La BBC crée encore la polémique en invitant un activiste pour qui le 7-Octobre est un « acte de libération »

Andreas Malm, interdit d’entrée au Royaume-Uni, a pu longuement s’exprimer sans être contredit ; deux jours plus tard, la chaîne a admis avoir mal vérifié le profil d’une autre invitée aux propos antisémites

Vue du logo à l'extérieur du siège de la BBC à Londres, le 12 novembre 2025. (Crédit : AP Photo/Kin Cheung)

La BBC est à nouveau au cœur d’une polémique après avoir invité, le 30 octobre dernier, dans l’émission « Today » de BBC Radio 4, Andreas Malm, activiste suédois de 49 ans, qui avait qualifié le massacre commis par le Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël d’ « acte de libération ».

Malm était invité pour s’exprimer sur la récente décision des autorités britanniques de lui interdire l’entrée au Royaume-Uni.

Lors d’une conférence donnée à Stockholm deux mois après l’attaque, il avait déclaré : « Je pense que dans quelques décennies, quand nous reviendrons sur ce qui s’est passé le 7 octobre… nous verrons le massacre de civils comme les dimensions laides, déplorables, regrettables et tragiques d’une lutte de libération fondamentalement belle. »

Il avait aussi affirmé que « nous n’avons pas vu de preuve concluante que le Hamas ait réellement ordonné à ses combattants de tuer des civils ».

« Je pense que si vous vivez dans un camp de concentration et que vous êtes absolument incapable de vous en échapper… puis que vous avez enfin ce parapente et que vous parvenez pour la première fois à vous envoler hors du camp de concentration et que vous atterrissez parmi des gens qui dansent… vous exprimeriez probablement à ce moment-là la colère que vous avez en vous par une violence destructrice non planifiée contre des civils », avait poursuivi Malm.

Il faisait référence aux terroristes du Hamas qui avaient franchi la frontière en parapente pour atteindre le festival de musique Nova.

Andreas Malm assiste à la première de « How To Blow Up A Pipeline » au Festival international du film de Toronto 2022 au TIFF Bell Lightbox, le 10 septembre 2022, à Toronto, Ontario. (Jeremy Chan/Getty Images/AFP)

Toujours selon JNS, le présentateur Sean Farrington n’a demandé qu’une seule fois à Malm si ses déclarations sur l’attaque du Hamas étaient liées à son interdiction d’entrée. Pendant l’essentiel de l’interview, l’universitaire a disposé de beaucoup de temps pour exprimer ses griefs sur ce qu’il décrit comme une répression de ses opinions par le Royaume-Uni.

Alex Hearn, codirecteur de Labour Against Antisemitism, a déploré auprès du Daily Mail : « Il est troublant que la BBC lui ait offert une tribune au cours de laquelle ses opinions n’ont pas été contestées. »

« Ce n’est pas non plus la première fois que des voix extrémistes se voient accorder du temps d’antenne, avec peu de contrôle, par le diffuseur que finance notre redevance », a-t-il ajouté.

Interrogée par le Daily Mail sur l’insuffisance de la contradiction apportée aux propos de Malm, la BBC a répondu par la voix d’un porte-parole : « Cela a clairement été posé au professeur Malm au début de l’interview. »

Cet épisode n’est pas isolé.

Bushra Shaikh (Crédit : capture d’écran Instagram)

Deux jours après l’interview d’Andreas Malm, la BBC a reconnu avoir mal vérifié le profil d’une autre invitée, Bushra Shaikh, auteure à de multiples reprises de propos antisémites.

Ancienne candidate de la télé-réalité The Apprentice, Shaikh avait été invitée le mois dernier dans « Sunday Morning Live », sur BBC One, pour défendre le droit des femmes à porter la burqa dans l’espace public.

Selon The Telegraph, elle a notamment qualifié les Juifs ayant émigré d’Europe vers Israël de « salauds de menteurs » et de « plus grands charlatans de cette planète ».

Après les massacres du 7-Octobre, elle avait écrit : « Les Palestiniens ont fait plus en 5 minutes que Zelensky avec 75 milliards. L’humiliation est un euphémisme. »

Après l’attaque terroriste contre une synagogue à Manchester en octobre 2025, qui a fait deux morts et trois blessés, elle avait rejeté la faute sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu : « Il a du sang juif sur les mains », avait-elle écrit sur X.

La couverture par la BBC du Moyen-Orient et d’Israël suscite souvent des controverses. Les accusations de parti pris anti-Israël se sont multipliées depuis l’attaque menée par le Hamas, en particulier lorsque la chaîne a obstinément refusé de qualifier les membres du Hamas de « terroristes », leur préférant le terme, jugé plus neutre, « d’activistes ».

Récemment, The Telegraph révélait que le chercheur principal en données d’intelligence artificielle de la BBC était un militant pro-palestinien qui a accusé Israël d’apartheid et de génocide, et avait déjà été arrêté pour possession d’une brochure de formation terroriste d’al-Qaïda.

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