JTA – « Mouaz, qu’en penses-tu ? Tu crois que je devrais y aller ? »
Le lendemain de la chute de Bashar el-Assad, renversé par des rebelles islamistes après plus de soixante ans de pouvoir baasiste en Syrie, Henry Hamra est au téléphone avec son ami Mouaz Moustafa, directeur exécutif de la Syrian Emergency Task Force.
Cette alliance improbable entre un Syro-Américain, fils de réfugiés palestiniens, et un chantre juif syrien dont l’oncle fut le grand rabbin de Syrie va donner naissance à une campagne d’un an en faveur de la levée des lourdes sanctions que Moustafa avait lui-même contribué à faire adopter.
Elle va aussi mettre d’éminentes figures de la communauté juive syro-américaine en porte-à-faux avec le gouvernement israélien, lequel demeure extrêmement méfiant à l’égard du nouveau régime syrien.
Hamra a fui la Syrie avec sa famille en 1992, après la levée inattendue par le régime baasiste de l’interdiction faite aux Juifs de quitter le pays. Des dizaines d’années de persécutions, conjuguées aux restrictions imposées par le régime, avaient néanmoins déjà contraint plus de 30 000 d’entre eux à l’exil, provoquant la quasi-disparition de l’une des plus anciennes et plus importantes communautés juives du Moyen-Orient.
Hamra, qui s’exprime avec un fort accent de Brooklyn, raconte avoir assisté, impuissant, à l’effondrement de son pays. Ni lui ni les siens n’ont pu faire grand-chose depuis leur exil. Son père, Yosef Hamra, était rabbin et dirigeant de la communauté juive de Damas. Son oncle, le rabbin Avraham Hamra, installé à Holon après avoir quitté la Syrie, fut jusqu’en 1994 le dernier grand rabbin du pays.
Moustafa, fils d’un père réfugié palestinien et d’une mère syrienne, est retourné en Syrie dès les premiers jours. Lorsque Hamra l’a appelé, il venait tout juste d’en revenir. « Absolument. Je rentre à peine, et j’y retourne. Il faut que tu viennes avec moi », lui a-t-il répondu.
Moustafa a fondé la Syrian Emergency Task Force (SETF) en mars 2011 en réponse à la répression menée par le régime d’Assad contre les civils après les manifestations du Printemps arabe. Au fil des quatorze années de guerre civile, la SETF est devenue l’une des principales organisations de l’opposition syrienne en exil, tandis que Moustafa s’est imposé à Washington comme l’un des principaux défenseurs de la cause syrienne.
En 2014, Moustafa est entré en contact avec un photographe de la police militaire syrienne qui avait fui le pays avec une clé USB contenant des preuves de tortures systématiques et d’exécutions de masse dans les prisons d’Assad. Le lanceur d’alerte, connu sous le pseudonyme de « César », était le premier lieutenant Farid al-Madhhan. Il avait gardé son identité secrète pendant des années afin de protéger sa famille et lui-même, avant de la révéler après la chute d’Assad, en décembre 2024.
« Ces images rappelaient les heures les plus sombres de l’Histoire, raconte Moustafa. On y voyait des corps émaciés, torturés, des yeux arrachés… Des hommes, des femmes, des enfants, des personnes âgées, à une échelle inimaginable. »
Ces images ont déclenché une campagne de lobbying menée pendant cinq ans par Moustafa, qui a abouti à l’adoption du Caesar Syria Civilian Protection Act, promulgué par le président américain Donald Trump en décembre 2019. Cette loi imposait des sanctions aux responsables du régime d’Assad et coupait la Syrie du système financier international.
« Lorsque nous avons rédigé la loi César, explique Moustafa, nous avons veillé à ce qu’elle s’en prenne très précisément à la machine de mort du régime d’Assad, afin d’y mettre un point final. »
Après la chute d’Assad, en décembre 2024, les sanctions César, si efficaces pour étrangler son régime, menacent d’asphyxier le nouveau gouvernement syrien. C’est alors que Moustafa demande de l’aide à Hamra.
Moustafa connait Hamra depuis 2013 grâce à son ami Avraham Hamra, l’oncle d’Henry. Les deux hommes se sont connus lorsque Moustafa avait tenté de sauver les objets rituels de la synagogue de Jobar après son bombardement par les forces d’Assad.
Cette amitié allait conduire Henry Hamra, qui continue de se tenir à l’écart de la politique, à briguer un siège au Parlement lors des premières élections libres organisées en Syrie depuis l’arrivée au pouvoir du parti Baas en 1963. Elle allait aussi amener son père à bénir Ahmad al-Sharaa, l’ancien chef rebelle islamiste devenu président de la Syrie. Enfin, les efforts des deux hommes contribueraient à ouvrir la voie à la levée des sanctions américaines qui avaient coupé la Syrie de l’économie mondiale.
« Les sanctions César auraient-elles été levées sans la communauté juive syrienne ? Je ne pense pas », affirme Moustafa.
En mai 2025, le Trésor américain avait déjà accordé une dérogation de 180 jours aux autres sanctions imposées à la Syrie. Les sanctions César, en revanche, étaient restées en vigueur, puisqu’elles ne pouvaient être levées que par une loi du Congrès. Donald Trump les a officiellement abrogées le 19 décembre 2025 en promulguant la loi de finances de la Défense (NDAA) pour l’exercice 2026, un an après la chute d’Assad.
C’était là l’objectif de Moustafa. La première étape, raconte-t-il, consistait à permettre aux Hamra de rentrer en Syrie. Mais entre ce premier appel téléphonique et le moment où Henry Hamra allait fouler le sol syrien pour la première fois depuis plus de trente ans, il resterait bien des obstacles à surmonter.
Comme le raconte Moustafa, Hamra et lui se parlent chaque jour dans les semaines qui précédent le voyage. Hamra a dressé une liste de conditions, dont l’obtention d’une lettre officielle du ministère syrien des Affaires étrangères souhaitant la bienvenue au groupe, afin de dissiper les craintes nées de dizaines d’années de persécutions sous le régime Assad.
« Ils viennent à peine de libérer le pays. Il n’y a pas de personnel, l’administration n’est même pas encore en place. Comment voulez-vous que je vous obtienne un tel document ? », se rappelle lui avoir répondu Moustafa.
Autre condition posée par Hamra : qu’au moins dix Juifs participent à ce premier voyage afin que son père, Yosef, puisse réunir le minyan [quorum de dix hommes adultes nécessaire à la récitation des prières les plus importantes de tout office ou de toute cérémonie (NDT)] à la synagogue Faranj, en plein quartier juif de Damas. C’est dans cette même synagogue que Yosef avait prié durant son enfance et célébré son dernier office avant que la famille ne quitte la Syrie, en 1992.
Depuis des années, les Juifs syriens installés aux États-Unis s’efforçaient d’entretenir des relations cordiales avec un régime qui présidait encore aux destinées de leurs proches, restés sur place, et contrôlait leurs biens.
Une délégation s’était rendue en Syrie en 2004, alors que Damas tentait d’éviter des sanctions internationales, et plusieurs membres de la communauté avaient porté un ruban noir à la mort de Hafez al-Assad, en 2000.
Cette demande s’est toutefois révélée impossible à satisfaire. Alors que Moustafa et Hamra tentaient de compléter le groupe, les inquiétudes liées à la sécurité ont conduit la plupart des candidats au voyage à se désister quelques jours avant le départ. Jusqu’à la veille du départ, personne ne savait si le voyage aurait effectivement lieu. C’est alors que Hamed Khanatri, alors à la tête du ministère des Affaires étrangères, a appelé Henry pour lui dire : « Nous vous attendons », raconte-t-il.
« La communauté juive syrienne a énormément souffert, aussi bien avant le conflit de 2011 que pendant celui-ci », explique Moustafa. « Comme tant d’autres Syriens, elle a souffert sous le régime. »
Après avoir vu de ses propres yeux ce que le régime d’Assad avait infligé aux Juifs syriens, notamment les confiscations de biens et les interdictions de quitter le pays, Moustafa voulait leur donner la possibilité de constater par eux-mêmes si le gouvernement de transition était sincère lorsqu’il affirmait rompre avec son passé djihadiste et couper ses liens avec des organisations désignées comme terroristes.
Au cours de l’année qui s’écoule entre la chute d’Assad et la levée des sanctions César, en décembre 2025, la SETF met sur pied trois voyages en Syrie, qui permettent à des membres des communautés juives syrienne et américaine de s’entretenir avec de hauts responsables syriens et de visiter des lieux du patrimoine juif.
Lawrence Schiffman, professeur d’hébreu et d’études juives à l’université de New York, qui participe au premier voyage en février 2025, estime que cette ouverture était sincère, même si elle répondait aussi à des considérations pragmatiques.
« À mon avis, c’était sincère », estime-t-il. « Mais il faut rester réaliste. Ils cherchaient aussi à nouer de bonnes relations avec les Juifs syriens et avaient besoin de l’aide américaine. »
Pour Schiffman, les motivations du gouvernement de transition importent moins que les mesures concrètes qu’il prend, et notamment ses efforts pour recenser les biens juifs disparus et engager un processus de restitution et de restauration au bénéfice de la communauté juive syrienne, explique Hamra.
« Les Juifs syriens présents ici jouent, délibérément, un rôle comparable à celui qu’ont joué certaines organisations juives lors de déplacements aux Émirats arabes unis ou en Arabie saoudite. Elles préparent le terrain avant les visites officielles », explique Schiffman. « Nous n’étions pas là pour négocier mais pour entendre leur point de vue. C’était une mission de bonne volonté. »
Le rabbin Mendy Chitrik, chef de la communauté ashkénaze d’Istanbul et principal interlocuteur de la communauté juive syrienne pendant la guerre civile, lequel avait notamment contribué à acheminer des produits casher à Damas, a participé à un autre voyage. Il raconte avoir arpenté les ruelles du souk de Damas, kippa sur la tête, sans le moindre problème.
« Je me suis promené librement dans Damas », confie-t-il. « Nous n’avons ni ressenti ni subi d’hostilité. »
C’est à Washington, en novembre 2025, que leurs efforts finissent par payer. À quelques jours de l’adoption de la loi d’autorisation de la défense, Moustafa et Hamra tentent d’y faire inscrire une disposition qui abroge les sanctions César.
Hamra se souvient surtout d’un tête-à-tête avec le Représentant républicain de Caroline du Sud, Joe Wilson. L’élu lui confiera par la suite que c’est une phrase de son père, le rabbin Yosef Hamra, qui l’a convaincu. Interrogé sur les nouveaux dirigeants syriens, celui-ci avait simplement répondu : « Je pense que tout le monde mérite une seconde chance. »
Un porte-parole de Wilson confirme la tenue de ces échanges. « Wilson a rencontré le rabbin Yosef et Henry Hamra à plusieurs reprises avant le vote. Leur point de vue a effectivement influencé le député », explique-t-il à la JTA. « Il a évoqué à plusieurs reprises la position du rabbin au moment de défendre cette cause auprès de ses collègues. »
Depuis, Wilson est devenu l’un des plus virulents critiques des incursions israéliennes en Syrie, qu’il accuse de compromettre les efforts de reconstruction en Syrie.
Selon Hamra, Wilson a tenu ces positions tout au long des débats sur les sanctions. Moustafa affirme que les témoignages de la famille ont également contribué à convaincre Gregory Meeks, élu Démocrate de New York et membre le plus ancien de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants, sans oublier French Hill, représentant Républicain de l’Arkansas – deux élus jusque-là opposés à tout allègement des sanctions.
Hill n’a pas souhaité commenter le rôle joué par les Juifs syriens de la diaspora dans l’allègement des sanctions. Dans une déclaration transmise à la JTA, il a toutefois estimé que cette évolution était nécessaire.
« L’administration Trump a raison de renouer le dialogue diplomatique et de prendre des mesures pour permettre à la Syrie de réintégrer la communauté des nations », explique-t-il. « Je continuerai à travailler avec mes collègues et les acteurs concernés afin que le soutien américain favorise une gouvernance responsable et une stabilité durable au bénéfice du peuple syrien. »
Meeks, lui, n’a pas donné suite aux nombreuses sollicitations de la JTA.
Au même moment, Sharaa se trouve alors lui aussi à Washington, où il tente de nouer des relations avec l’administration Trump. Ce n’est pour autant pas leur premier contact. Les deux hommes se sont en effet déjà rencontrés en mai 2025 à Ryad, en marge d’un sommet du Conseil de coopération du Golfe.
Longtemps inscrit sur la liste américaine des organisations et personnalités terroristes, Sharaa n’en a été retiré qu’après la chute d’Assad. La prime offerte pour sa capture avait été levée en décembre 2024, avant que sa désignation officielle ne soit définitivement supprimée en juillet 2025.
Pour Ahmad Sharawi, de la Foundation for Defense of Democracies, cette rencontre est peut-être le véritable tournant, ce qui a conduit Trump à lever les sanctions qu’il pouvait supprimer par décret, à l’exclusion toutefois des sanctions César, qui relevaient du Congrès.
« À mon sens, tout s’est joué lors de la visite du président Trump à Ryad. Mohammed ben Salmane s’est entretenu avec lui et l’a convaincu, semble-t-il, au cours d’un unique entretien », explique Sharawi. « C’est également à cette occasion qu’al-Sharaa a rencontré Trump. »
Il ajoute que, selon lui, « [les Juifs syriens] ont effectivement joué un rôle auprès du Congrès, notamment en ce qui concerne la loi César, puisqu’elle ne pouvait être abrogée qu’avec son aval. ».
Si l’Arabie saoudite milite activement en faveur d’un allègement des sanctions, selon le New York Times, des expatriés syriens installés dans les pays du Golfe impliqués dans des projets immobiliers et de développement en Syrie jouent eux aussi un rôle important, mais in fine l’abrogation des sanctions César relève du Congrès.
Trump, qui ne cache pas son estime pour Sharaa, le qualifie de
« séduisant » et de « dur à cuire » suite à leur rencontre à Ryad en mai et lui a même envoyé du parfum. Plusieurs médias font alors état d’un projet de Trump Tower à Damas.
Moustafa sait qu’au-delà de la levée des sanctions, l’autre difficulté de la Syrie est sa relation avec Israël. Depuis la guerre des Six Jours, en 1967, au cours de laquelle Israël a pris le contrôle du plateau du Golan, les deux pays sont encore officiellement en guerre. Dans les jours qui suivent la chute d’Assad, des frappes israéliennes détruisent jusqu’à 80 % des capacités militaires stratégiques syriennes.
Moustafa se souvient encore très précisément du moment où un missile israélien est tombé à proximité du bâtiment qu’il venait de quitter, après quatre heures de réunion avec Sharaa.
« Une heure après notre entretien, Israël a frappé l’entrée du palais présidentiel », raconte-t-il. « J’ai entendu l’explosion et vu la scène de mes yeux. »
« Le président syrien m’a dit : ‘Je ne veux plus de guerre avant
7 000 ans.’ »
Depuis la chute d’Assad, Israël a adopté une ligne particulièrement ferme à l’égard du nouveau pouvoir syrien, Netanyahu affirmant qu’Israël ne tolérerait pas la présence de forces loyales aux nouvelles autorités dans le sud du pays et exigeant la démilitarisation totale des provinces de Qouneitra, Deraa et Soueïda.
Un responsable israélien explique au Times of Israel que Netanyahu aurait personnellement demandé à Trump, lors d’un déplacement à Washington, de ne pas lever les sanctions à l’encontre de la Syrie. Le Premier ministre israélien redoutait une attaque transfrontalière comparable à celle menée par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, au cours de laquelle plus de 1 200 personnes ont été assassinées et 251 autres prises en otages, séquestrées dans la bande de Gaza.
Selon plusieurs sources, Ron Dermer, ministre des Affaires stratégiques et proche collaborateur de Netanyahu, aurait également fait pression sur le Congrès pour que les sanctions soient maintenues ou, à défaut, que les mécanismes permettant leur rétablissement restent en vigueur.
D’autres responsables de l’appareil sécuritaire israélien demeurent sceptiques. Sarit Zehavi, fondatrice et présidente de l’Alma Research and Education Center en Israël, estime que le nouveau pouvoir syrien demeure islamiste, quel que soit le nom qu’il se donne.
Originaire de Damas, la famille de Zehavi était l’une des plus riches de la ville grâce à ses activités de joaillerie. Elle vivait dans l’historique Beit Lisbona, au cœur du Harat al-Yahud, l’ancien quartier juif, explique-t-elle à la JTA.
Après la chute de Bashar el-Assad, en décembre 2024, Zehavi rêve de retourner à Damas pour revoir la maison familiale mais ses collaborateurs l’en dissuadent.
« Mon équipe de recherche a dû me convaincre que je n’avais aucune chance de me rendre à Damas dans un avenir proche pour revoir la maison de mon père. La situation n’allait pas s’améliorer si facilement », commente-t-elle.
Dans un premier temps, elle veut croire au changement. Mais les informations faisant état de massacres d’Alaouites sur la côte, puis de Druzes à Soueïda, douchent ses espoirs.
Elle se dit surprise par le lobbying mené par des membres de la diaspora juive syrienne.
« Il est paradoxal de voir des Juifs syriens installés à Brooklyn plaider la levée des sanctions contre un ancien membre d’Al-Qaïda. C’est un djihadiste », affirme-t-elle.
Mais ses critiques visent avant tout la décision de l’administration Trump de lever les sanctions César sans exiger la moindre contrepartie.
« Il aurait fallu fixer des conditions, un calendrier et des critères permettant de vérifier qu’Ahmed al-Sharaa est bien celui que nous espérons. Or, les sanctions ont été levées sans aucune contrepartie. Là est le véritable problème. »
Zehavi doute toutefois que cette stratégie serve réellement les intérêts de la communauté juive syrienne.
« S’ils disent vrai lorsqu’ils affirment que cela permettra de faire revivre les institutions juives de Damas, leur objectif est louable, et peut-être ont-ils raison. Mais, à long terme, je ne suis pas convaincue que cette démarche donne lieu à une évolution positive. »
Yosef Hamra devait initialement témoigner devant la Commission d’Helsinki, la branche américaine de l’observatoire parlementaire des droits Humains, lors de sa visite au Congrès en novembre 2025. L’audition a toutefois été annulée. Dans une copie de son intervention, obtenue par la JTA, il écrit : « Il est regrettable qu’aujourd’hui, la loi César fasse payer au peuple syrien – musulmans, chrétiens et juifs, Arabes et Kurdes – les crimes d’un régime qui a été renversé. »
Avant sa rencontre avec Trump, le rabbin Hamra, coiffé de sa kippa, a dit une bénédiction en l’honneur d’Ahmad al-Sharaa. Cette scène résume à elle seule cette alliance improbable entre un militant palestino-syrien et un chantre juif syrien, qui entend contribuer à la reconstruction d’un pays dévasté par quatorze années de guerre civile.
Pour les Hamra, cette bénédiction est bien plus qu’un geste symbolique : elle témoigne de leur conviction qu’un tournant s’est amorcé.
Mais ni Hamra ni Moustafa ne peuvent dire si la Syrie post-Assad sera capable d’offrir à sa population, dans toute sa diversité, la démocratie et l’égalité auxquelles elle aspire.
la Communauté du Times of Israël !
