Israël, la Géorgie et les communautés juives respectives
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L'ambassadeur de Géorgie en Israël Lasha Zhvania dans son bureau, en mai 2021. (Autorisation)
L'ambassadeur de Géorgie en Israël Lasha Zhvania dans son bureau, en mai 2021. (Autorisation)
Interview

Israël, la Géorgie et les communautés juives respectives

À l’occasion du 30e anniversaire de l’indépendance de son pays, Lasha Zhvania affirme que les Géorgiens n’ont jamais renoncé à revendiquer des sites clés de Jérusalem

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

« Le patrimoine culturel géorgien en Terre sainte est en danger », a averti l’ambassadeur de la Géorgie en Israël, Lasha Zhvania.

L’idée que la Géorgie, un petit pays peu peuplé, situé dans les montagnes du Caucase entre les puissants voisins, que sont la Russie et la Turquie, ait une histoire significative en Israël peut en surprendre certains. Jérusalem est célèbre pour ses sanctuaires catholiques, orthodoxes grecs et arméniens, et aujourd’hui, on ne trouve pas une seule église géorgienne dans tout Israël.

Mais pendant des centaines d’années, les Géorgiens ont été une force omniprésente, voire dominante, parmi les chrétiens de Terre Sainte. Les moines et les princes géorgiens ont construit des dizaines d’églises et détenaient certains des sites les plus sacrés du christianisme.

À mesure que le pouvoir politique de la Géorgie s’est affaibli, son emprise sur les sanctuaires de Terre Sainte, s’est relâchée et, à l’époque ottomane, tous ses monastères et églises étaient aux mains de communautés plus puissantes. Les inscriptions et les fresques géorgiennes anciennes ont été négligées et même vandalisées, un processus qui s’est poursuivi jusqu’à l’époque moderne.

S’adressant au Times of Israël pour marquer le trentième anniversaire de l’indépendance de la Géorgie le 26 mai, Zhvania a souligné le long héritage de la Géorgie en Israël et en particulier à Jérusalem. Bien que cet héritage ait été occulté au fil des siècles, par des églises rivales et des États plus puissants, il reste optimiste et pense que les revendications géorgiennes seront un jour reconnues.

« Il y a une sorte de poussière sur cette histoire. Mais cette poussière peut être enlevée très facilement. »

Le monastère de la croix (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Quarante églises perdues

Les Géorgiens et les Juifs sont entrés en contact étroit il y a des milliers d’années.

Selon la tradition géorgienne, les premiers Juifs ont migré vers la région du Caucase à la suite de la destruction du Premier temple de Jérusalem par les Babyloniens en 586 avant l’ère commune. Des sources écrites géorgiennes font état de vagues ultérieures de Juifs de Judée vers la Géorgie, toutes deux tombées sous la domination romaine, au cours des premiers siècles avant et après l’ère commune.

Les Juifs de la ville géorgienne de Mtshketa, auraient apporté en Géorgie (une des versions de) la robe sans couture, que Jésus portait lors de sa crucifixion, où elle se trouve aujourd’hui dans la vénérable cathédrale de Svetitskhoveli.

Une fois le christianisme implanté dans la région, les Géorgiens ont pris la direction opposée.

L’icône de Saint-Nino à la cathédrale Svetitskhoveli, à Mtskheta, en Géorgie (Crédit : Kober, domaine public)

La tradition géorgienne fait remonter la conversion au christianisme, de l’ancien royaume géorgien de Kartli au 4e siècle. Une femme originaire de Cappadoce, nommée Nino – qui, selon certains, venait de Jérusalem – a commencé à prêcher dans le royaume vers l’an 320. Après avoir initialement persécuté les chrétiens, y compris sa femme, le roi païen Mirian III a été témoin d’un miracle, puis s’est converti, déclarant le christianisme religion officielle de l’État.

La Géorgie est la deuxième nation à se convertir au christianisme après l’Arménie, et les Géorgiens s’intéressent de près à la Terre Sainte.

Au Ve siècle, un prince géorgien connu sous le nom de Murvan s’est embarqué dans un pèlerinage à Jérusalem. Après s’être fait moine et avoir changé son nom en Pierre l’Ibère, il a fondé des monastères à Bethléem et sur la côte de Gaza. Il est enterré à Yavneh-Yam, sur la côte méditerranéenne d’Israël.

Au fil des siècles, la présence géorgienne en Palestine s’est étendue, les souverains, les nobles et les moines, établissant des monastères autour de Jérusalem et dans le désert de Judée. La Terre sainte est devenue le berceau de la civilisation géorgienne. Les plus anciennes inscriptions en caractères géorgiens ont été découvertes à Bir el Qutt, dans le désert de Judée, près de Jérusalem. La première utilisation de l’ethnonyme « géorgien » a également été trouvée en Palestine, plusieurs siècles avant les exemples trouvés en Géorgie même.

Le cœur de la présence géorgienne à Jérusalem était le monastère de la Croix, qui se trouve aujourd’hui dans la vallée située sous le Musée d’Israël et la Knesset. Selon la tradition géorgienne, le roi Mirian a acheté le terrain au IVe siècle et un souverain du Ve siècle a fondé le premier monastère sur le site (bien que les Grecs orthodoxes affirment qu’il a été fondé par leur église).

La fresque de Shota Rustaveli dans le monastère de la Croix à Jérusalem (Autorisation)

La légende du site remonte aux débuts de l’humanité, dans les récits bibliques. La tête d’Adam y serait enterrée dans une grotte. Les pèlerins géorgiens racontent que Lot, le neveu d’Abraham, a planté trois arbres sur le site – un cyprès, un cèdre et un pin – qui ont miraculeusement poussé en un seul arbre. Le roi Salomon l’a abattu pour l’utiliser dans la construction du Temple, et la croix sur laquelle Jésus a été crucifié a été fabriquée à partir du même arbre.

Selon des sources écrites, le monastère actuel, qui ressemble à une forteresse, a été construit par un moine géorgien du nom de Prochore au 11e siècle, après que la structure précédente eut été détruite lors de la conquête arabe de la Palestine. Le plus grand poète de la Géorgie, Shota Rustaveli, aurait été enterré dans le monastère.

Le monastère a été le premier lieu saint de Jérusalem aux mains des Géorgiens. Avec le temps, les Géorgiens ont détenu plus de 40 églises et monastères en Terre sainte – dont dix dans la Vieille Ville de Jérusalem – accueillant pèlerins et moines. L’Église orthodoxe géorgienne était si importante qu’elle était en possession du tombeau du Christ dans l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem aux 14e et 16e siècles.

La présence d’églises en Terre sainte était souvent le reflet de la politique de puissance de l’Europe et du Moyen-Orient, et l’emprise de la Géorgie sur les sites chrétiens a diminué au fur et à mesure de sa fortune politique. Avec la chute de la ville byzantine de Constantinople aux mains des Ottomans en 1453, les Géorgiens se sont retrouvés sans leur protecteur et ont été conquis par les Ottomans et les Perses musulmans. En Terre Sainte, les églises latine, grecque et arménienne, plus puissantes et peut-être mieux connectées, arrachent aux Géorgiens le contrôle des sites. Ceux-ci, lourdement endettés, vendirent le monastère de la Croix au patriarcat grec orthodoxe en 1685 et, à la fin du 17e siècle, les Géorgiens avaient définitivement perdu leur présence au Saint-Sépulcre.

L’Edicule du Tombeau de Jésus-Christ, où son corps aurait reposé,dans l’église du Saint-Sépulcre de la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 mars 2017. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)

L’annexion de la Géorgie orientale par l’Empire russe en 1801 et la soumission de l’Église géorgienne au régime orthodoxe russe ont entraîné le déclin définitif de la présence géorgienne en Terre Sainte.

Le statut du monastère de la Croix, et la protection du passé de la Géorgie, en Israël, continuent de figurer parmi les questions les plus pressantes pour le clergé et les diplomates géorgiens en Israël, y compris pour l’envoyé actuel.

En 1987, le patriarche géorgien a envoyé une lettre au patriarcat orthodoxe de Jérusalem pour demander que le monastère soit restitué à l’Église géorgienne. À ce jour, il n’y a pas eu de réponse à cette demande.

« Aussi longtemps que le cœur d’un Géorgien battra », a déclaré Zhvania, « ce cœur en Terre Sainte revendiquera le monastère géorgien de la Sainte-Croix aux Géorgiens ».

Cette revendication inclut les 50 hectares de terrain qui appartenaient au monastère, sur lesquels se trouvent aujourd’hui la Knesset, le musée d’Israël et le quartier huppé de Rehavia.

Fresques de Moïse et du roi David au monastère de la Croix à Jérusalem. (Autorisation)

« Nous essayons de conserver notre patrimoine culturel, qui a été gravement endommagé au cours des dernières décennies », a déclaré Shvania. Mais aucune mesure pratique n’a été prise au-delà de la revendication elle-même.

D’anciennes inscriptions géorgiennes en Israël ont été perdues ou défigurées. À l’intérieur du monastère de la Croix, les inscriptions géorgiennes ont été remplacées par des inscriptions grecques.

Le cas récent de vandalisme le plus spectaculaire et le plus dévastateur contre le patrimoine géorgien, en Israël, s’est produit en 2004, avant une visite du président géorgien Mikhail Saakashvili. Un vandale inconnu a dégradé une fresque de Rustaveli – la seule représentation médiévale existante du barde géorgien – à l’intérieur du monastère de la Sainte-Croix.

Dans le même temps, a déclaré le diplomate géorgien, le Patriarcat et les autorités israéliennes ont amélioré leur protection des sites culturels et des œuvres d’art géorgiens.

« Il ne s’agit pas seulement des Géorgiens », a-t-il souligné. « Il appartient à la Terre sainte, il appartient à Jérusalem ».

Aujourd’hui, selon l’ambassade de la Géorgie, il y a environ 17 000 chrétiens géorgiens en Israël, principalement des travailleurs étrangers ou des conjoints de Juifs. Mais ils n’ont pas la possibilité de pratiquer leur culte en langue géorgienne, car il n’existe actuellement aucune église géorgienne en Israël.

Lorsque le moment sera venu, dit Zhvania, cela changera.

De la bonne nourriture et très bon marché

Située au carrefour de l’Asie occidentale et de l’Europe orientale, et bordée par la mer Noire, la Russie, la Turquie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, la Géorgie attire les touristes israéliens depuis des années.

De gauche à droite, Liad Shemesh, un touriste israélien, à l’extérieur de la Grande Synagogue de Tbilissi avec son épouse, Einat, Adi Amram et Ortal Panehla le 20 août, 2015. (Crédit : Cnaan Liphshiz / JTA)

Quelques 60 000 Israéliens, se rendent chaque année en Géorgie, selon le ministère israélien du Tourisme, depuis qu’ils ont commencé à chercher des alternatives régionales à la Turquie après la dégradation des liens entre Jérusalem et Ankara au cours de la dernière décennie. La plupart des Israéliens sont des voyageurs religieux à la recherche de randonnées en montagne et d’aliments casher.

Maintenant qu’Israël sort des restrictions imposées par le Covid-19, ils se rendent à nouveau en Géorgie. Plus de 12 000 touristes israéliens ont visité le pays en avril, a déclaré M. Zhvania, et ce nombre a encore augmenté en mai.

« Les Israéliens se retrouvent chez eux », a-t-il dit, « et profitent de la nature, des visites, du patrimoine culturel, y compris le patrimoine culturel juif. La nourriture est bonne et très bon marché. »

Une partie de l’architecture de Tbilissi, cachée dans les rues secondaires de la ville. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

En 2008, lorsque Zhvania a quitté son premier poste d’ambassadeur en Israël, il y avait un vol quotidien entre les deux pays. « Maintenant, vous avez trois ou quatre vols », a-t-il déclaré.

Les pèlerins géorgiens se rendaient régulièrement en Israël avant la pandémie de coronavirus. « Nous sommes très dévoués à la Terre sainte au fil des siècles, donc un attachement particulier est toujours conservé dans la communauté géorgienne », a déclaré Zhvania.

Les premiers refuzniks

Les Juifs géorgiens ont commencé à s’installer en Palestine au milieu du 19e siècle, principalement près de la porte de Damas à Jérusalem. Selon un recensement effectué en 1915, plus de 6 % des Juifs de Jérusalem et près d’un quart des Juifs de la Vieille Ville étaient géorgiens. Ils ont été contraints de fuir définitivement leurs foyers lors des émeutes arabes de 1929 en Palestine.

Des décennies plus tard, les Juifs géorgiens d’Union soviétique ont suscité une solidarité internationale avec le mouvement des refuzniks qui poussaient les autorités à autoriser l’émigration juive. Le 10 novembre 1969, 18 chefs de familles juives géorgiennes ont fait passer clandestinement une lettre à la Première ministre israélien Golda Meir par l’ambassade des Pays-Bas à Moscou, demandant aux Soviétiques de leur permettre de se rendre en Israël.

Cette lettre éloquente, lue à haute voix à l’ONU par l’ambassadeur d’Israël Joseph Tekoa, a émis une onde de choc dans le monde juif et chez les Juifs soviétiques.

Des femmes refuseniks et leurs enfants, Moscou, Ovrazhki, 1979. (Avec l’aimable autorisation de Remember & Save)

« Nous attendrons des mois et des années », disait la lettre. « Si nécessaire, nous attendrons toute notre vie, mais nous ne renoncerons pas à notre foi et à notre espoir. Nous croyons : nos prières sont parvenues à Dieu. Notre appel atteindra les gens. Car ce que nous demandons est peu de chose : aller sur la terre de nos ancêtres. »

À partir de ce moment-là – la première fois que la question de l’émigration des Juifs soviétiques a été soulevée aux Nations unies – Israël a commencé à soutenir ouvertement la cause.

Aujourd’hui, la communauté juive de Géorgie est petite, il ne reste que quelques milliers de Juifs, mais ils disent se sentir pleinement intégrés dans la société géorgienne et ne pas être victimes d’antisémitisme.

La Grande synagogue géorgienne, construite dans les années 1800, et utilisée jusqu’à aujourd’hui par la communauté juive de Tbilissi (Crédit : Kober/domaine public/ Wikimedia Commons)

« J’ai toujours été accueillie en tant que juive en Géorgie », a déclaré Lika Lia Abgarova, 25 ans, étudiante en maîtrise à l’Université hébraïque de Jérusalem, qui a quitté Tbilissi quand elle avait 12 ans. « Mes amis et mes voisins ont toujours respecté ma religion, mes traditions et ma nationalité. Quand je suis devenue israélienne, c’est devenu encore plus intéressant parce que les Géorgiens voient en Israël un modèle à suivre, en médecine, en technologie et en développement communautaire. On me posait toujours des questions sur la vie en Israël, sur les défis et l’expérience qu’elle représente. »

Les Israélo-Géorgiens entretiennent des liens étroits avec leur pays de naissance. « Ce sont de très grands patriotes de la Géorgie », dit Zhvania. « Ils se soucient de la Géorgie ».

Des milliers d’entre eux ont réussi à obtenir la citoyenneté géorgienne et ils sont nombreux à avoir acheté des propriétés en Géorgie.

« Mon identité est très israélienne », a noté Abgarova, « dans la façon de penser, la mentalité et le comportement. Mais ceci étant dit, je me souviens toujours du fondement de l’éducation que j’ai reçue à la maison, des éléments de la culture géorgienne tels que la langue, les priorités, les chansons, la cuisine et les coutumes. Chaque vendredi soir, à côté du kiddouch, nous avons aussi une série de discours traditionnels géorgiens. »

Mikhail Mirilashvili. (Avec l’aimable autorisation de l’EAJC)

Les membres de cette communauté ont laissé leur empreinte en Israël. Mikhail Mirilashvili, né en Géorgie, contrôle un vaste empire commercial, qui comprend des casinos, des hôtels, du pétrole, des biens immobiliers et le plus grand réseau social de Russie. Récemment, sa société Watergen, qui produit de l’eau potable à partir de l’air, a signé un partenariat stratégique avec le groupe agricole émirati Al Dahra pour exporter la technologie israélienne vers les Émirats arabes unis et d’autres pays de la région.

Dans le même temps, d’importantes sommes d’argent gagnées par des Israéliens dans le secteur frauduleux des options binaires seraient virées à des banques en Géorgie.

Liens de défense

Israël et la Géorgie ont établi des liens diplomatiques peu après que cette dernière a déclaré son indépendance face à l’ancienne Union soviétique en 1991.

Israël a soutenu Tbilissi lors de sa guerre de 2008, avec la Russie et les troupes soutenues par celle-ci sur les territoires de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, affirmant reconnaître « l’intégrité territoriale de la Géorgie ». La Géorgie a utilisé le système de défense aérienne israélien Spyder pendant le conflit, abattant plus d’une douzaine d’hélicoptères et d’avions, a déclaré M. Zhvania.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman et son homologue géorgien Levan Izoria attend à Tbilisi, en Géorgie, le 12 septembre 2018. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Au fil des ans, Israël a vendu un certain nombre de systèmes d’armes à la nation d’Europe de l’Est et a formé des membres des forces armées géorgiennes. En 2018, les deux pays ont signé des accords de coopération en matière de contre-terrorisme et de cybersécurité. « Sur la question de la coopération en matière de défense, nous avons défini quatre objectifs principaux : la cyber-sécurité, l’aide à la mise en place d’un système de réserves militaires, la lutte contre le terrorisme et la défense de la patrie », avait déclaré Avigdor Liberman, alors ministre de la Défense.

La même année, la société de défense israélienne Elbit Systems a ouvert une usine à Tbilissi, qui emploie des centaines de travailleurs, produisant des pièces d’avion pour l’aviation civile.

Israël a également modernisé les chars et les drones de la Géorgie.

Avec son imposant voisin russe au nord, la Géorgie persiste dans sa politique pro-occidentale. Des milliers de soldats géorgiens ont servi en Irak et en Afghanistan, soutenant les missions menées par les États-Unis dans ces pays, et des centaines d’entre eux restent en Afghanistan.

Le président américain Joe Biden s’exprime au sujet d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, dans le Cross Hall de la Maison Blanche, le 20 mai 2021, à Washington. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

Le président américain Joe Biden est considéré comme un partisan fiable et avisé de la Géorgie. Il s’est rendu à Tbilissi au début de son mandat de vice-président, promettant le soutien continu de Washington et appelant la Russie à se retirer des territoires géorgiens qu’elle continue d’occuper.

« Biden était l’un de nos plus grands soutiens, a déclaré M. Zhvania, et il l’est toujours. Il sait exactement ce qu’est la Géorgie pour les États-Unis, il sait exactement ce que les États-Unis représentent pour la Géorgie. »

Lors de l’opération « Gardien des murs » en mai, de hauts responsables géorgiens ont largement exprimé leur solidarité avec Israël et ont décrié les tirs de roquettes du groupe terroriste palestinien du Hamas.

« La Géorgie condamne fermement la violence et les attaques à la roquette dirigées contre des civils sur le territoire israélien », avait tweeté le Premier ministre Irakli Garibashvili. « Nos condoléances aux familles des victimes et un prompt rétablissement aux blessés ».

Dans une allocution sur le conflit, le patriarche géorgien Ilia II a prié pour la paix sans rejeter la faute sur Israël. « Les hostilités en cours en Terre sainte sont une grande épreuve pour les habitants et pour toute la région, mais c’est aussi une profonde tristesse pour des millions de personnes, y compris certainement en Géorgie, car nos vies spirituelles étaient et sont significativement liées à Jérusalem et à la Terre sainte. »

Des racines juives inaliénables

Zhvania est né d’une mère juive et d’un père chrétien et parle couramment hébreu. Il s’est rendu en Israël pour la première fois en 1988. Sa mère a prié pour qu’il puisse un jour étudier en Israël, et aujourd’hui, dans le cadre de son deuxième mandat d’ambassadeur de Géorgie en Israël, il estime que ces prières ont été exaucées.

Il a souligné qu’il croyait profondément en la société israélienne et en sa capacité à surmonter les conflits ouverts qui ont éclaté en mai, alors qu’Israël et le Hamas se sont affrontés pendant 11 jours. « Ce que nous devons vraiment faire et comment nous devons élever nos enfants, c’est leur faire comprendre qu’ils doivent se soucier de cette ville et de ce pays, qui offre vraiment une possibilité fantastique de se développer et de s’intégrer dans le monde entier. »

Zhvania a déclaré que, son lien avec Israël, est profond, et fait partie intégrante de son identité.

« Je suis géorgien, complètement géorgien, avec des racines juives inaliénables ».

« Mon cœur bat exactement de la même manière lorsque l’avion arrive à Tbilissi ou à Ben Gurion », a-t-il déclaré. « C’est le même sentiment. »

Le président Reuven Rivlin (à gauche) salue l’ambassadeur géorgien Lasha Zhvania. (Autorisation)

Les Israéliens aux racines géorgiennes ont exprimé des sentiments similaires, notamment à l’occasion du 30e anniversaire de l’indépendance de la Géorgie.

« Je suis très heureux de célébrer l’indépendance de la Géorgie », déclarait Abgarova. « Je suis donc heureuse de voir que maintenant la Géorgie et son peuple sont indépendants sur leur terre ».

« Mon identité n’est jamais complète s’il n’y a pas les deux cultures, israélienne et géorgienne. »

Jessica Steinberg a contribué à cet article.

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