Jérusalem: manifestation pour protester contre l’arrestation de 3 déserteurs haredim

Le chef de la police a ordonné une enquête sur les violences commises à l'encontre des manifestants ; les policiers les auraient frappé et piétiné

Des manifestants haredim protestant contre les efforts visant à enrôler les étudiants en yeshiva dans l'armée israélienne à l'entrée de Jérusalem, le 23 juillet 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)
Des manifestants haredim protestant contre les efforts visant à enrôler les étudiants en yeshiva dans l'armée israélienne à l'entrée de Jérusalem, le 23 juillet 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)
Des manifestants haredim protestant contre les efforts visant à enrôler les étudiants en yeshiva dans l'armée israélienne, à l'entrée de Jérusalem, le 23 juillet 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)
La police lors d'une manifestation contre la conscription obligatoire dans l'armée israélienne des ultra-orthodoxes, à Jérusalem, le 23 juillet 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)
Des Juifs ultra-orthodoxes bloquant une route lors d'une manifestation contre la conscription obligatoire dans l'armée israélienne des ultra-orthodoxes, à Jérusalem, le 23 juillet 2025. (Crédit : Leo Correa/AP)
Un manifestant haredi brandissant une pancarte sur laquelle on peut lire : « Bandits, arrêtez d'enlever les jeunes hommes d'Israël ! » lors d'une manifestation contre la conscription obligatoire dans l'armée israélienne des ultra-orthodoxes, à Jérusalem, le 23 juillet 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Les voitures et les bus publics ont été complètement bloqués à l’entrée de Jérusalem mercredi soir, alors que des centaines de manifestants ultra-orthodoxes – haredim – bloquaient les routes dans tout le pays pour protester contre l’arrestation, la veille, de conscrits ultra-orthodoxes qui avaient refusé de faire leur service militaire.

Ces manifestations étaient organisées par la « faction de Jérusalem », un groupe haredi radical qui s’oppose farouchement à la conscription des étudiants en yeshiva. Les manifestants ont bloqué l’accès à la capitale pendant plus de deux heures.

Des manifestations similaires ont également perturbé la circulation sur la Route 4 près de Bnei Brak, au carrefour de Shilat près de Modiin, ainsi qu’à Beit Shemesh et à Petah Tikva.

Sous le Pont de Cordes, à Jérusalem, les manifestants, en grande majorité des hommes ultra-orthodoxes, scandaient le slogan populaire « Nous mourrons plutôt que de nous enrôler » et brandissaient des pancartes contre la conscription militaire.

Des adolescents souriants étaient assis au milieu de la rue, brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Je préfère aller fièrement en prison plutôt que dans l’armée. »

Un homme barbu, debout sur le trottoir, tenait une pancarte qu’il avait fabriquée lui-même : « Bandits, arrêtez d’enlever les jeunes hommes d’Israël ! »

Des manifestants haredim protestant contre les efforts visant à enrôler les étudiants en yeshiva dans l’armée israélienne, à l’entrée de Jérusalem, le 23 juillet 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Cette manifestation nationale a été déclenchée par l’arrestation, mardi matin, de trois haredim qui avaient refusé de se présenter à la conscription.

Les trois hommes ont été arrêtés alors qu’ils manifestaient contre un projet de construction à Yehud, qui serait prévu sur des vestiges archéologiques correspondant à un ancien cimetière juif. Ils ont été transférés à la police militaire pour être interrogés, car les forces de l’ordre ont déterminé qu’ils s’étaient soustraits à la conscription.

Au cours des protestations de mercredi, la police a d’abord tenté de reprendre le contrôle de la manifestation à Jérusalem par la force. Certains policiers ont été filmés en train de frapper, d’asséner des coups de pied et même de piétiner des manifestants assis sur la route sous le Pont des Cordes.

Le chef de la police Danny Levy a ensuite ordonné aux forces de l’ordre d’enquêter sur les violences perpétrées à l’encontre des manifestants.

Selon un communiqué des forces de l’ordre, certains manifestants ont également malmené la police, qui affirme que les agents ont été accueillis avec violence lorsqu’ils ont déclaré la manifestation illégale. Les manifestants auraient jeté des bouteilles d’eau sur les policiers et refusé d’obtempérer.

Un manifestant a déclaré au Times of Israel que la manifestation avait été déclenchée par les arrestations de mardi, mais qu’elle visait également à « démontrer le pouvoir » face aux appels croissants en faveur de l’enrôlement des ultra-orthodoxes dans l’armée.

Aucune arrestation n’a été signalée à Jérusalem. La police n’a pas répondu à une demande de commentaire concernant le nombre total d’arrestations.

La police a finalement renoncé à disperser la foule indisciplinée. Les agents se sont regroupés près d’un rond-point tandis que les manifestants ont régné en maîtres pendant environ une heure. Certains adolescents ont grimpé sur un panneau de signalisation, tandis que d’autres se sont disputés avec des passants et les ont insultés.

La police lors d’une manifestation contre la conscription obligatoire dans l’armée israélienne des ultra-orthodoxes, à Jérusalem, le 23 juillet 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Une femme orthodoxe qui passait près d’un groupe de manifestants a crié « Honte à vous ! ». Un manifestant âgé lui a répondu en la traitant de « shiksa », un terme péjoratif désignant une femme non juive.

À un moment donné, une voiture a fait irruption dans la foule, et les manifestants se sont rapidement rassemblés autour du véhicule et ont frappé sur son pare-brise.

Le conducteur était un chauffeur de bus arabe qui faisait partie des automobilistes sortis de leur véhicule en raison des embouteillages. Il a déclaré qu’il essayait d’aider la propriétaire de la voiture, une femme juive assise sur le siège passager, à se frayer un chemin.

Les manifestants ont arrêté la voiture et ont suivi le conducteur lorsqu’il en est sorti. Ils l’ont accusé d’avoir tenté de commettre une attaque à la voiture-bélier, l’ont traité de « terroriste » et lui ont dit de « retourner à Gaza ». La police a séparé le chauffeur de bus des manifestants.

Des manifestants haredim opposés à la conscription encerclant un chauffeur de bus arabe, l’accusant d’avoir tenté de foncer sur eux, à Jérusalem, le 23 juillet 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Peu après 19 heures, la faction de Jérusalem a déclaré la fin des manifestations dans la capitale et ailleurs, mais quelques irréductibles ont continué à tenter de bloquer la circulation, repoussés par les agents de la police des frontières.

La manifestation s’est finalement dispersée.

Le chef du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah, Yitzhak Goldknopf, a fait part au ministre de la Défense Israel Katz de son « choc » après avoir appris l’arrestation des trois déserteurs.

Il a appelé Katz à œuvrer pour leur libération. « Je vous demande de travailler avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour mettre fin à cette saga douloureuse et inutile que nous vivons, et de respecter rapidement votre engagement à réglementer par voie législative le statut des érudits de la Torah », a-t-il déclaré, selon le journal Haaretz.

Le chef du parti Yahadout HaTorah, Yitzchak Goldknopf, assistant à une réunion de faction de la Knesset, le 19 mai 2025. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

Goldknopf faisait référence aux efforts déployés par les partis haredim pour faire adopter une loi consacrant des exemptions générales au service militaire obligatoire pour les hommes ultra-orthodoxes. Les deux partis haredim, Shas et Yahadout HaTorah, ont quitté le gouvernement ce mois-ci en raison du refus du député Yuli Edelstein, qui présidait jusqu’à récemment l’influente commission des Affaires étrangères et de la Défense, de faire avancer le projet de loi d’exemption.

Edelstein a été évincé de son poste mercredi par Netanyahu et ses collègues du Likud, dans ce qui a été largement considéré comme une tentative de réparer les relations du Premier ministre avec les partis ultra-orthodoxes après leur départ du gouvernement.

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