Global Sumud Flotilla : 8 pays arabes qualifient la vidéo de Ben Gvir « d’atteinte à la dignité humaine »

Les 8 ministres des Affaires étrangères condamnent à leur tour le comportement du ministre de la Sécurité nationale à l'égard des activistes placés en détention avant leur expulsion

Extraits d'une vidéo diffusée par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, montrant ce dernier en train de narguer des activistes de la Global Sumud Flotilla, ligotés et placés en détention, au port d'Ashdod, le 20 mai 2026. (Crédit : Ben Gvir via X)

Dimanche, les ministres des Affaires étrangères de huit pays arabes et musulmans ont fermement condamné les agissements du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, à l’encontre des activistes de la Global Sumud Flotilla, placés en détention avant leur expulsion d’Israël.

Les chefs de la diplomatie d’Arabie saoudite, d’Égypte, de Jordanie, du Qatar, des Émirats arabes unis, de Turquie, d’Indonésie et du Pakistan ont été les derniers à condamner Ben Gvir pour cet incident au cours duquel il a nargué des dizaines d’activistes agenouillés, les mains liées.

Dans la vidéo de Ben Gvir, on peut le voir agiter le drapeau d’Israël et crier en hébreu : « Bienvenue en Israël ! C’est nous qui commandons ici ! »

Dans un communiqué, les huit pays arabes et musulmans ont déclaré : « L’humiliation publique délibérée des détenus par Ben Gvir constitue une atteinte honteuse à la dignité humaine et une violation flagrante des obligations d’Israël en vertu du droit international, y compris du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’Homme. »

La France et la Pologne avaient auparavant interdit à Ben Gvir d’entrer sur leur territoire en raison de cette vidéo.

De nombreux responsables politiques israéliens ont également critiqué son comportement, notamment le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui a déclaré que cela « n’était pas conforme aux valeurs et aux normes d’Israël ».


Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a écrit sur le réseau social X : « Vous avez sciemment porté atteinte à notre État par ce comportement honteux – et ce n’est pas la première fois. »

Le président Isaac Herzog a, pour sa part, fait référence à Ben Gvir dans un discours passionné, soulignant qu’il était « interdit de maltraiter les prisonniers », quelle que soit la gravité de leurs crimes.

« Nous sommes exposés à des actes barbares commis par une poignée de personnes qui pensent que les détenus, les personnes faisant l’objet d’une enquête ou les suspects n’ont aucun droit humain », a déclaré Herzog.

Ben Gvir a critiqué cette déclaration, dans laquelle Herzog avait également qualifié la violence des résidents d’implantations de « brutale ».

« Un président qui traite des centaines de milliers de citoyens israéliens de brutes n’est pas digne d’être président. Point final », a écrit Ben Gvir sur X.

Certains des détenus, qui tentaient de contourner les restrictions maritimes strictes imposées par Israël à Gaza afin d’apporter une aide humanitaire symbolique, ont par la suite affirmé avoir été agressés physiquement pendant leur détention. L’Administration pénitentiaire israélienne (IPS) a contesté ces allégations. Les quelque 430 activistes étrangers ont été expulsés, tandis qu’une citoyenne israélienne a été placée en détention provisoire.


Samedi, la police espagnole a arrêté quatre personnes à l’aéroport de Bilbao à la suite d’affrontements survenus lors du retour des activistes de la flottille à destination de Gaza. La police a été filmée en train de frapper des personnes à coups de matraque et de les traîner par terre avant de les placer en garde à vue.

En partageant une vidéo montrant des agents frappant et arrêtant des activistes, le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré : « Nous exigeons une explication du gouvernement espagnol concernant le traitement réservé aux anarchistes de la flottille. »

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