« Journaliste ou terroriste » : Suite à l’enquête du ToI, le CPJ nie vouloir exclure des journalistes
Le Comité pour la protection des journalistes réfute ces 'allégations non fondées' et réaffirme ses critères de sélection des journalistes face à la polémique suscitée par la révision de sa base de données sur Gaza
Mercredi, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui recense les assassinats de professionnels des médias dans l’exercice de leurs fonctions, a réaffirmé sa définition du terme « journaliste », alors que l’organisation avait décidé de revoir sa base de données sur Gaza à la suite d’une enquête du Times of Israel qui a suscité de vives réactions.
Cette enquête a permis d’identifier plusieurs terroristes revendiqués comme membre par le Hamas et le Jihad islamique palestinien dans la base de données du CPJ, ce qui corrobore, dans certains cas au moins, les affirmations israéliennes selon lesquelles ces personnes constituaient bien des cibles militaires légitimes dans le conflit déclenché par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Le CPJ avait auparavant retiré huit noms de sa base de données après avoir établi que ces personnes étaient des terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien, ainsi que douze autres pour diverses raisons. La « révision complète » que le CPJ s’était engagé à mener la semaine dernière pour les entrées restantes devrait s’achever ce mois-ci.
Dans un communiqué publié mercredi, le CPJ a indiqué que son conseil d’administration avait voté en faveur de la réaffirmation de ses critères de définition du journaliste, face à des « allégations non fondées » selon lesquelles le groupe chercherait à exclure des journalistes palestiniens et libanais.
Ce communiqué fait suite aux allégations de l’écrivain palestinien Mohammed El-Kurd, qui, citant « des sources anonymes au sein de l’organisation », affirme que le CPJ chercherait à établir de nouveaux critères de journalisme pour apaiser les médias « sionistes », critères qui « excluraient largement les journalistes palestiniens et libanais tués qui travaillaient pour des médias financés par le gouvernement ». Ces allégations ont été reprises par d’autres sources anti-Israël, notamment le réseau d’information Quds News Network, lié au groupe terroriste palestinien du Hamas.
Dans son communiqué, le CPJ a précisé que ses critères, en vigueur depuis longtemps, sont « ancrés dans le droit international humanitaire » et incluent « les journalistes travaillant pour des médias soutenus par l’État ainsi que ceux collaborant avec des organes de presse affiliés à des groupes militants, à condition qu’ils ne participent pas aux combats ni n’incitent à la violence d’une manière susceptible d’avoir un effet imminent ».
« Il est faux de dire que le CPJ avait l’intention de modifier sa définition de ce qu’est un journaliste afin d’exclure les journalistes palestiniens et libanais tués pendant la guerre entre Israël et la bande de Gaza », a déclaré Jacob Weisberg, président du conseil d’administration du CPJ.
« De telles allégations non fondées sapent le travail rigoureux de documentation mené depuis de nombreuses années par notre programme Moyen-Orient et Afrique du Nord, tout en mettant en danger les journalistes palestiniens et libanais qui couvrent les événements sur le terrain aujourd’hui », a ajouté Weisberg.
Dans un autre fil de discussion sur le réseau social X, le CPJ a également défendu la suppression, à ce jour, de vingt noms de la base de données des victimes de Gaza.
Le CPJ « n’a supprimé aucun de ces noms en raison de pressions politiques », a-t-il précisé.
« Nous ne supprimons ni n’ajoutons des noms que lorsque de nouvelles informations, vérifiées par le CPJ, établissent qu’une personne aurait dû être incluse ou exclue conformément à notre méthodologie existante et établie de longue date. »
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L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.