Interdiction des athlètes israéliens : l’Indonésie « comprend les conséquences »
Jakarta défend sa décision de refuser d'accueillir les sportifs israéliens pour les Mondiaux de gymnastique, malgré les sanctions infligées par le Comité international olympique
L’Indonésie a promis jeudi de continuer à jouer « un rôle actif » dans le sport mondial malgré les sanctions infligées la veille par le Comité international olympique (CIO) appelant les fédérations sportives à ne plus y organiser d’épreuves, à la suite de la révocation des visas des gymnastes israéliens.
Le ministre indonésien de la Jeunesse et des Sports, Erick Thohir, a déclaré s’attendre à des « conséquences » après le refus du pays d’accueillir les sportifs israéliens pour les Mondiaux de gymnastique.
Cependant, il a écrit sur le réseau social X : « L’Indonésie continuera à jouer un rôle actif dans divers événements sportifs à l’échelle du sud-est asiatique, asiatique et mondial, afin que le sport indonésien puisse servir d’ambassadeur et refléter la force de la nation aux yeux du monde. »
Il poursuit en soulignant que son pays « adhère au principe du maintien de la sécurité, de l’ordre public et de l’intérêt public lors de chaque événement international organisé. Sur cette base, l’Indonésie a pris des mesures pour empêcher l’arrivée de la délégation israélienne aux Championnats du monde de gymnastique ».
En représailles, le CIO a indiqué mercredi rompre le dialogue avec le pays qui voulait accueillir les JO de 2036. L’instance avait également demandé aux fédérations sportives de ne plus organiser d’événements en Indonésie et avait convoqué le Comité olympique indonésien (CNO) ainsi que la Fédération internationale de gymnastique au siège de l’instance, à Lausanne, « pour discuter de la situation ».
Depuis 2021, l’Indonésie a exprimé à plusieurs reprises son intérêt pour l’organisation des Jeux olympiques de 2036. Avec ses 286 millions d’habitants, c’est le quatrième pays le plus peuplé au monde. C’est également le plus grand pays, après l’Inde, à n’avoir jamais accueilli les Jeux olympiques, ce qui promettait un duel entre les deux puissances pour l’édition de 2036, également convoitée par l’Afrique du Sud, le Qatar, la Hongrie, la Turquie et la Corée du Sud.
L’Indonésie, également le pays avec la plus grande population musulmane du monde, n’entretient pas de relations diplomatiques formelles avec Israël et l’opinion publique y soutient la cause palestinienne.
« Le gouvernement indonésien a une politique fermement établie de ne pas avoir de contact avec Israël tant qu’il ne reconnaîtra pas l’existence d’une Palestine libre et souveraine », avaient expliqué les autorités du pays en révoquant les visas des gymnastes israéliens qui devaient participer aux championnats du monde cette semaine.
Mais son président Prabowo Subianto a insisté lors d’un discours à l’ONU en septembre dernier que la paix dans la région ne se ferait que quand le monde commencera à « enfin respecter Israël ».
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