Férus d’archéologie ? Cinq façons d’explorer l’histoire de Hanoukka à Jérusalem

Depuis les pointes de flèches qui étaient utilisées par l'armée grecque jusqu'aux candélabres, la ville offre aux amateurs d'antiquités de nombreuses occasions de célébrer la fête

Une capitale décorée de menorahs datant du IIe au 4e siècle de notre ère a été découverte dans le quartier de Motza à Jérusalem, a annoncé l'Autorité des antiquités d'Israël le 29 avril 2025. (Crédit : Arkady Ostrovsky, Autorité des antiquités d'Israël)
Une lampe en argile samaritaine datant du IIIe au 5e siècle de notre ère, trouvée à Umm Khaled près de Netanya, exposée au Campus national Jay et Jeanie Schottenstein pour l'archéologie d'Israël à Jérusalem. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité des antiquités d'Israël)
Des pointes de flèches et des boulets de catapulte utilisés par l'armée du roi grec Antiochus VII Sidetes, descendant d'Antiochus IV Épiphane, ennemi des Maccabées, lors du siège de Jérusalem en 134 avant notre ère, exposés au musée de la Tour de David à Jérusalem. (Crédit : Rossella Tercatin/Times of Israel).
Un manuscrit du XIVe siècle de la Mishneh Torah de Maïmonide exposé à la Bibliothèque nationale d'Israël à Jérusalem en décembre 2025. (Crédit : Ardon Bar-Hama/Bibliothèque nationale d'Israël)
La promenade dans le quartier Armon Hanatziv à Jérusalem. La structure s'inspire de l'aqueduc hasmonéen situé à proximité. (Autorisation)

Hanoukka, qui a commencé dimanche soir, est la fête idéale pour tous ceux qui aiment se plonger dans les vestiges de l’Histoire juive.

Dans la mesure où la révolte des Maccabées contre les Séleucides grecs s’était produite à une période relativement récente en termes archéologiques (en l’an 164 avant l’ère commune) et qu’elle avait marqué l’aube de la dynastie hasmonéenne qui avait régné sur Israël pendant plus d’un siècle – malgré les guerres civiles et les menaces extérieures constantes – le fait est que les artefacts et les vestiges liés à l’histoire de Hanoukka abondent dans tout Israël.

Pour les amateurs d’antiquités, un grand nombre de ces artefacts seront à découvrir à Jérusalem pendant la Fête des Lumières.

Murs hasmonéens et flèches grecques

Environ trois décennies après l’histoire de Hanoukka, Jérusalem avait été attaquée par un autre roi grec. Antiochus VII Sidetes, descendant d’Antiochus IV Épiphane, ennemi des Maccabées, avait alors assiégé la ville. Et les traces de cette violente confrontation ont survécu jusqu’à nos jours de manière particulièrement vivante dans l’enceinte du musée de la Tour de David à Jérusalem, consacré à l’histoire de la ville.

Dans la cour du bâtiment, des murs et des structures construits à différentes périodes de l’Histoire de Jérusalem – avec notamment des pans du mur hasmonéen qui, selon les chercheurs, avait été construit vers l’an 140 avant l’ère commune. Plus frappant encore, au fil des décennies, les archéologues ont trouvé, lors de fouilles archéologiques dans le secteur, des centaines de boulets de catapulte, de pointes de flèches et de frondes qui avaient été utilisées par les Grecs pendant le siège, et qui sont présentées dans le cadre de l’exposition permanente du musée.

De nombreuses pointes de flèches portent les lettres grecques bêta et sigma (qui sont équivalentes aux lettres latines B et S). Si la signification exacte de ces lettres reste un mystère, les experts estiment qu’elles pourraient avoir été le symbole d’une force d’élite déployée contre Jérusalem (Spoiler : au final, c’est le chef hasmonéen Jean Hyrcan 1er qui était parvenu à conclure un accord avec Antiochus et qui avait sauvé la ville).

Une partie encore plus impressionnante du mur hasmonéen a récemment été mise au jour lors des fouilles préparatoires aux travaux de la future aile Schulich – une aile qui sera dédiée à l’archéologie, à l’art et à l’innovation dans une autre partie du complexe. Dans environ deux ans, les visiteurs pourront voir dans une salle incroyable les graffitis laissés par les prisonniers juifs pendant le mandat britannique, les installations des Croisés, les fondations du palais d’Hérode, les vestiges hasmonéens et les découvertes de la période du Premier Temple. Restez connectés !

Des pointes de flèches et des boulets de catapulte utilisés par l’armée du roi grec Antiochus VII Sidetes, descendant d’Antiochus IV Épiphane, ennemi des Maccabées, lors du siège de Jérusalem en 134 avant notre ère, exposés au musée de la Tour de David à Jérusalem. (Crédit : Rossella Tercatin/Times of Israel).

Lampes à huile et menorot mystérieuses

Si l’exposition permanente hebergée par le Campus national Jay et Jeanie Schottenstein pour l’archéologie d’Israël, à Jérusalem, ne sera inaugurée dans sa totalité que dans environ un an, ce qui est présenté aujourd’hui aux visiteurs comprend d’ores et déjà des artefacts uniques sur le thème de Hanoukka.

Pendant des siècles – avant et après le règne de la dynastie hasmonéenne – les lampes à huile étaient l’une des formes d’éclairage artificiel les plus courantes.

Une lampe en argile samaritaine datant du IIIe au 5e siècle de notre ère, trouvée à Umm Khaled près de Netanya, exposée au Campus national Jay et Jeanie Schottenstein pour l’archéologie d’Israël à Jérusalem. (Crédit : Yoli Schwartz/Autorité des antiquités d’Israël)

Une lampe en argile décorée de symboles provenant du Temple et datant du 3e au 5e siècle de notre ère attirera particulièrement l’œil des visiteurs.

Parmi les ornements qui décorent la lampe, une menorah à sept branches, un shofar et des grenades. Les chercheurs pensent que la lampe a appartenu à une communauté samaritaine (une secte qui, à ce jour, se considère comme descendante des tribus du nord de l’Israël biblique), qui vivait dans le secteur d’Umm Khaled (à proximité de l’actuelle Netanya) pendant la période romaine-byzantine.

Un rare chapiteau en pierre, taillé il y a 1 500 ans et représentant une menorah à huit branches, fait également partie de l’exposition.

L’Autorité des antiquités d’Israël organise des visites guidées des lieux en hébreu et en anglais, tandis qu’une visite particulièrement adaptée aux enfants, avec un atelier où les petits pourront créer une menorah, sera proposée uniquement en hébreu pendant plusieurs jours, durant la fête de Hanoukka.

Des manuscrits uniques exposés pour la première fois

Pour célébrer Hanoukka, la Bibliothèque nationale d’Israël a introduit de nouveaux manuscrits dans son exposition permanente appelée « un trésor de mots ».

Parmi les objets exposés, un manuscrit enluminé de l’œuvre fondamentale de Maïmonide, Mishneh Torah, qui englobe tous les aspects de la loi juive, et qui est présenté au public pour la première fois. Datant du 16e siècle, ce manuscrit a d’abord été copié en Provence entre 1300 et 1350, puis emmené en Espagne où il a été décoré par l’artiste Matteo di Ser Cambio d’illustrations et de motifs représentant des personnages humains, des animaux et des plantes. Le Mishneh Torah traite en profondeur des lois de Hanoukka.

Un manuscrit du XIVe siècle de la Mishneh Torah de Maïmonide exposé à la Bibliothèque nationale d’Israël à Jérusalem en décembre 2025. (Crédit : Ardon Bar-Hama/Bibliothèque nationale d’Israël)

Il y a aussi un livre de prières datant du 15e siècle et provenant de Lisbonne, décoré d’ornements colorés et dorés, et une Haggadah spéciale de Pessah datant de 1943, qui vient de la ville libyenne de Benghazi, et qui avait été composée par les soldats de la Brigade juive qui avaient libéré la Libye des nazis et des fascistes.

La Haggadah avait été imprimée sur des formulaires de télégrammes confisqués.

Des murs de menorot

Dans le Talmud, les sages juifs discutent des lois de Hanoukka et de l’obligation d’allumer hanoukkia à l’entrée de la maison.

Suivant cette tradition, de nombreux Juifs choisissent d’allumer dans des boîtes en verre placées à l’extérieur des bâtiments. Ces boîtes ont inspiré l’exposition qui permet de découvrir des hanoukkiot de tous les siècles et de tout le monde juif à la maison Ticho, dans le centre-ville de Jérusalem (qui fait partie du Musée d’Israël).

La collection de lampes de Hanoukka d’Albert Ticho à la Ticho House de Jérusalem. (Autorision)

Les visiteurs pourront s’émerveiller devant une sélection de la collection de lampes de Hanoukka d’Albert Ticho – avec notamment un candélabre en laiton de 1744 provenant d’Afrique du Nord (Algérie ou Tunisie) qui porte l’inscription en hébreu suivante : « Car le commandement est une lampe et l’enseignement [la Torah] une lumière » (Proverbes 6:23), et deux noms gravés : ceux de Yehoshua, fils de Zarka (qui aurait été le propriétaire de la lampe, selon les chercheurs) et Moshe Cohen (qui aurait probablement été l’artiste. Sont également exposées une hanoukkia du 18e siècle qui provient d’Europe de l’Est, qui est ornée d’oiseaux et de végétaux, et une autre qui a été créée à l’École des arts et métiers Bezalel de Jérusalem au cours de la première moitié du 20e siècle.

Ticho, philanthrope d’origine morave et médecin pionnier dans l’Israël pré-État, avait collectionné environ 150 lampes datant du XVe au XXe siècle, dont des exemplaires rares provenant d’Afghanistan, de Russie et de Grèce.

L’exposition permanente qui est à découvrir à la maison Ticho raconte l’histoire de Ticho et de son épouse Anna à travers la maison, leurs collections et leurs œuvres d’art.

Galerie Hanoukka dans l’aile Mandel dédiée à l’art et à la vie juifs au Musée d’Israël. (Autorisation: Musée d’Israël)

Dans son aile Mandel dédiée à l’art et à la vie juifs, le campus principal du Musée d’Israël abrite également une galerie lumineuse consacrée à Hanoukka, dans laquelle sont exposées des lampes datant du XIVe au XXe siècle.

L’aqueduc hasmonéen

Si le temps le permet, les amateurs d’activités de plein air apprécieront la promenade, dans le quartier d’Armon Hanatziv, à la découverte de l’histoire hasmonéenne de Jérusalem.

Une section de l’aqueduc hasmonéen dans le quartier Armon Hanatziv, à Jérusalem. (Autorisation : Cité de David)

Creusés dans la montagne, les vestiges d’un imposant aqueduc datant de la dynastie hasmonéenne sont encore visibles aujourd’hui. Selon Ori Ohayon, guide touristique pour le parc national de la Cité de David, qui organise des visites des lieux pour les écoles et les groupes, l’aqueduc partait de Bethléem et reliait les sources d’eau de la région au mont du Temple. Il aurait probablement été construit sous le règne d’Alexandre Jannée (103-76 avant notre ère).

L’aqueduc souterrain est actuellement fermé en raison de travaux de rénovation. Certaines parties et puits sont toutefois visibles depuis le parc. Sur une mosaïque moderne, les visiteurs découvriront une interprétation artistique de l’itinéraire de l’aqueduc.

La structure de la promenade moderne s’inspire de l’aqueduc, associant histoire de la ville et vie moderne.

La promenade dans le quartier Armon Hanatziv à Jérusalem. La structure s’inspire de l’aqueduc hasmonéen situé à proximité. (Autorisation)

La Cité de David propose également des visites guidées et des activités spéciales pour Hanoukka.

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