Herzog aurait tenu des discussions secrètes sur une commission d’enquête sur le 7-Octobre

Des familles endeuillées auraient signé des accords de confidentialité ; le bureau du Président dit que la résidence présidentielle est ouverte au dialogue sur toutes les questions

Le président Isaac Herzog rencontre le chancelier allemand Friedrich Merz (qui n’est pas visible sur la photo) à la résidence présidentielle à Jérusalem, le 6 décembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le président Isaac Herzog aurait tenu ces derniers mois, en toute discrétion, plusieurs consultations à la résidence présidentielle à Jérusalem afin de parvenir à un accord sur la création d’une commission d’enquête nationale très attendue sur les défaillances entourant le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, a rapporté mercredi la chaîne N12, sans citer ses sources.

Selon le reportage, parmi les participants aux discussions à huis clos figuraient des représentants des familles endeuillées du « Conseil d’octobre » – un groupe important de proches de victimes du 7-Octobre réclamant une enquête digne de ce nom à l’échelle nationale – ainsi que des membres du forum Gvura, un groupe extrémiste représentant des dizaines de familles de soldats tués au cours de la guerre de deux ans qui a suivi contre le Hamas à Gaza.

Le reportage, qui ne cite aucune source, affirme que les quatre représentants des deux forums, à savoir Yehoshua Shani et Menachem Klemenson du Forum Gvura, et Eyal Eshel et Reut Hecht Edri du Conseil d’octobre, ont été contraints de signer des accords de confidentialité leur interdisant de divulguer l’existence des réunions ou leur contenu.

Le groupe se serait réuni une fois toutes les deux semaines, a rapporté N12, et encore récemment au cours du mois dernier.

Herzog a longtemps insisté sur le fait que la seule façon correcte d’enquêter sur les échecs d’Israël au cours des mois et des années précédant le 7-Octobre était de mettre en place une commission d’enquête nationale, même si le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu reste catégoriquement opposé à cette idée et a pris des mesures pour faire avancer sa propre enquête alternative.

Le gouvernement Netanyahu a refusé de mettre en place une commission d’État, arguant dans un premier temps qu’une telle enquête ne saurait être menée alors que la guerre était en cours, puis affirmant depuis quelques mois qu’une telle commission, dont les membres sont nommés par le président de la Cour suprême, serait partiale à l’égard du gouvernement.

Au lieu de cela, son gouvernement a commencé à travailler à la mise en place de sa propre enquête, la présentant comme une enquête « indépendante », même si le mandat de la commission sera déterminé par les ministres du cabinet, qui seront choisis par le Premier ministre.

Les familles du Conseil d’octobre et leurs sympathisants exigeant la création d’une commission d’enquête nationale sur le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, devant la résidence du Premier ministre, à Jérusalem, le 1ᵉʳ novembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Interrogé par la chaîne N12 pour commenter le reportage, le bureau de Herzog a répondu que « la résidence du président sert fondamentalement d’espace de rassemblement, de dialogue ouvert et de conversation pour tous les citoyens d’Israël ».

« Divers forums et groupes se réunissent ici régulièrement dans différents cadres à des fins de dialogue, même lorsque l’objectif n’est pas de parvenir à des accords, mais simplement d’écouter, de converser et d’aborder les questions complexes qui déchirent la société israélienne », a déclaré son bureau.

« Les réunions à la résidence présidentielle se déroulent sous diverses formes, afin de permettre un tel dialogue également entre les familles endeuillées qui ont perdu ce qu’elles avaient de plus précieux. »

Les réunions rapportées entre Herzog et les familles endeuillées font suite à une précédente tentative du président de promouvoir une commission d’enquête nationale en suggérant un changement dans la manière dont les membres du panel sont sélectionnés.

En mars, Herzog et le président de la Cour suprême Isaac Amit avaient proposé à Netanyahu un compromis qui aurait obligé Amit à consulter son adjoint, le juge conservateur Noam Sohlberg, lors de la nomination des membres de la commission d’État, afin de réduire le risque que le gouvernement perçoive l’enquête comme politiquement biaisée.

Netanyahu avait malgré cela rejeté cette option, estimant qu’il s’agirait toujours d’une enquête « politiquement biaisée ».

Le plan de compromis a donc été abandonné, et selon N12, cette décision a accru la frustration des familles endeuillées, au point de pousser le président à envisager de nouvelles discussions avec elles pour explorer une autre voie.

N12 souligne que plusieurs zones d’ombre subsistent, notamment les raisons pour lesquelles cette initiative a été menée en secret, l’étendue de la connaissance qu’en avaient les dirigeants politiques et les conséquences qu’un éventuel accord pourrait avoir sur le gouvernement.

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