Interdiction de Palestine Action : Londres dit avoir agi « dans l’intérêt du public »

Ce groupe anti-Israël a notamment visé des entreprises d'armement, dont le site de l'israélien Elbit Systems près de Bristol, dans le sud de l'Angleterre en août 2024

Des manifestants participent à une manifestation intitulée "Lift The Ban" (Lève l'interdiction) en soutien au groupe interdit Palestine Action, appelant à la levée de l'interdiction récemment imposée, à Trafalgar Square, dans le centre de Londres, le 4 octobre 2025. (Crédit : Justin Tallis/AFP)

Les avocats du gouvernement britannique ont défendu mardi devant la justice à Londres l’interdiction du groupe Palestine Action, classé terroriste en juillet, affirmant qu’il s’agissait d’une décision « proportionnée » face à « l’escalade » dans les actions de cette organisation.

Huda Ammori, cofondatrice de Palestine Action, a introduit un recours en justice pour contester cette interdiction, qui a été critiquée aussi bien par des ONG de défense des droits humains que le Conseil de l’Europe et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH).

Au troisième et dernier jour d’audience, les avocats du ministère britannique de l’Intérieur ont affirmé que le gouvernement avait agi « dans l’intérêt du public » et pour « préserver la sécurité nationale ».

Devant les trois juges de la Royal Court of Justice, l’avocat Me Stephen Kosmin a mis en avant « la proportionnalité » de la décision du gouvernement alors qu’il y avait une « escalade » dans les actions menées par Palestine Action.

Dans ses conclusions écrites, le Home Office a estimé que des actions impliquant « des dommages matériels importants » pouvaient relever du terrorisme, même sans violence contre des personnes ou mise en danger d’autrui.

Il a souligné que l’interdiction d’un groupe le privait de « soutien financier » et de toute « publicité ».

Le classement de Palestine Action comme organisation terroriste a relancé le débat sur la liberté d’expression au Royaume-Uni. Plus de 2 300 personnes ont été arrêtées pour avoir manifesté leur soutien à ce groupe depuis son interdiction, selon l’association Defend Our Juries qui organise ces rassemblements.

Mais pour l’avocate du Home Office, Me Natasha Barnes, ces deux sujets ne sont « pas connectés ». L’interdiction de Palestine Action « n’a pas empêché les gens de manifester en faveur du peuple palestinien ou contre les actions d’Israël à Gaza », a dit l’avocate.

Une partie des débats portant sur les actions de Palestine Action s’est déroulée à huis clos et des restrictions de couverture ont été imposées aux journalistes.

La ministre britannique de l’Intérieur, Yvette Cooper, fait une déclaration à la Chambre des communes, le 16 juin 2025; des images diffusées via le site internet de Parliament TV. (Capture d’écran : PRU / AFP)

Yvette Cooper, qui était ministre de l’Intérieur en juillet, avait alors assuré que certaines personnes soutenant Palestine Action « ne connaissaient pas la véritable nature de l’organisation », sans apporter plus de précision.

Ce groupe a notamment visé des entreprises d’armement, dont le site de l’israélien Elbit Systems près de Bristol, dans le sud de l’Angleterre en août 2024.

Le gouvernement travailliste de Keir Starmer a classé Palestine Action comme organisation terroriste après une intrusion et des actes de vandalisme sur une base de l’armée de l’air britannique, dont les dégâts ont été évalué à 7 millions de livres (7,9 millions d’euros).

La décision sera rendue à une date ultérieure.

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