John Hurley : Malgré les sanctions, l’Iran a versé environ 1 Md de $ au Hezbollah
Selon le sous-secrétaire au terrorisme et au renseignement financier, Washington veut réduire le financement de Téhéran au groupe terroriste pour que 'les Libanais puissent retrouver son pays'
Istanbul — Les États-Unis cherchent à tirer parti d’un « tournant » au Liban qui leur permettrait de réduire le financement iranien du Hezbollah et de faire pression sur le groupe terroriste chiite libanais pour qu’il dépose les armes, a déclaré John Hurley, le responsable des sanctions du département du Trésor américain.
Dans une interview accordée vendredi soir, Hurley, sous-secrétaire chargé du terrorisme et du renseignement financier, a déclaré que la République islamique d’Iran était parvenu à verser environ 1 milliard de dollars au groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah cette année, malgré une série de sanctions occidentales qui ont mis à mal son économie.
Les États-Unis ont adopté une campagne de « pression maximale » à l’encontre de Téhéran afin de freiner son enrichissement d’uranium et son influence régionale, notamment au Liban, où le Hezbollah, soutenu par la République islamique d’Iran, est également affaibli après qu’Israël a réduit sa puissance armée lors de la guerre qui l’a opposé à ce pays l’an dernier.
À la fin de la semaine dernière, Washington a sanctionné deux personnes accusées d’avoir utilisé des bureaux de change pour aider à financer le groupe terroriste chiite libanais.
« Le Liban est actuellement à un tournant décisif. Si nous parvenions à désarmer le Hezbollah, le peuple libanais pourrait retrouver son pays », a déclaré Hurley.
« La clé pour y parvenir est de chasser l’influence et le contrôle iraniens, qui commencent par tout l’argent qu’ils injectent dans le Hezbollah », a-t-il expliqué à Reuters à Istanbul, dans le cadre d’une tournée en Turquie, au Liban, aux Émirats arabes unis et en Israël visant à accroître la pression sur la République islamique d’Iran.
Depuis septembre, date à laquelle les négociations visant à limiter ses activités nucléaires et son programme de missiles ont échoué, entraînant le rétablissement des sanctions des Nations unies, Téhéran s’est rapproché de la Chine, de la Russie et des États de la région, notamment des Émirats arabes unis.
Les puissances occidentales accusent Téhéran de développer secrètement des capacités nucléaires militaires, d’avoir enrichi de l’uranium à des niveaux sans aucune application pacifique, d’avoir empêché les inspecteurs internationaux de contrôler ses installations nucléaires et d’avoir renforcé ses capacités en matière de missiles balistiques. Autant d’actions qui ont conduit Israël à lancer l’Opération « Rising Lion » en Iran, qui a déclenché une guerre de douze jours au mois de juin.
Téhéran, dont l’économie risque aujourd’hui l’hyperinflation et une grave récession, affirme que son programme nucléaire est exclusivement destiné à des fins civiles.
Parallèlement, Israël affirme que le Hezbollah tente de reconstruire ses capacités et mène des frappes aériennes à un rythme manifestement croissant contre ce qu’il qualifie de sites et de terroristes du Hezbollah.
Le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer tous les groupes non étatiques, y compris le Hezbollah, fondé en 1982 par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien. Le Hezbollah, qui a pris la tête de « l’Axe de la résistance » soutenu par Téhéran, a commencé à tirer sur Israël le 8 octobre 2023, soit le lendemain du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Si le Hezbollah, qui est également une force politique à Beyrouth, n’a vraisemblablement pas empêché les troupes libanaises de confisquer ses caches d’armes dans le sud du pays, il a refusé de se désarmer complètement.
Lors de son premier voyage au Moyen-Orient depuis son entrée en fonction sous l’administration du président américain Donald Trump, Hurley a insisté sur la nécessité de poursuivre l’Iran lors de réunions avec des responsables gouvernementaux, des banquiers et des dirigeants du secteur privé.
« Même avec tout ce que l’Iran a traversé, même si l’économie n’est pas au mieux, ils continuent à injecter beaucoup d’argent dans leurs mandataires terroristes », a-t-il déclaré.
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