Kushner : Les élections rendent Israël « un peu irrationnel » sur la question de Gaza

L'envoyé américain affirme qu'Israël et les États-Unis s'accordent sur 'l'issue finale de Gaza' ; un père et sa fille auraient été tués dans une frappe à Gaza-City ; Tsahal affirme qu’elle visait un terroriste

Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump, s'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien à l'issue de leurs entretiens, à Kiev, le 6 septembre 2026. (Crédit : Genya Savilov/AFP)

L’envoyé spécial américain Jared Kushner a déclaré dimanche que les élections à la Knesset prévues le mois prochain poussaient le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu à agir de manière « un peu irrationnelle » concernant Gaza. Israël rejette en effet la proposition du Conseil de Paix visant à désarmer le groupe terroriste palestinien du Hamas, et les frappes sur l’enclave se poursuivent.

« Je pense que nous sommes d’accord avec les Israéliens sur l’issue finale de Gaza », a déclaré Kushner lors d’une conférence de presse à Kiev, où il participait à des négociations sur la guerre en Ukraine.

« Ils sont en pleine campagne électorale, ce qui les rend un peu irrationnels à certains égards », a-t-il ajouté.

Les États-Unis s’efforcent de faire avancer le plan du Conseil de Paix visant à désarmer le Hamas et tous les autres groupes armés de Gaza, en contrepartie d’un retrait israélien de la bande de Gaza.

Cependant, l’opposition d’Israël à ce plan a entraîné son blocage et il est peu probable que le groupe terroriste dépose les armes avant le vote de la Knesset, prévu le 27 octobre.

Face à cette opposition, le ministre de la Défense, Israel Katz, et le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, ont tous deux appelé à la mise en place de plans visant à faciliter l’émigration des Palestiniens de la bande de Gaza. Cette prise de position a suscité les critiques des pays musulmans qui ont déclaré que de tels projets contredisaient le « rejet ferme des déplacements forcés » prévu dans le plan de paix pour Gaza d’octobre 2025, soutenu par les États-Unis.

Des pleureurs assistant aux funérailles de Gazaouis tués lors de frappes israéliennes pendant la guerre contre le Hamas, dont les dépouilles ont récemment été retrouvées sous les décombres, à Gaza-City, le 6 septembre 2026. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP Photo)

Katz a déclaré la semaine dernière qu’Israël était prêt à faciliter les départs par voie terrestre, maritime et aérienne, mais a reconnu qu’aucun pays n’était actuellement disposé à accueillir des Gazaouis à l’échelle envisagée.

Dimanche, les médias contrôlés par le Hamas à Gaza ont rapporté qu’une fillette de 8 ans avait été tuée et que plusieurs personnes avaient été blessées lors d’une frappe de l’armée israélienne contre un véhicule dans le quartier d’al-Nasr, à Gaza-City.

Mohamed Abu Selmia, directeur de l’hôpital Shifa, le plus grand établissement médical de l’enclave, a déclaré que la frappe aérienne avait touché un véhicule dans l’ouest de Gaza-City, tuant Youssef Akila et sa fille, Wafaa, et blessant six autres personnes.

Un porte-parole de Tsahal a indiqué que les troupes avaient pris pour cible un terroriste du Hamas, et que l’armée enquêtait toujours sur les résultats de cette frappe.

Par ailleurs, Tsahal a déclaré lundi matin avoir frappé dans la nuit des sites du Hamas dans la bande de Gaza en réponse à un engin explosif ayant touché un véhicule militaire la veille.

La bombe posée par le Hamas et ayant touché dimanche un véhicule du génie circulant du côté israélien de la « Ligne jaune » au nord de la bande de Gaza n’a fait aucun blessé, selon l’armée.

Tsahal a qualifié cet incident de « violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu par l’organisation terroriste du Hamas ».

En réponse, plusieurs sites d’infrastructure du Hamas, utilisés par le groupe terroriste pour mener ses attaques, ont été frappés pendant la nuit, a ajouté l’armée.

Malgré le cessez-le-feu en vigueur, Tsahal poursuit sa campagne visant à éliminer tous les terroristes de Gaza impliqués dans le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023. Des terroristes avaient alors envahi Israël, massacrant plus de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et prenant 251 otages, ce qui avait déclenché la guerre dans la bande de Gaza.

Si Israël a reconnu mener cette campagne et s’est engagé à la poursuivre jusqu’à ce que le dernier des responsables soit éliminé, l’armée a fréquemment justifié ces opérations en invoquant une riposte aux violations du cessez-le-feu.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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