Grèce: 3 groupes anti-Israël prévoient une « journée d’action » anti-touristes israéliens
Des manifestations coordonnées visent à appeler la Grèce à ne pas devenir 'un refuge pour les génocidaires', après une série d'incidents anti-Israël dans cette destination touristique très prisée
Trois groupes grecs anti-Israël prévoient une « journée d’action » dimanche contre les touristes israéliens, jurant que la Grèce ne deviendra pas un « refuge » pour un « peuple génocidaire ».
Cette initiative, annoncée pour la première fois la semaine dernière, fait suite à une série d’incidents anti-Israël survenus en Grèce, une destination touristique très prisée des Israéliens. Des messages presque identiques en grec, publiés sur Instagram par les trois groupes – March to Gaza Greece, Palestinian community in Greece et BDS Greece -, saluent certains de ces incidents et appellent à manifester « sur les îles et dans les destinations touristiques ».
« Transformons les îles, les plages, les ruelles, les sommets des montagnes et les abris en lieux de solidarité, et non en lieux de détente pour les soldats meurtriers de l’armée israélienne », indiquait l’annonce.
« L’effort organisé pour faire de la Grèce un ‘refuge’ pour ceux qui participent ou soutiennent le massacre en Palestine ne passera pas ! »
« Allumons notre propre feu au cœur de l’été. Pour la Palestine. Pour la dignité. Pour que notre terre ne devienne pas un lieu de détente pour des génocidaires », poursuivait l’annonce.
Les messages ne précisent pas exactement comment se déroulera cette « journée d’action », mais ils semblent indiquer qu’il s’agira d’activités de protestation. Mardi, March to Gaza a exhorté les gens, sur les réseaux sociaux, à « prendre des keffiehs, des autocollants et des drapeaux palestiniens » afin de « se mobiliser sur les îles et dans toutes les destinations touristiques, et de crier haut et fort que nous sommes prêts à soutenir la Palestine jusqu’au bout ».
Sur l’île de Zakynthos, l’un des groupes a appelé à une « manifestation et marche de protestation contre le génocide et la famine du peuple palestinien ». Le message établit également un parallèle entre la Shoah et la guerre à contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, et condamne les Israéliens qui ont investi dans l’immobilier sur l’île.
Zakynthos est connue pour avoir abrité la communauté juive de l’île pendant la Shoah.
« De plus en plus de régions de nos îles passent entre les mains des Israéliens pour accroître leur richesse, une richesse entachée du sang de milliers de Palestiniens », peut-on lire dans la publication.
Dans le cadre de la « journée d’action», March to Gaza appelle la Grèce à imposer un embargo sur les armes à Israël et à mettre fin à toute coopération militaire entre les deux pays. Elle demande également à la Grèce de refuser l’entrée sur son territoire aux centaines de milliers d’Israéliens qui, selon elle, ont participé à la guerre, ainsi qu’aux résidents d’implantations de Cisjordanie.
« Ce ne sont pas des ‘touristes’, mais des suspects potentiels de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité », peut-on lire dans le message.
D’anciens et d’actuels soldats de Tsahal ont fait l’objet de demandes d’arrestation, voire d’interrogatoires policiers, pour des crimes présumés commis à Gaza, dans plusieurs pays à travers le monde, en partie après avoir été identifiés par des organisations anti-Israël qui ont alerté les forces de l’ordre locales.
Le ministère des Affaires étrangères n’a pas encore répondu à une demande de commentaire concernant cette « journée d’action ».
Cette décision fait suite à une série de manifestations anti-Israël et d’altercations en Grèce. Des navires de croisière israéliens ont été accueillis par des foules de manifestants, qui ont notamment empêché un navire d’accoster. Cet incident a été condamné par le gouvernement grec. Plusieurs Israéliens ont déclaré avoir été agressés après avoir parlé hébreu dans des lieux publics. De jeunes Israéliens ont déclaré avoir été pris en embuscade par une trentaine de voyous alors qu’ils sortaient d’une boîte de nuit.
Dans une interview publiée dimanche, l’ambassadeur Noam Katz a déclaré au quotidien grec Kathimerini que les touristes israéliens se sentaient « mal à l’aise » à Athènes, car le maire, Haris Doukas n’agissait pas contre les « minorités organisées » qui taguaient des graffitis antisémites.
Doukas a répondu quelques heures plus tard sur le réseau social X : « Nous avons prouvé notre ferme opposition à la violence et au racisme, et nous n’avons pas de leçons à recevoir en matière de démocratie de la part de ceux qui tuent des civils. »
Israel Hayom a rapporté mardi qu’un employé de l’ambassade israélienne avait été évacué de son domicile à Athènes, bien que le quotidien israélien ait souligné que le contexte de cette évacuation n’était pas clair.
Kathimerini a rapporté mercredi que l’ambassade avait qualifié de « fausses et infondées » les informations faisant état d’une évacuation en raison de manifestations anti-Israël.
L’AFP a contribué à cet article.