GB : 2 hommes comparaissent devant la Cour pour espionnage de la communauté juive
Un Iranien et un Irano-Britannique sont accusés d'avoir espionné, entre autres, l'ambassade d'Israël et la synagogue Bevis Marks de Londres pour le compte du régime iranien
Deux hommes ont comparu jeudi devant un tribunal londonien, accusés d’avoir été chargés par le régime iranien de mener des activités de surveillance hostile à l’encontre de l’ambassade d’Israël, de la plus ancienne synagogue du Royaume-Uni et d’autres cibles juives.
Nematollah Shahsavani, un Irano-Britannique de 40 ans, et Alireza Farasati, un Iranien de 22 ans, ont été inculpés mercredi pour avoir adopté « une conduite susceptible d’aider un service de renseignement étranger à mener des activités au Royaume-Uni », à savoir l’Iran.
Shahsavani et Farasati sont accusés d’avoir participé à la collecte d’informations et à la reconnaissance de cibles qui leur avaient été attribuées par les services de renseignement iraniens pendant cinq semaines l’été dernier.
Ils sont accusés d’avoir eu des contacts susceptibles d’aider un service de renseignement étranger entre le 9 juillet et le 15 août 2025, a expliqué la Metropolitan Police dans un communiqué, précisant que le pays concerné était l’Iran.
La police n’avait donné aucune précision sur les personnes ou les lieux « liés à la communauté juive » de l’agglomération londonienne qui étaient visés.
Arrêtés le 6 mars, ils ont comparu jeudi devant le tribunal de Westminster à Londres.
Ils n’ont pris la parole que pour confirmer leur identité.
« Il s’agit d’accusations extrêmement graves, portées en vertu de la loi sur la sécurité nationale, à l’issue d’une enquête très complexe », a souligné Vicky Evans, coordinatrice nationale de la police antiterroriste, dans le communiqué.
« Nous sommes pleinement conscients des inquiétudes du public, notamment de la communauté juive, mais j’espère que cette enquête les rassurera : nous n’hésiterons pas à agir si nous constatons une menace pour leur sécurité et nous poursuivrons sans relâche les responsables », a-t-elle ajouté.
Durant l’audience, Louise Attrill, la représentante du bureau du procureur, a affirmé que les deux hommes avaient partagé des documents mentionnant plusieurs cibles comme objectifs de leur surveillance « hostile ».
Il s’agit notamment de la synagogue Bevis Marks, la plus ancienne du Royaume-Uni, située dans le centre-ville de Londres, et du centre Sternberg, un campus qui abrite une synagogue, un musée et des écoles juives, dans le nord de la capitale.
Le Jewish Community Centre, situé dans le nord de Londres, et le Community Security Trust (CST), dont le but est de protéger la communauté juive britannique, faisaient également partie de cette liste. Ou encore, l’ambassade et le consulat d’Israël.
Elle a également ajouté que l’ambassade d’Israël, le consulat ainsi qu’une adresse liée à une femme soupçonnée d’appartenir à l’agence de renseignement du Mossad, figuraient sur cette liste.
Les éléments de preuve disponibles « laissent fortement supposer » que cette surveillance est le fruit « d’instructions reçues par un service de renseignement iranien », a indiqué la représentante du procureur.
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Attrill a déclaré que les preuves suggéraient que Shahsavani, qui s’était rendu en Iran en avril dernier et avait été interpellé en vertu des pouvoirs antiterroristes à son retour en Grande-Bretagne en août, avait reçu des instructions des services de renseignement iraniens et avait chargé Farasati de mener à bien la surveillance.
Selon les conclusions de l’enquête, Nematollah Shahsavani a « chargé » Alireza Farasati de mener ces opérations de surveillance, a-t-elle ajouté.
Les deux hommes n’ont pas plaidé et ont été placés en détention provisoire jusqu’à leur prochaine comparution devant la Cour d’Old Bailey, à Londres, le 17 avril.
Deux autres Irano-Britanniques arrêtés en même temps qu’eux au début du mois de mars ont depuis été remis en liberté, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux, précise la police.
La police britannique et le MI5 (service de renseignement intérieur) ont mis en garde à plusieurs reprises contre la menace croissante que fait peser l’Iran, un pays actuellement la cible d’une offensive israélo-américaine.
En octobre 2025, le directeur du MI5, Ken McCallum, avait déclaré que les services de sécurité britanniques avaient déjoué « plus de vingt complots potentiellement mortels soutenus par l’Iran » au cours des douze mois précédents.
Parmi les personnes visées par l’Iran au Royaume-Uni figurent des dissidents et des journalistes iraniens.
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