Face aux manifestations, Tirana affirme travailler avec la France et l’Italie
Depuis plus d'une semaine, des manifestants défient la police et attaquent des bâtiments officiels, en marge de rassemblements contre la corruption et pour de meilleures conditions d'études
Le Premier ministre albanais Edi Rama a déclaré mercredi qu’il voulait ficher les participants violents dans un « registre spécifique » pour éviter qu’ils se rendent dans des pays de l’Union européenne (UE), en concertation avec la France et l’Italie, confrontés comme l’Albanie à de violentes manifestations.
Depuis plus d’une semaine à Tirana, des manifestants ont régulièrement défié la police et attaqué des bâtiments officiels, en marge de rassemblements contre la corruption et pour de meilleures conditions d’études.
Les cortèges demandent aussi la démission de M. Rama, qui dénonce des ingérences extérieures et l’influence d’ « un mouvement anarcho-syndicaliste connu sous le nom d’Antifa ».
« Nous sommes en train de collaborer avec les pays de l’Union européenne pour nous assurer que les auteurs d’actes de violence se voient refuser le droit d’entrée sur leur territoire », a-t-il déclaré pendant une réunion avec des responsables du secteur bancaire. L’Albanie fait partie des pays candidats à l’Union européenne.
« Vous avez sans doute vu que la France et l’Italie ont chacune mis en place leurs propres mesures. Nous avons travaillé en concertation avec ces deux pays », a-t-il ajouté.
En France, à la demande du gouvernement, les préfets ont mis en place des couvre-feux localisés après l’explosion de saccages et de pillages samedi en marge de manifestations contre la vie chère.
En Italie, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a annoncé mardi le déploiement de 500 soldats à Milan jusqu’à la fin de l’année après des affrontements survenus dans la métropole lombarde.
« Pour nous, il n’y a aucun doute : il s’agit d’une violence orchestrée », a déclaré M. Rama. « Elle est en lien avec des événements survenus dans d’autres villes – d’autres capitales européennes – impliquant un mouvement anarcho-syndicaliste connu sous le nom d’Antifa ».
En France, les services de renseignement estiment que « l’ultragauche » et « l’extrême gauche radicale » ont été en pointe dans les débordements de violences survenus samedi.
En Albanie, Rama a estimé que la Russie et l’Iran attisent aussi les violences par la désinformation.
Les rues de Tirana étaient relativement tranquilles mercredi, a constaté un journaliste de l’AFP, mais les étudiants à l’origine du mouvement ont convoqué une journée de mobilisation nationale samedi.
Les manifestations ont pris un tour pour le moins violent la semaine dernière quand les étudiants sont descendus dans la rue pour demander plus de moyens pour l’enseignement et repris à leur compte les appels à la démission de Rama.
Cette escalade intervient après des mois de manifestations antigouvernementales dans ce pays des Balkans, initialement déclenchées par un projet de complexe touristique controversé sur le littoral lié à la famille du président américain Donald Trump.