Israël aurait gelé l’immigration de 2 Juifs engagés dans la défense des Palestiniens
Lawrence Shenkin, du Royaume-Uni, et une Américaine dont l'identité n'a pas été révélée auraient été informés par la PIBA que leurs dossiers étaient désormais suspendus
Selon un article publié lundi, les dossiers de deux militants juifs, dont l’immigration en Israël avait initialement été approuvée par l’Agence juive, ont été gelés par l’Autorité de la population, de l’immigration et des frontières (PIBA).
Bien que cette agence, qui relève du ministère de l’Intérieur, n’ait pas donné de raison précise pour justifier la révocation de leur autorisation d’immigration – aliyah – il semblerait que cette décision soit liée à leur participation à des activités de « présence protectrice ». Dans le cadre de ces activités, des groupes de défense des droits civiques apportent leur aide à des communautés palestiniennes menacées par la violence des résidents d’implantation, a rapporté Haaretz.
En vertu de la loi israélienne, tous les Juifs ont le droit de demander à immigrer en Israël.
L’un des candidats, Lawrence Shenkin, originaire du Royaume-Uni, avait passé cinq ans en Israël après y être arrivé à l’âge de 18 ans pour étudier dans une yeshiva. Pendant cette période, il avait milité au sein du groupe de défense des droits civiques Bnei Avraham en Cisjordanie. Selon le site web du groupe, celui-ci œuvre « aux côtés de militants palestiniens dans le but de permettre aux communautés palestiniennes de rester sur leurs terres et d’empêcher que le peuple de la Terre sainte ne subisse de préjudice ».
En janvier 2026, Shenkin a reçu un courriel de la PIBA l’informant que son visa électronique avait été annulé en raison d’un « changement de circonstances dans son dossier ». Il ne s’en est pas inquiété, car il avait entamé ses démarches d’immigration deux mois plus tôt. Toutefois, il a déclaré à Haaretz qu’il avait appris par la suite qu’à peu près à la même période, de nombreux autres militants de la « présence protectrice » qui n’étaient pas engagés dans un processus d’immigration vers Israël avaient reçu des notifications similaires.
En avril, il s’est rendu à Londres pour passer Pessah avec ses parents, mais i s’est ensuite rendu compte qu’il ne pouvait pas obtenir de visa pour retourner en Israël, où il louait un appartement.
Israel revoked aliyah eligibility of two young Jewish activists, British & American, both active in protective presence in West Bank. This is a seismic move for a country founded on the principle that Israel is the state of all Jewish people @haaretzcom
https://t.co/GKJ3tOHjf5— Noa Landau נעה לנדאו (@noa_landau) September 28, 2026
Ses projets d’études pour devenir rabbin et sa demande en mariage à sa petite amie ont été contrariés, car il n’a pas pu rentrer dans le pays.
« Ma vie a été complètement ruinée par cela », a déclaré Shenkin.
« Toute ma vie est là-bas [en Israël]. »
Sans se décourager, Shenkin a entamé une nouvelle procédure d’immigration depuis Londres et, en juillet, on lui a annoncé qu’elle avait été approuvée. Mais en août, il a reçu un message lui indiquant que, sur la base d’informations reçues par la PIBA et conformément à l’article 40 de la législation relative à l’entrée en Israël, sa demande d’immigration faisait l’objet d’un réexamen et avait été « temporairement annulée ».
Son avocat a déclaré au journal Haaretz que la PIBA faisait vraisemblablement référence à une modification législative adoptée l’an dernier, qui interdit l’entrée sur le territoire aux négationnistes, à ceux qui nient le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, ainsi qu’à ceux qui appellent au boycott d’Israël ou à la poursuite en justice de soldats de Tsahal à l’étranger. Shenkin insiste sur le fait qu’il n’a commis aucun de ces actes, tandis que son avocat a déclaré à Haaretz que les lois sur l’entrée sur le territoire n’étaient de toute façon pas pertinentes pour les personnes demandant à immigrer.
La demande d’immigration actuelle de Shenkin doit expirer en octobre, après quoi il devra recommencer toutes les démarches administratives.
Une deuxième militante, une jeune femme juive américaine de 27 ans, tout aussi active au sein de groupes de « présence protectrice », a également reçu, dans un premier temps, la confirmation de sa demande d’alyah de la part de l’Agence juive. Elle a ensuite été informée que l’approbation avait été gelée et que sa demande était en cours d’examen par la PIBA. Elle a demandé que son nom ne soit pas cité dans cet article.
Le compagnon de cette femme était en contact avec un responsable de la PIBA décrit comme « haut placé ». Dans des messages échangés entre eux et consultés par Haaretz, ce responsable a expliqué au compagnon de la jeune femme que le retard dans sa procédure d’immigration était dû au fait que « nous ne laissons pas entrer dans le pays les militants qui agissent contre Israël ».
Shenkin et la femme ont tous deux assuré à Haaretz qu’ils n’avaient jamais été impliqués dans des actes de violence ou des activités illégales en Cisjordanie ou dans une autre partie du pays.
En réponse à cet article, la PIBA a déclaré que les demandes étaient toujours en cours d’examen et que les demandeurs seraient informés dès qu’une décision serait prise.
L’Agence juive a déclaré à Haaretz qu’elle ne pouvait pas évoquer de cas particuliers pour des raisons de confidentialité.
Bnei Avraham a qualifié la suspension de l’autorisation d’alyah de Shenkin de « dangereux précédent », ajoutant : « Le droit au retour ne peut pas être subordonné à la position politique d’un Juif, ni à la question de savoir de quel côté il se range. »
En août, The Forward avait rapporté qu’Israël avait révoqué les autorisations d’entrée de Juifs américains qui s’étaient portés volontaires en Cisjordanie pour protéger les Palestiniens contre les violences des résidents d’implantation.
Le journal avait interviewé sept Juifs américains dont les autorisations électroniques de voyage (ETA) avaient été révoquées au cours des deux dernières années en raison de leur participation à des actions de « présence protectrice ».
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.