Israël détruit 3 tours à Gaza-City alors que l’évacuation de la ville se poursuit

Un hôpital de Gaza annonce la mort d'une famille, dont 3 enfants, dans un raid aérien ; selon Tsahal, 300 000 personnes ont déjà quitté Gaza-City pour se diriger vers le sud

Des Palestiniens déplacés près de leurs tentes dans le camp de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 13 septembre 2025. (Crédit : Ali Hassan/Flash90)

Dimanche matin,  l’armée israélienne a annoncé avoir tué des dizaines de terroristes à Gaza au cours des dernières 24 heures, alors que les combats s’intensifiaient encore dans Gaza-City et que les Palestiniens continuaient de fuir face à la mise en oeuvre imminente des projets israéliens de prise de contrôle de la ville.

Dimanche, à Gaza-City, l’armée israélienne a frappé trois immeubles de grande hauteur après avoir émis des ordres d’évacuation distincts pour chacun d’entre eux. Il s’agissait notamment d’un bâtiment universitaire qui, selon Israël, était utilisé par le Hamas.

Par ailleurs, une nouvelle estimation de l’armée israélienne a révélé que plus de 300 000 Palestiniens auraient jusqu’à présent évacué Gaza-City pour se réfugier dans d’autres zones de l’enclave côtière.

Selon les hôpitaux de Gaza, les frappes israéliennes ont tué au moins 13 personnes dimanche. Les autorités contrôlées par le Hamas, qui ne font pas de distinction entre civils et hommes armés, ont rapporté samedi qu’au moins 47 personnes avaient trouvé la mort dans des frappes israéliennes à Gaza au cours des dernières 24 heures.

Tsahal a confirmé avoir mené dimanche des frappes aériennes contre trois tours de Gaza-City, après avoir envoyé des ordres d’évacuation aux civils palestiniens vivant à proximité.

Dimanche matin, ont raconté des habitants, la tour Kawthar, située dans le quartier de Tel al-Hawa, a été rasée environ une heure après un avertissement de l’armée israélienne. Aucune victime n’a été signalée. Selon l’armée, le Hamas avait installé du matériel de surveillance dans ce bâtiment afin de suivre les déplacements des soldats israéliens dans la zone et de préparer ses attaques.


Dans l’après-midi, les médias palestiniens ont relayé des images montrant une frappe contre la tour Mahna, également située à Tel al-Hawa, après un ordre d’évacuation lancé par l’armée israélienne. Peu après, Israël a détruit le bâtiment al-Munawwarah City, sur le campus de l’université islamique de Gaza.

Selon Tsahal, le Hamas avait placé du matériel de surveillance et installé des postes d’observation dans la tour Mahna et dans le bâtiment du campus de l’université islamique, pour surveiller les mouvements des soldats et préparer des attaques.

Des membres du Hamas « s’apprêtaient à lancer des attaques contre les soldats dans la zone où l’un des bâtiments a été touché », a fait savoir Tsahal.

Des Palestiniens regardent un bâtiment s’effondrer dans un épais nuage de fumée, lors d’une frappe israélienne dans le quartier de Tal el-Hawa à Gaza, le 14 septembre 2025. (Crédit : Omar AL-QATTAA / AFP)

Cinq jours après qu’Israël a ordonné l’évacuation de l’ensemble de Gaza-City en amont de l’offensive prévue dans cette zone, l’armée israélienne a annoncé que, selon les dernières estimations, plus de 300 000 Palestiniens avaient jusqu’à présent quitté la ville pour se réfugier dans d’autres zones de l’enclave côtière.

Des dizaines de milliers de personnes ont quitté la ville hier, fait savoir l’armée dimanche.

Le nombre de Palestiniens vivant à Gaza-City avant que Tsahal ne prépare une campagne majeure contre le Hamas dans la ville était estimé à environ un million. La semaine dernière, l’armée israélienne a ordonné l’évacuation immédiate de toute la ville avant le début de l’offensive prévue.

Les civils ont reçu l’ordre de se rendre dans une zone désignée comme humanitaire par Israël dans le sud de la bande de Gaza. Israël a affirmé son intention de prendre le contrôle de Gaza-City, qu’il qualifie de dernier bastion du Hamas, rappelant des dizaines de milliers de réservistes pour cette opération.

Des Palestiniens déplacés évacués vers le sud depuis Gaza-City se déplacent à pied et en voiture le long de la route côtière à Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 13 septembre 2025. (Crédit : Eyad BABA / AFP)

Le déplacement de centaines de milliers de personnes risque d’aggraver la crise humanitaire déjà dramatique dans l’enclave, ont averti l’ONU et les organisations humanitaires. Selon l’ONU, les sites du sud de l’enclave dans lesquels Israël demande aux Gazaouis de se rendre sont souvent surpeuplés. De plus, le déplacement peut s’avérer onéreux, et beaucoup sont dans l’incapacité de payer.

Les Gazaouis déplacés affirment avoir été empêchés d’installer des tentes

Dans le cadre de cette évacuation massive, des Gazaouis déplacés ont, dans au moins deux cas, affirmé avoir été empêchés d’installer leurs tentes dans une zone du sud de l’enclave côtière.

Une vidéo relayée sur les réseaux sociaux dimanche montrait un homme indiquant qu’on l’avait empêché de monter une tente sur un site se trouvant dans une zone au nord de Khan Younès, affirmant même qu’on lui avait tiré dessus lorsqu’il avait tenté de le faire.

Les images n’ont toutefois pas permis d’identifier clairement qui était à l’origine de l’agression présumée.

Abdallah, un habitant de Gaza-City, a raconté sous couvert d’anonymat au Times of Israel que son voisin , qui avait quitté la ville après avoir reçu l’ordre d’évacuation de l’armée israélienne, avait installé sa tente dans la même zone que celle montrée dans la vidéo.

Selon lui, ce sont les membres du Hamas qui ont empêché les résidents déplacés de monter leurs tentes, invoquant le fait que le terrain « appartient au gouvernement ».


Selon certains comptes sur les réseaux sociaux, ce sont des particuliers qui ont empêché les Gazaouis évacués de dresser leurs tentes.

Les frappes se poursuivent dans l’enclave

Dimanche, au moins 13 Palestiniens ont été tués et des dizaines d’autres blessés lors de multiples frappes israéliennes dans toute la bande de Gaza, selon les hôpitaux locaux.

Deux parents, leurs trois enfants et la tante des enfants ont perdu la vie lors d’une frappe, a rapporté l’hôpital Al-Aqsa. La famille était originaire de la ville de Beit Hanoun, dans le nord. Elle était arrivée à Deir al-Balah la semaine précédente, après avoir fui son refuge à Gaza-City.

L’armée israélienne n’a fait aucun commentaire sur ces frappes. Dimanche, elle a toutefois annoncé la mort de dizaines de terroristes lors de frappes aériennes à Gaza au cours des dernières 24 heures.

Des images diffusées par l’armée israélienne le 14 septembre 2025 montrent des frappes menées par le 282e régiment d’artillerie dans la bande de Gaza contre des membres du Hamas. (Crédit : Tsahal)

À Jabalia et en périphérie de Gaza-City, les soldats de la brigade d’infanterie Givati ont abattu plus de 10 membres du Hamas et démoli des infrastructures du groupe terroriste. Le 215e régiment d’artillerie a quant à lui tué d’autres membres du Hamas et détruit des dépôts d’armes.

En périphérie du quartier Cheikh Radwan de Gaza-City, les combattants de la 401e brigade blindée ont mené une frappe qui a tué un groupe d’au moins 10 membres du Hamas, qui avait été repéré dans la zone.

Au cours du week-end, dans le nord de Gaza, le 990e régiment d’artillerie de réserve a abattu d’autres combattants et neutralisé un poste de lancement de missiles antichars du Hamas utilisé lors d’une précédente attaque. Pour leur part, la brigade d’infanterie de réserve Yiftah et la brigade de la division Gaza nord ont détruit plusieurs bâtiments utilisés par le Hamas à des fins de surveillance.

Des soldats israéliens opèrent dans la bande de Gaza, sur une photo publiée le 14 septembre 2025. (Crédit : armée israélienne)

Dans le sud de Gaza, les réservistes de la brigade d’infanterie de réserve Etzioni ont détruit des équipements de surveillance du Hamas et tué plusieurs membres du groupe terroriste, a ajouté l’armée israélienne.

Tsahal révèle les noms de plusieurs responsables du Hamas tués le mois dernier

Plus de 20 terroristes du Hamas, dont plusieurs ayant participé au pogrom du 7 octobre 2023, ont été tués lors de frappes menées par le 282e régiment d’artillerie au cours du mois dernier, a déclaré l’armée israélienne dimanche.

Parmi les terroristes tués ayant participé à l’invasion d’Israël le 7 octobre 2023 figurait Yousef Jumaa, commandant d’une cellule qui avait pris pour cible le kibboutz Alumim, a fait savoir l’armée israélienne. Jumaa avait également conduit des attaques contre Israël et les soldats israéliens à Gaza pendant la guerre.

Tsahal a également cité les noms d’autres agents tués lors des frappes du régiment, notamment Samir Laqta, chef d’une cellule des forces Nukhba, Issa Abbas, commandant de compagnie dans le bataillon de Zeitoun du Hamas ainsi qu’Ismail, Ahmed et Mohammed Adwan, tous membres du bataillon de Beit Hanoun du Hamas.

La conduite d’eau desservant le sud de Gaza remise en service après des réparations

L’approvisionnement en eau du sud de la bande de Gaza via une conduite provenant d’Israël a repris, après des réparations effectuées par des organisations internationales, a fait savoir dimanche le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires.

La conduite d’eau de Bani Suheila, à proximité de Khan Younès, est l’une des trois reliant Israël à Gaza.


Le COGAT n’a donné aucune information sur la manière dont cette conduite avait été endommagée. Les conduites d’eau desservant Gaza ont fait l’objet de nombreuses réparations pendant la guerre.

Selon le COGAT, grâce à la remise en service de la conduite, environ 14 000 mètres cubes d’eau pourront être acheminés quotidiennement vers Deir al-Balah, Khan Younès et la région côtière de Mawasi.

Des Palestiniens déplacés près de leurs tentes dans le camp de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 13 septembre 2025. (Crédit : Ali Hassan/Flash90)

Les autorités du Hamas font état de deux décès liés à la malnutrition

Dimanche, le ministère de la Santé contrôlé par le Hamas a déclaré que deux adultes palestiniens étaient décédés dans la bande de Gaza en raison de la malnutrition et de la famine au cours des dernières 24 heures.

Ces deux morts portent à 422 le nombre de décès, incluant 145 enfants, liés à la malnutrition recensés par le ministère depuis le début de la guerre.

Israël dément l’existence d’une famine à Gaza, affirmant que les mesures prises en juillet pour faciliter l’entrée et la distribution de l’aide humanitaire ont permis de faire baisser les prix des denrées alimentaires sur les marchés de Gaza. Les prix ont en effet explosé pendant les deux mois, de mars à mai, qu’a duré le blocus israélien sur toute l’aide humanitaire, un blocus qu’Israël explique avoir imposé pour faire pression sur le Hamas afin qu’il libère les otages.

read more: