Joie et craintes à la Liste arabe unie après les sondages de sortie des urnes
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Joie et craintes à la Liste arabe unie après les sondages de sortie des urnes

Selon les projections, les partis arabes pourraient remporter quinze sièges grâce à la forte participation, mais le Likud reste susceptible de former une coalition

Ayman Odeh, au centre, leader du parti Hadash qui fait partie de la Liste arabe unie, lors d'un discours avec les autres dirigeants de l'alliance au siège électoral de l'union à Shefa-Amr, le 2 mars 2020 (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)
Ayman Odeh, au centre, leader du parti Hadash qui fait partie de la Liste arabe unie, lors d'un discours avec les autres dirigeants de l'alliance au siège électoral de l'union à Shefa-Amr, le 2 mars 2020 (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Les leaders de la Liste arabe unie, alliance des quatre plus grands partis à majorité arabe, ont salué avec joie, lundi soir, les résultats des sondages de sortie des urnes qui leur ont prédit une représentation renforcée à la Knesset.

Mais plusieurs responsables de l’alliance ont également fait part de leur inquiétude concernant la possibilité de la formation d’une coalition de droite à l’issue du décompte final des votes.

Les sondages de sortie des urnes prévoient un nombre record de sièges pour la Liste arabe unie, qui passerait de 13 actuellement à 14 ou 15 mandats. Mais ils en prédisent également 36 à 37 pour le Likud, ce qui le laisse, avec ses partenaires de droite, à seulement un siège ou deux de la formation d’une coalition majoritaire.

« Le taux de participation de notre public, cette fois-ci, a été le plus élevé depuis 1999 », a déclaré le chef de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, s’exprimant devant environ 200 partisans.

« Le nombre de sièges que nous avons obtenus est le plus élevé depuis les premières élections législatives de l’histoire – ce qui représente une réussite majeure », a-t-il continué.

Aaed Kayal, conseiller stratégique de la campagne de la Liste arabe unie, a fait savoir que 65 % à 66 % des Arabes éligibles ont déposé un bulletin dans l’urne.

Ahmed Tibi, leader du parti Taal, qui appartient à la Liste arabe unie, devant les journalistes au siège électoral de l’alliance à Shefa-Amr, dans le nord d’Israël, après la fermeture des bureaux de vote, le 2 mars 2020 (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Ahmad Tibi, le numéro trois de la Liste, a expliqué que les sondages de sortie des urnes lui avaient donné un « sentiment complexe ».

« Ces résultats sont un succès majeur pour la Liste arabe unie qui a remporté le plus grand succès électoral depuis des décennies », a commenté le député devant ses partisans.

« Mais nous apprenons également la réussite du bloc de droite, du Likud et de Benjamin Netanyahu, ce qui est inquiétant parce que s’ils obtiennent un autre siège cette nuit ou grâce aux soldats, alors nous avancerons vers un avenir bien sombre », a-t-il ajouté.

Tous les sondages de sortie des urnes initiaux ont accordé 60 sièges au Likud et à ses alliés de droite, le parti au pouvoir recevant le nombre le plus important de mandats parmi toutes les formations.

Mardi en début de matinée, toutefois, la Douzième chaîne et la Treizième chaîne ont revu à la baisse les chiffres de leurs enquêtes de sortie des urnes, donnant au Likud et à ses alliés de droite 59 sièges.

Le décompte final des votes, avec notamment ceux des soldats, prend généralement plusieurs jours.

Un Arabe israélien arrive dans un bureau de vote décoré de portraits de politiciens israéliens pour voter aux élections parlementaires dans la ville bédouine de Rahat, près de Beer Sheva, dans le sud du pays, le 2 mars 2020 (Crédit :HAZEM BADER / AFP)

Tibi a également blâmé le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, et son parti qui ont échoué à « repousser Benjamin Netanyahu et l’essor du groupe fasciste ».

Les sondages de sortie des urnes n’ont accordé que 32 à 35 mandats à Kakhol lavan, laissant la formation probablement dans l’incapacité de mettre en place une coalition, même avec le soutien de la Liste arabe unie.

Ibrahim Hijazi, membre éminent de la campagne de la Liste arabe unie, a indiqué que Gantz avait fait une erreur stratégique en tentant de courtiser les électeurs de droite.

« Une fois qu’il a tenté de pénétrer sur le terrain de Netanyahu, il a perdu la bataille », a-t-il estimé dans un entretien. « Il a montré qu’il était un débutant. Il aurait dû rester sur le chemin qui était le sien ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’annonce des résultats à la sortie des urnes, le 2 mars 2020. (Crédit : Twitter)

En comparaison avec les deux derniers scrutins d’avril et de septembre 2019, Kakhol lavan a constamment tenté de séduire l’électorat de droite.

Hijazi a expliqué être « assurément » inquiet de la perspective de la formation d’un gouvernement de droite par Netanyahu, mais il a juré que la Liste arabe unie descendrait dans les rues si un gouvernement israélien prenait l’initiative d’annexer certaines parties de la Cisjordanie ou de promouvoir des politiques discriminatoires.

Le chef du Likud a promis d’annexer certaines zones de la Cisjordanie en accord avec les États-Unis, dont le plan de résolution du conflit israélo-palestinien qui vient d’être révélé propose de donner à l’État juif des parties significatives du territoire.

Pour Aaed Kayal, les sondages de sortie des urnes indiquent que la campagne de la Liste arabe unie a fonctionné.

« Nous avons tout fait pour réussir et nous sommes entrés en contact avec toutes les catégories de population, notamment les Russes, les Éthiopiens, les Haredim et d’autres », a-t-il indiqué.

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