France : Une victoire du RN aux législatives « débriderait les haines », selon Attal

'La liste est longue' de candidats RN 'dont le vernis craque vite derrière les discours policés', a jugé le chef du gouvernement, en citant nommément plusieurs candidats controversés

Le ministre français de l'Éducation et de la Jeunesse, Gabriel Attal, quitte le Palais présidentiel de l'Elysée après la réunion hebdomadaire du cabinet, le 20 décembre 2023. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)

Gabriel Attal a jugé jeudi qu’une « victoire de l’extrême droite » aux élections législatives « débriderait les haines », énumérant une liste « longue » de candidats du Rassemblement national controversés « dont le vernis craque vite derrière les discours policés ».

« Le jour d’après, ce seraient les violences qu’ils attisent qui s’exprimeraient à visage découvert. Ce seraient les haines qu’ils défendent qui se débrideraient », a déclaré le Premier ministre lors d’une conférence de presse.

M. Attal a fait référence au cas de quatre militants d’ultradroite récemment condamnés pour leur participation à une agression homophobe à Paris après la victoire du RN aux élections européennes. Pendant leur garde à vue, l’un d’eux a déclaré aux enquêteurs, selon Libération : « Vivement dans trois semaines, on pourra casser du pédé autant qu’on veut. »

« Combien sont-ils dans le pays à attendre une victoire de l’extrême droite pour pouvoir libérer cette haine contre une partie de nos concitoyens ? », s’est demandé M. Attal.

« La liste est longue » de candidats RN « dont le vernis craque vite derrière les discours policés », a jugé le chef du gouvernement, en citant nommément plusieurs candidats controversés.

Il a énuméré les cas de Virginie Joron (Bas-Rhin), « antivax complotiste partie en déplacement en Syrie pour soutenir Assad », Gilles Bourdouleix (Maine-et-Loire) pour des propos sur les gens du voyage, Frédéric Boccaletti (Var) « condamné pour violences en réunion et ancien propriétaire d’une librairie négationniste », mais aussi « des anciens du GUD » (Groupe union défense), un syndicat étudiant d’ultradroite que l’exécutif veut dissoudre ou encore « un ancien porte-parole de la campagne de Donald Trump en France » (Nicolas Conquer dans la Manche).

M. Attal a également fait référence à Louis-Joseph Pecher (Meurthe-et-Moselle) pour des propos antisémites sur les réseaux sociaux. Le RN et Eric Ciotti lui ont retiré leur soutien mais c’est bien « sous cette étiquette qu’il se présentera et que ses bulletins de vote ont été imprimés », a fait remarquer le Premier ministre.

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