Isaac Amit dénonce le « mépris flagrant des règles de droit » des dirigeants

Selon le président de la Cour suprême, en ignorant les décisions de justice, ceux qui sont au pouvoir 'vident la loi de toute valeur'

Le président de la Cour suprême, Isaac Amit, s'exprimant le 28 janvier 2026. (Crédit : Barreau israélien)

Dans un discours prononcé mercredi lors d’une cérémonie d’investiture de nouveaux avocats, le président de la Cour suprême, Isaac Amit, a implicitement accusé le gouvernement de porter atteinte à l’État de droit en ne respectant pas les décisions de justice, affirmant qu’en ignorant ces décisions, ceux qui sont au pouvoir « vident la loi de toute valeur ».

« Nous sommes témoins d’un mépris flagrant des règles de droit et des décisions contraignantes, qui sont traitées comme de simples recommandations », a déclaré Amit aux avocats réunis.

« Le respect de la loi et la mise en œuvre des décisions de justice sont des conditions fondamentales pour qu’une société démocratique puisse exister et fonctionner. Lorsque des personnalités publiques ignorent les jugements qui ne leur plaisent pas, quel message cela envoie-t-il à la population ? », a ajouté Amit.

Le gouvernement et certains de ses ministres ont récemment manqué désobéir aux ordonnances de la Haute Cour.

Le gouvernement n’a pas mis en place de politiques visant à faire respecter l’enrôlement des ultra-orthodoxes, ainsi que l’avait ordonné la Cour ; le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, a été reconnu coupable par la Haute Cour d’avoir violé une ordonnance provisoire qui lui interdisait de donner des ordres opérationnels à la police ; et plusieurs ministres du cabinet ont explicitement appelé le gouvernement à ne pas obéir à certaines ordonnances judiciaires.

« Si une personne en position de pouvoir ou d’influence se permet d’ignorer une décision de justice qui lui déplaît, pourquoi le citoyen lambda se sentirait-il obligé de la respecter ? Pourquoi les accusés accepteraient-ils de payer les dommages-intérêts qui leur ont été imposés ? Pourquoi les parents paieraient-ils une pension alimentaire ? Pourquoi les prisonniers se présenteraient-ils pour purger leur peine ? », a martelé le président de la Cour suprême.

« Cela sape l’idée même d’un système de droit juste et équitable, contraignant pour tous ceux qui vivent dans ce pays », a-t-il poursuivi. « Le message est simple : si la loi n’est pas la même pour tous, elle n’a aucune valeur. »

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