Inculpation d’un Israélien ayant transmis des informations sensibles à Téhéran

L'accusé, d'origine iranienne, aurait informé les services secrets iraniens qu'un agent iranien aidait Israël et aurait dit à son chef en mai qu'Israël s'apprêtait à attaquer

Des automobilistes passant devant un panneau publicitaire représentant le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, au centre de la Place Valiasr, à Téhéran, le 13 juillet 2025. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Les procureurs de l’État ont engagé des poursuites pour espionnage la semaine dernière contre un citoyen israélien soupçonné d’avoir transmis des informations sensibles sur les plans de guerre israéliens à un agent des services secrets iraniens, a-t-on appris dimanche.

Selon l’acte d’accusation, l’Israélien aurait espionné pour le compte de l’Iran tout au long de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas, y compris pendant les douze jours de guerre entre Israël et la République islamique le mois dernier. On ignore s’il a été rémunéré pour ces informations.

Il aurait notamment informé un agent iranien que les attaques de missiles de la République islamique en 2024 avaient touché la base aérienne de Nevatim ; il lui aurait également révélé, en mai 2025, qu’Israël prévoyait d’attaquer l’Iran, notamment par une opération commando contre son programme nucléaire ; et il lui aurait indiqué que des drones israéliens se dirigeaient vers l’Iran via l’Azerbaïdjan.

Selon les procureurs, l’accusé aurait également informé l’agent iranien de l’existence d’un marin iranien qui transmettait des informations à Israël.

Le nom et la plupart des détails permettant d’identifier le suspect n’ont pas été rendus publics. Selon l’acte d’accusation, il aurait immigré d’Iran en Israël en 1999, puis renoué avec son pays natal une décennie plus tard, lors d’un voyage en Turquie.

Au cours de ce voyage, il s’est rendu à l’ambassade d’Iran en Turquie pour demander comment se rendre en Iran, où il a encore de la famille. Il aurait quitté les lieux avec des « documents officiels », dont la nature n’est pas précisée.

Le drapeau national iranien en berne en signe de deuil, après qu’une frappe aérienne américaine a tué le général Qassem Soleimani, commandant du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), à l’ambassade d’Iran, à Ankara, en Turquie, le 3 janvier 2020. (Crédit : Burhan Ozbilici/AP)

Peu après, l’accusé a entamé une relation avec une Iranienne vivant dans ce pays.

Il est entré en contact avec des agents iraniens par l’intermédiaire de sa compagne, qui a été contactée par un agent lui demandant d’organiser une rencontre avec le suspect.

Selon les procureurs, le suspect a rencontré deux agents iraniens en septembre 2024, lors d’un voyage en Turquie pour voir sa compagne. De retour en Israël, il a maintenu le contact avec l’un d’entre eux via l’application de messagerie Telegram.

Selon l’acte d’accusation, le suspect a profité de son amitié de longue date avec un Israélien qui aurait des liens avec des personnalités gouvernementales.

L’ami du suspect était en contact avec une personne se présentant comme un marin iranien qui fournissait des renseignements susceptibles d’aider Israël contre l’Iran. L’ami a demandé à l’accusé de l’aider à traduire sa correspondance avec le marin du farsi vers l’hébreu.

Cependant, le suspect a exposé le marin à son responsable iranien, partageant les informations qu’il avait été chargé de traduire et conseillant à son contact de « garder un œil sur lui », selon l’acte d’accusation.

À un moment donné, l’accusé a déclaré à l’agent iranien que les deux salves de missiles lancées par la République islamique contre Israël en 2024 avaient frappé la base aérienne de Nevatim.

Ce fait pouvait être déduit à partir d’images satellites, mais Israël était réticent à rendre publiques des informations spécifiques à ce sujet.

Une photo satellite de la base aérienne israélienne de Nevatim après l’attaque de missiles iraniens, le 2 octobre 2024. (Crédit : Planet Labs PBC via AP)

En mai, soit environ un mois avant le lancement de l’opération aérienne israélienne contre Téhéran, l’accusé aurait informé son contact iranien que l’État hébreu prévoyait de mener une attaque en Iran.

Il lui aurait ensuite fait part de l’intention d’Israël de mener une opération commando visant les installations nucléaires de la République islamique.

En outre, « à une date qui n’est pas précisément connue du ministère public, l’accusé a écrit à l’agent étranger pour lui dire que des drones en provenance d’Israël se dirigeaient vers l’Iran via l’Azerbaïdjan », indique l’acte d’accusation.

L’acte d’accusation ne précise pas si les informations transmises étaient exactes, ni leur provenance.

La police a arrêté le suspect le 1ᵉʳ juillet. Il a été inculpé par le tribunal de Lod pour avoir entretenu des contacts avec un agent étranger et transmis des renseignements à l’ennemi dans le but de nuire à la sécurité de l’État, ce qui est passible d’une peine de prison à perpétuité.

Au cours de l’année écoulée, l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet et la police israélienne ont découvert plus d’une vingtaine de cas d’Israéliens recrutés par l’Iran pour mener diverses missions.

Selon des responsables, ils estiment que des centaines d’Israéliens auraient travaillé pour le compte de l’Iran, dans le cadre d’une campagne accélérée par Téhéran depuis deux ans.

Au début du mois, le gouvernement israélien a lancé une campagne médiatique visant à dissuader les Israéliens d’espionner pour le compte de l’Iran.

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