Interdiction de Palestine Action : Londres dit avoir agi « dans l’intérêt du public »
Ce groupe anti-Israël a notamment visé des entreprises d'armement, dont le site de l'israélien Elbit Systems près de Bristol, dans le sud de l'Angleterre en août 2024
Les avocats du gouvernement britannique ont défendu mardi devant la justice à Londres l’interdiction du groupe Palestine Action, classé terroriste en juillet, affirmant qu’il s’agissait d’une décision « proportionnée » face à « l’escalade » dans les actions de cette organisation.
Huda Ammori, cofondatrice de Palestine Action, a introduit un recours en justice pour contester cette interdiction, qui a été critiquée aussi bien par des ONG de défense des droits humains que le Conseil de l’Europe et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH).
Au troisième et dernier jour d’audience, les avocats du ministère britannique de l’Intérieur ont affirmé que le gouvernement avait agi « dans l’intérêt du public » et pour « préserver la sécurité nationale ».
Devant les trois juges de la Royal Court of Justice, l’avocat Me Stephen Kosmin a mis en avant « la proportionnalité » de la décision du gouvernement alors qu’il y avait une « escalade » dans les actions menées par Palestine Action.
Dans ses conclusions écrites, le Home Office a estimé que des actions impliquant « des dommages matériels importants » pouvaient relever du terrorisme, même sans violence contre des personnes ou mise en danger d’autrui.
Il a souligné que l’interdiction d’un groupe le privait de « soutien financier » et de toute « publicité ».
Le classement de Palestine Action comme organisation terroriste a relancé le débat sur la liberté d’expression au Royaume-Uni. Plus de 2 300 personnes ont été arrêtées pour avoir manifesté leur soutien à ce groupe depuis son interdiction, selon l’association Defend Our Juries qui organise ces rassemblements.
Mais pour l’avocate du Home Office, Me Natasha Barnes, ces deux sujets ne sont « pas connectés ». L’interdiction de Palestine Action « n’a pas empêché les gens de manifester en faveur du peuple palestinien ou contre les actions d’Israël à Gaza », a dit l’avocate.
Une partie des débats portant sur les actions de Palestine Action s’est déroulée à huis clos et des restrictions de couverture ont été imposées aux journalistes.
Yvette Cooper, qui était ministre de l’Intérieur en juillet, avait alors assuré que certaines personnes soutenant Palestine Action « ne connaissaient pas la véritable nature de l’organisation », sans apporter plus de précision.
Ce groupe a notamment visé des entreprises d’armement, dont le site de l’israélien Elbit Systems près de Bristol, dans le sud de l’Angleterre en août 2024.
Le gouvernement travailliste de Keir Starmer a classé Palestine Action comme organisation terroriste après une intrusion et des actes de vandalisme sur une base de l’armée de l’air britannique, dont les dégâts ont été évalué à 7 millions de livres (7,9 millions d’euros).
La décision sera rendue à une date ultérieure.
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