La coalition refuse de protéger les soldats haredim ; les propos anti-armée s’intensifient

Le projet de loi contre les incitations à la haine a été rejeté, les leaders haredim ont gardé le silence et un père endeuillé a dit préférer voir son fils mort que servant dans Tsahal

Une séance à la Knesset réunie en Assemblée plénière, le 14 janvier 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mercredi, la coalition a rejeté un projet de loi visant à protéger les soldats haredim contre les violences et contre les incitations à la haine, dans un contexte marqué par une recrudescence des discours extrémistes et des attaques liées à la bataille en cours autour de la législation qui est actuellement examinée.

Ce projet de loi, qui a été présenté par le député Alon Schuster du parti HaMahane HaMamlahti-Kakhol lavan, visait à criminaliser le harcèlement et les menaces en direction des hommes ultra-orthodoxes qui s’engagent dans l’armée. Il a été rejeté par 49 voix contre 24.

Ce scrutin a fait suite à un incident survenu dimanche soir, à Bnei Brak. Des manifestants haredim extrémistes ont fait irruption dans une conférence destinée aux parents des recrues de la nouvelle brigade Hasmonéenne, qui accueille les ultra-orthodoxes, perturbant violemment la réunion et agressant les participants.

Si les responsables de la défense et les figures de l’opposition ont condamné l’attaque, les membres du gouvernement, pour leur part, se sont montrés très discrets. Aucun rabbin ou dirigeant politique haredi de haut rang n’a non plus dénoncé publiquement les violences commises. Aucune arrestation n’a été effectuée.

Le silence des dirigeants haredim attire de plus en plus les regards, alors que les protestations contre la conscription s’intensifient, et que les manifestations sont de plus en plus marquées par des slogans incendiaires et par des affrontements.

Schuster a accusé la coalition d’abandonner les soldats, déplorant : « La coalition a choisi de fermer les yeux, et de tourner le dos aux soldats de l’armée israélienne, en particulier à ceux qui paient un lourd tribut personnel pour leur décision de servir. »

Des manifestants haredim s’en prennent aux participants à une conférence de la Brigade hasmonéenne ultra-orthodoxe à Bnei Brak, le 11 janvier 2026. (Crédit : Capture d’écran/réseaux sociaux, utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

« Un soldat qui se promène en uniforme ne devrait pas craindre d’être humilié, insulté ou agressé au cœur même de l’État d’Israël », a-t-il souligné.

Les propos tenus cette semaine par le rabbin Samuel Eisenthal, dont le fils Yosef, âgé de 14 ans, a été tué la semaine dernière lors d’une manifestation contre la conscription à Jérusalem, se sont fait l’écho de cette atmosphère explosive.

« Si je devais choisir entre deux options : que Yossi rejoigne les rangs de l’armée ou qu’il meure de la même manière, je préfèrerais qu’il meure », a déclaré Eisenthal durant une interview à la radio Galei Tsahal.

Yosef est décédé après avoir été traîné sous un bus qui a percuté un groupe de manifestants à un carrefour du quartier ultra-orthodoxe de Romema.

Si les propos d’Eisenthal ont choqué de nombreux Israéliens, selon ses critiques, ils reflètent la radicalisation croissante au sein d’une partie de la communauté haredi, dans laquelle l’opposition à la conscription n’est pas seulement considérée comme une norme communautaire ou une revendication politique, mais comme un martyre religieux.

Les funérailles de Yosef Eisenthal, 14 ans, tué après avoir été écrasé par un bus lors d’une manifestation ultra-orthodoxe à Jérusalem, le 7 janvier 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

La manifestation au cours de laquelle Yosef Eisenthal a perdu la vie était co-organisée par la Faction de Jérusalem. Fort de quelque 60 000 membres, ce groupe extrémiste est considéré comme l’une des factions haredim les plus ultra-conservatrices, et manifeste régulièrement contre l’enrôlement des étudiants des yeshivot.

Les participants avaient déployé de grandes banderoles « Plutôt mourir que transgresser », et brandissaient des pancartes affirmant qu’on ne peut être à la fois haredi et soldat. D’autres avaient accusé Israël de pratiquer « l’apartheid » à l’encontre de la communauté ultra-orthodoxe.

Sam Sokol a contribué à cet article.

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