueilli des Juifs polonais fuyant la Shoah, la période en 1999 où 13 Juifs iraniens ont été faussement accusés d’espionnage pour Israël et l’histoire de l’hôpital et du centre de bien-être Dr Sapir, un hôpital juif qui traitait les manifestants avant la révolution sans alerter la police secrète. L’hôpital fonctionne toujours aujourd’hui.

Le texte du livre a été co-écrit par Vahidmanesh et Lior Sternfeld, professeur en études sur le judaïsme à Penn State.

« J’espère que nous pourrons faire plus d’un livre sur cette communauté », a déclaré Sarbakhshian.

Dans une interview, Sarbakhshian, qui travaille aujourd’hui pour Voice of America, a parlé sans détour de son projet, de la façon dont il a été publié et de son espoir de retourner un jour en Iran. La conversation a été modifiée à des fins de concision et de clarté.

Le photographe Hassan Sarbakhsian (Crédit : Hassan Sarbakhsian/via JTA)

JTA : Comment ce livre a-t-il vu le jour ?

Hassan Sarbakhsian : Après l’élection du président [Mahmoud] Ahmadinejad en 2005, mon accès à la presse a été restreint. J’ai donc décidé de passer des informations aux reportages et de couvrir toutes les minorités, non seulement les Juifs, mais aussi les Assyriens, les Arméniens et les Chrétiens.

Mais quand Ahmedinejad a nié la Shoah, c’était le meilleur moment pour moi de me concentrer sur ce sujet. L’avenir était si peu clair. Je ne savais pas s’il serait possible de publier en Iran ou non. Mais mon objectif premier était de publier un livre en Iran. Avec ma femme Parvaneh [Vahidmanesh, journaliste et militante des droits de l’homme], nous avons décidé de remettre ce livre au ministère iranien de la Culture, ce qui est obligatoire pour publier quoi que ce soit en Iran. C’est ce que nous avons fait, et au bout d’un an, nous avons commencé à être accusés d’être parrainés par Israël et de faire de la propagande contre les valeurs islamiques. On m’a interdit de travailler pour l’Associated Press. Ils ont révoqué ma carte de presse.

Deux jeunes hommes marchent dans un quartier juif de Shiraz. Sur le mur derrière eux, un terme péjoratif pour les Juifs est tagué. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/ via JTA)

Le livre n’a donc jamais été publié en Iran, et nous avons été contraints de quitter l’Iran et de venir aux États-Unis. Certaines organisations culturelles étaient intéressées par la publication du livre, mais cela n’a pas eu lieu jusqu’à ce que je rencontre Lior [Sternfeld, professeur d’études juives à la Penn State University]. Il a été le principal moteur qui a porté ce projet à Penn State.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les défis que vous avez dû relever en travaillant sur ce projet ?

En tant que musulman, il a été très difficile de gagner la confiance de la communauté juive. C’est tellement bizarre de pénétrer dans leur société très fermée. Je la comprends et la respecte totalement, et j’apprécie énormément qu’ils acceptent ce que nous avons abordé parce qu’ils nous font confiance.

L’autre partie du défi était la partie officielle. Le gouvernement contrôle les médias et la télévision. Il n’y a pas de médias privés. Et tout ce qui est lié à la communauté juive se rapporte facilement à Israël. Israël est une ligne rouge totale ; vous ne pouvez rien faire qui y soit lié. Tout ce qui est lié au peuple juif en Iran est complètement politique. Ils nient toute relation avec Israël, mais tout ce que font les Juifs est directement lié à Israël, en raison de la propagande du régime.

En tant que personne ayant travaillé pour des médias étrangers en Iran, j’ai eu la chance d’avoir accès à cette communauté. Partout où nous allions, nous devions recevoir une lettre du ministère de la Culture et de l’Orientation islamique. Ils l’envoyaient à l’association juive, qui pouvait accepter ou refuser l’accès. Par chance, ils ont accepté le mien. Mais comme je vous l’ai dit, en tant que photographe local en Iran, il est difficile de briser ce mur. C’est une société très fermée, et je comprends parfaitement leurs préoccupations. Mais je suis vraiment heureux que nous l’ayons fait.

Alors que les garçons jouent à l’école, des portraits d’ayatollahs au-dessus de leur tête. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/ via JTA)

La plupart des photos que vous avez prises ont été prises dans des lieux privés, comme des synagogues ou des maisons. Comment avez-vous gagné leur confiance et comment avez-vous vécu cette expérience ?

Aller derrière les murs de la vie des Juifs en Iran, c’est impossible pour les Iraniens non juifs. Il n’y a aucun moyen d’y aller. Mais j’avais travaillé comme photographe pour l’Associated Press, donc j’avais déjà pris des photos de cette communauté auparavant, et mes photos avaient été vues par des Juifs aux États-Unis, en Europe, en Israël et ailleurs. La communauté m’a donc fait confiance lorsque des amis et des membres de la famille qui avaient vu mes photos m’ont fait part de leurs réactions. C’était une partie du problème.

La deuxième partie est que nous avons noué une amitié avec eux. Pas moi, surtout ma femme. Nous allions ensemble chez eux. Ils nous invitaient à leurs fêtes privées, à des mariages ou à des rassemblements. Tout ce que vous voyez dans ce livre est basé sur la confiance mutuelle de chaque partie. Ce n’était pas facile. Mais nous n’y sommes pas allés qu’une seule fois. C’était un projet étalé sur deux ans. Nous avons voyagé dans plus de 15 villes dans un bus avec eux. Nous avons ri avec eux, nous avons mangé avec eux. Nous avons vécu avec eux, en fait. Il ne s’agissait pas de venir, de prendre une photo et de partir. C’était l’une des meilleures expériences de ma vie.

En route pour visiter la tombe d’Esther et de Mordechai à Hamedan, des Juifs s’arrêtent pour prier dans une salle de prière musulmane (Crédit : Hassan Sarbakhsian/ via JTA).

Quelle est la photo que vous avez préférée, et pourquoi ?

Je ne peux pas retourner en Iran, à moins qu’il y ait un changement de régime. Donc toutes les photos sont mes préférées. Chacune d’entre elles.

Mais la photo la plus complexe que j’ai prise était dans une salle de prière qui appartenait aux musulmans. Mais comme il y a tellement de restrictions en Iran pour les Juifs qui voyagent – il n’y a pas beaucoup de restaurants casher ou de synagogues – ils ont loué une salle de prière musulmane. Sur les murs, il y avait des signes musulmans et la photo d’un imam. Sur la photo que j’ai prise, des Juifs se préparent à prier. Quand j’ai pris cette photo, je me suis dit que c’était vraiment une photo spéciale.

De même, j’ai pris une photo de deux ou trois personnes de l’association juive assistant à la prière du vendredi avec les musulmans et écoutant un imam musulman chiite parler. C’est un peu étrange. Parfois, on ne peut pas croire ce que l’on voit. Mais c’est la réalité de la société iranienne.

Qu’avez-vous appris sur la communauté juive d’Iran en travaillant sur ce projet ?

Je n’avais pas réalisé combien de restrictions étaient imposées à la communauté juive en Iran. Lorsque vous êtes une minorité et une société majoritaire, il n’est pas facile de vivre une vie normale. J’ai vécu aux États-Unis et en Europe pendant plus de dix ans maintenant. Je suis heureux d’avoir acquis cette expérience, mais je ne suis pas heureux d’avoir dû quitter l’Iran, car je voulais poursuivre ce projet dans d’autres communautés également, et pas seulement dans la communauté juive.

Si j’ai la chance de retourner en Iran, je sais clairement ce qu’il me reste à faire. J’irai en profondeur, encore et encore. Lorsque que l’on vit dans une société, on ignore la présence de choses précieuses autour de soi. Lorsque l’on n’y a plus accès, on comprend la valeur de choses que l’on n’avait même pas remarquées. Par exemple, je travaillais dans le centre de Téhéran, et de nombreux Juifs y avaient des commerces. Je regrette tellement de ne pas avoir pris toutes ces photos. Je regrette de ne pas leur avoir parlé. Si j’ai l’occasion d’y retourner, je pourrais peut-être en faire plus. Si je ne peux pas, peut-être que les jeunes savent quelles sont les choses précieuses qu’ils ont maintenant et qu’ils iront les photographier.

Un médecin juif tient dans ses bras un nouveau-né musulman à l’hôpital et centre de bienfaisance Dr. Sapir appartenant à des juifs. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/ via JTA)

Vous avez pris des photos de l’hôpital et du centre de bienfaisance Dr Sapir à Téhéran, qui est financé et géré par la communauté juive. Pouvez-vous nous dire ce que cela signifie ?

Cet hôpital est exceptionnel. Il a été créé il y a plusieurs dizaines d’années, et personne ne vous demande quelle est votre religion ; il suffit d’y aller pour être soigné. J’ai pris une photo très complexe d’un médecin juif dans cet hôpital tenant dans ses mains un bébé musulman, né quelques heures plus tôt. Cela représente beaucoup d’aider les gens de votre pays quand on ne sait pas de quoi sera fait l’avenir.

Parfois, les jeunes juifs à qui j’ai parlé m’ont dit qu’ils voulaient quitter le pays. Je comprends tout à fait pourquoi : parce qu’il n’y a pas de grandes possibilités d’emploi dans l’administration publique – pas question. Mais pour en revenir à votre question, l’hôpital est incroyable. Ils font confiance aux gens, et les gens leur font confiance aussi. Les Juifs travaillent avec les musulmans, non seulement à l’hôpital, mais aussi dans d’autres endroits, comme au bazar de Téhéran. Mais, bien sûr, ils ne vont jamais chez les uns ou les autres – ou peut-être le font-ils et je ne le sais pas.

Qu’espérez vous que les lecteurs retiennent de ce livre ?

J’espère qu’ils verront dans ce livre un exemple de la société iranienne, et pas seulement du peuple juif. Je me vois dans ce livre. Je vois tous les Iraniens dans ce livre. Ces gens sont confrontés à des restrictions, mais ils disent toujours : « Nous sommes iraniens. »

Bien sûr, ce livre parle de la communauté juive iranienne. Mais pour moi, c’est un peu plus. C’est une lecture sur l’histoire de l’Iran et sur la complexité de la société. Je vois, dans chacune de ces photos, chaque Iranien qui est contraint de vivre en dehors de l’Iran, même si ces personnes sont en Iran. J’ai vécu pendant plus de dix ans en exil, en tant que minorité dans une société complètement différente, en Europe et aux États-Unis. J’ai également voyagé en Israël. J’ai vu de nombreuses similitudes entre l’Iran et Israël, et de nombreuses différences.

Un Seder de Pessah à Téhéran. (Crédit : Hassan Sarbakhsian)

J’espère que nous pourrons faire plus qu’un seul livre sur cette communauté. Je n’ai jamais vu ce genre de livre sur le peuple juif iranien, malheureusement. Je ne sais pas pourquoi cela n’a pas été fait auparavant – peut-être à cause de toutes les restrictions. Les gens ne peuvent pas voyager facilement pour parler de ces communautés. Les étrangers ne viennent que cinq jours, une semaine, deux semaines maximum, et ensuite ils quittent le pays. C’est pourquoi nous devons enregistrer tous les documents pour la postérité. Il s’agit d’Histoire. Il s’agit de tous les gens qui souffrent.

Quelles similitudes avez-vous constaté entre l’Iran et Israël ?

Il y a des partisans de la ligne dure des deux côtés, des gens qui ne respectent pas les autres, qui ne vous écoutent pas et qui continuent à croire ce qu’ils croient. Mais il y a aussi des gens qui sont vraiment ouverts d’esprit dans les deux sociétés. Il y a deux choses bien distinctes : d’un côté, les gens, et de l’autre, les gouvernements. Nous devons tracer une ligne claire entre ces deux choses. Ces gouvernements ont des visions tellement différentes l’un de l’autre, mais ils ont tous deux des restrictions sur leur peuple. Bien sûr, Israël est une démocratie, mais je vois les restrictions.

J’ai produit un documentaire de 20 minutes sur mon voyage en Israël [en farsi, sans sous-titres]. J’ai parlé avec une jeune fille juive qui n’avait jamais vécu en Iran, dont les parents ont voyagé d’Iran en Israël, et qui est confrontée à la discrimination en Israël. Ou cet homme d’une soixantaine d’années qui dit que, dès qu’il veut parler hébreu, à cause de son accent oriental, on ne l’accepte pas. Cette discrimination est incroyable pour moi, car cette société est basée sur la religion.

Malheureusement, au cours des 43 dernières années, nous assistons à une déconnexion entre les sociétés. Avant, ce n’était pas comme ça. Il y a beaucoup d’installations que les Israéliens ont construites en Iran. En même temps, il y a beaucoup d’Israéliens iraniens qui vivent et travaillent en Israël maintenant. Ces deux nations sont tellement liées, mais depuis 43 ans, l’incompréhension a créé une déconnexion.

Un magasin de tapis juif dans le Grand Bazar de Téhéran. (Crédit : Hassan Sarbakhsian/via JTA)

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