Heurts entre manifestants anti-gouvernementaux à cause de drapeaux palestiniens
L'organisation de réservistes Frères d'armes a déclaré que l'un de ses membres avait été aspergé de gaz lacrymogène pendant cette altercation à Tel Aviv
Des heurts ont éclaté entre deux groupes de manifestants s’opposant au projet de refonte judiciaire du gouvernement lors d’un rassemblement à Tel Aviv, samedi soir. L’un des deux groupes aurait fait usage de gaz lacrymogènes à l’encontre de l’autre.
L’altercation a eu lieu pendant la 26e semaine de mouvement de protestation contre le plan gouvernemental de refonte drastique du système israélien de la justice – un plan qui, selon ses détracteurs, portera gravement atteinte à la démocratie du pays.
Lors de ce rassemblement, un groupe aurait brandi une bannière sur laquelle il était écrit « C’est un devoir de s’opposer un terrorisme du mouvement pro-implantation » – en référence aux attaques récentes commises par des partisans du mouvement pro-implantation contre des communautés palestiniennes, des attaques venues répondre à des attentats terroristes meurtriers. Les membres du même groupe ont aussi brandi le drapeau palestinien.
Le groupe Frères d’armes, une organisation de réservistes de l’armée qui figure parmi les organisateurs du mouvement de protestation, a indiqué dans un communiqué que ses membres s’étaient querellés avec les membres de l’autre groupe en raison des drapeaux.
Il a précisé que pensant les heurts, un manifestant qui brandissait les couleurs palestiniennes a utilisé du gaz lacrymogène contre l’un des membres de Frères d’armes. L’homme a été arrêté par la police.
« Nous n’accepterons pas les drapeaux de l’ennemi », a dit Frères d’armes. « Ce mouvement de protestation contre le coup d’État est une manifestation patriotique, c’est une manifestation pour tous ceux qui aiment le pays, pas pour ceux qui s’opposent à son existence. »
Toutefois, l’organisation a ensuite utilisé un ton plus conciliant en émettant un nouveau communiqué.
« Nous respectons tous nos partenaires de combat qui viennent de tout le spectre politique, de la droite et de la gauche », a-t-il fait savoir. « Notre objectif est le même et c’est l’annulation du coup d’État mené par le régime. Nous condamnons toutes les manifestations de violence et nous continuerons à nous battre ensemble, épaule contre épaule, pour atteindre notre objectif commun ».
Avant le début de la manifestation, certains manifestants ont bloqué l’autoroute d’Ayalon à Tel Aviv. Un grand nombre de policiers ont été déployés dans le secteur et les agents ont tenté de disperser les manifestants. Il y a eu une arrestation. Un groupe de protestation étudiant, ainsi qu’un certain nombre d’autres organisations, ont revendiqué la responsabilité de ces blocages.
« Sans clause de ‘raisonnabilité’, Israël sera un pays de nominations corrompues où chaque ministre sera un empereur, où la ‘déraisonnabilité’ sera fêtée », a noté le groupe. Dans le cadre du plan de refonte du système judiciaire, le gouvernement veut adopter un projet de loi qui empêcherait le réexamen, par les juges, des politiques et des nominations gouvernementales en s’appuyant sur la notion juridique de ‘raisonnabilité’. Il veut légiférer ce changement avant la fin de la saison estivale à la Knesset qui aura lieu dans un mois.
« Le gouvernement a montré son véritable visage et nous avons quatre semaines pour le stopper. Nous ne deviendrons pas une dictature », a fait savoir le groupe étudiant.
Lors d’une manifestation à Jérusalem, les organisateurs ont fait le lien entre le plan de refonte du système judiciaire gouvernemental et les graves actes de violences commis par les partisans du mouvement pro-implantation.
« Il y a un lien direct entre le soutien apporté par le gouvernement au terrorisme juif et l’attaque à l’encontre des fondements de la démocratie en Israël », ont déclaré les organisateurs dans un communiqué. « Pour s’opposer à la dictature, nous devons nous opposer aux pogroms ».
A Haïfa, un manifestant a été arrêté lors d’un rassemblement anti-gouvernemental.
La députée du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit, Limor Son Har-Melech, parraine actuellement un projet de loi qui interdirait de brandir les drapeaux palestiniens sur les campus. Cette législation a été mise en pause au mois de mai.