La Chine a envoyé à l’Iran 1 300 cargaisons de composants pour drones et missiles cette année – média

GPS, moteurs et composants à double usage auraient été livrés à l’Iran ; Mahan Air a presque septuplé ses vols entre la Chine et l’Iran depuis le début de la guerre

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi (à droite) saluant son homologue iranien, Abbas Araghchi, à Pékin, en Chine, le 6 mai 2026. (Crédit : Telegram du ministre iranien des Affaires étrangères via l'AP)

Selon des données des douanes iraniennes qui ont été citées jeudi par le Wall Street Journal, la Chine a procédé cette année, jusqu’à fin juin, à environ 1 300 envois aériens contenant des composants à double usage destinés aux drones et aux missiles au ministère iranien de la Défense.

Selon cet article, l’un de ces envois est arrivé à Téhéran alors que les États-Unis et l’Iran s’accordaient sur un cessez-le-feu temporaire le 17 juin, tandis que Pékin vantait publiquement ses efforts pour contribuer à mettre fin aux combats.

La cargaison contenait des composants électroniques chinois « à double usage » susceptibles d’être utilisés dans les drones et dans les systèmes de guidage de missiles iraniens. Deux jours plus tard, plus d’une douzaine de cargaisons sont arrivées, transportant pour plus de 6 millions de dollars de pièces pouvant être utilisées dans des drones.

Ces livraisons se sont inscrites dans le cadre d’une forte augmentation des vols de fret entre la Chine et l’Iran, qui a fourni à Téhéran une voie d’approvisionnement essentielle pour ses programmes d’armement alors que les sanctions américaines et un blocus naval ont restreint le commerce maritime.

Les registres douaniers iraniens qui ont été examinés par le Wall Street Journal ont révélé des envois contenant des appareils GPS, des moteurs électriques, des pièces de moteurs d’avion et d’autres équipements à double usage. Certains étaient classés comme importations de défense exonérées de droits de douane iraniens.

Mahan Air, une compagnie aérienne iranienne soumise à des sanctions américaines et accusée par Washington de transporter de l’argent, des armes et du personnel pour le compte de l’Iran, a fortement augmenté ses vols entre la Chine et l’Iran après le début de la guerre, d’après des données de suivi des vols. Fin avril, elle assurait environ 27 vols par semaine au départ de Pékin, Shanghai et Guangzhou à destination de Téhéran, contre quatre par semaine début mars.

Illustration : Un avion de ligne de Mahan Air décollant de l’aéroport de Mehrabad à Téhéran, en Iran, le 7 février 2016. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Mahan n’a pas répondu aux demandes de commentaires du Wall Street Journal.

Le journal indique que ces livraisons se sont inscrites dans le cadre d’un soutien chinois plus large, qui a permis à l’Iran de maintenir ses programmes d’armement et son économie pendant la guerre. La Chine reste le principal acheteur de pétrole iranien, malgré les sanctions américaines. Washington a sanctionné plusieurs entités chinoises et hongkongaises accusées d’aider Téhéran à se procurer des composants militaires.

Au début du mois, le Wall Street Journal avait rapporté que des entités chinoises avaient fourni à l’Iran des images satellites de haute qualité d’une base de l’armée de l’air américaine en Jordanie, tant avant qu’après l’attaque meurtrière au missile balistique lancée par Téhéran contre cette installation le 17 juillet, citant des responsables américains proches du dossier.

Pékin a à plusieurs reprises refusé de reconnaître que des entreprises chinoises avaient pu fournir à l’Iran des images satellites pour cibler les forces américaines, selon les sources citées par le Wall Street Journal.

Le ministre iranien de la Défense, le général Aziz Nasirzadeh (à droite), s’entretenant avec le commandant de l’armée, le général Abdolrahim Mousavi, lors d’une cérémonie de remise à l’armée de drones de fabrication nationale, sur une photo fournie le 13 janvier 2025. (Crédit : Armée iranienne via AP)

Des entreprises chinoises auraient en outre contribué à fournir à l’Iran des précurseurs chimiques utilisés dans la fabrication d’armes, selon l’article publié jeudi, qui a cité le contenu d’un document dont la nature n’a pas été précisée et des sources proches du dossier.

Ces révélations interviennent à la veille du sommet entre le président chinois Xi Jinping et le président américain Donald Trump, prévu cette semaine à Washington, où le soutien de Pékin à Téhéran devrait peser sur les discussions, d’après certaines informations.

Pékin a rejeté les accusations selon lesquelles il attiserait le conflit, affirmant respecter les règles internationales et s’opposant aux « tentatives visant à salir l’image de la Chine en l’associant au conflit ». La Chine a également déclaré contrôler strictement les exportations de biens à double usage et rejeter les sanctions unilatérales américaines sur le commerce avec l’Iran.

Les responsables iraniens n’ont pas répondu aux demandes de commentaires du Wall Street Journal.

read more: