La créatrice Lia Kes révèle une collection au ‘look kibboutz’
La couturière, dont le mentor était une survivante de la Shoah, présentera sa nouvelle collection lors de la Fashion Week de New York
Cela fait des décennies que la créatrice Lia Kes a quitté le Kibboutz Afikim, la communauté agricole de la vallée du Jourdain, connue pour ses champs de bananes et ses vergers d’avocats et où elle a grandi.
Mais c’est bien là-bas que la couturière en herbe du kibboutz a appris les bases de la conception et de la couture grâce à son mentor, une survivante de l’Holocauste.
Sa professeure était une Allemande qui confectionnait les vêtements de travail que les membres du kibboutz portaient pour cueillir les produits et s’occuper des vaches laitières, ainsi que des blazers en velours de haute couture pour ceux qui gagnaient des points annuels pour qu’ils puissent les rajouter à leur garde-robe privée.
« Elle était vraiment libre, nous parlons d’un Dior », a déclaré Kes. « Je me souviens encore du placard avec les vêtements, et comment les tissus étaient pliés par couleur. C’était une institution, où les vêtements étaient faits sur mesure. »
Aujourd’hui, Kes présente ses drapées et ses coupes en biais en soie lavée et en mousseline souple, qui ont été portées par des célébrités comme Rihanna, Gwyneth Paltrow et Kim Kardashian, à la Fashion Week de New York, où elle les présentera pour la deuxième fois lors d’un défilé le 14 février à 11 heures.
C’est la première fois que Kes figurera sur le calendrier très chargé de la Fashion Week de New York, supervisé par le Council of Fashion Designers of America. Kes avait déjà organisé un défile à la Fashion Week de New York pour la première fois à l’automne dernier, en septembre 2017, mais elle ne figurait pas encore sur le calendrier officiel.
En septembre, Vogue écrivait que Kes « devenait ambitieuse », avec une présentation « modeste », mais avec des « incursions dans la couture » et dans « les soies drapées, enveloppées et avec des coupes en biais » qui avaient évolué par rapport à leurs précédentes versions.
Kes a confié qu’elle montrerait un peu plus de ses créations que par le passé à la prochaine Fashion Week, avec ses clients prenant place des modèles, approfondissant le dévouement de Kes à sa clientèle et à leur gamme d’âges, d’ethnies, couleurs de peau et formes.
« J’adore la mode et je suis en relation avec la mode à tous les niveaux, mais il doit y avoir du contenu et de la raison dans ce que vous faites et comment vous le faites », a-t-elle expliqué. « Mon entreprise reflète le genre de personne que je suis à plusieurs niveaux. Vous pouvez le porter, et quand vous venez dans mon magasin, vous pouvez le sentir. »
Kes, qui a récemment ouvert un deuxième magasin dans l’Upper East Side à New York, une addition à sa populaire boutique de l’Upper West Side, a décrit ses clientes comme des femmes intellectuelles, actives, qui « réussissent » et « très intéressantes pour travailler avec ».
Kes veut que ses clientes donnent leurs caractères aux vêtements, et non l’inverse.
« Si vous pouvez associer la qualité et quelque chose qui peut être porté de différentes manières, et que vous apportez le caractère, alors c’est pour vous », a-t-elle estimé. « Je travaille pour les 18 à 80 ans, de tailles et de formes différentes, avec différents corps, différentes teintes et à différentes étapes de la vie. »
Elle a fréquenté l’école du Design Shenkar il y a 20 ans et a finalement réussi à se faire connaître à New York, où elle a été embauchée par une petite entreprise de mode et de création dont l’activité est similaire à celle de Kes aujourd’hui.
« C’était un véritable apprentissage », a-t-elle déclaré, soulignant les similitudes entre leur conception, leur fabrication et l’achat d’étiquettes supplémentaires pour l’exposer dans les magasins.
Kes a peu à peu développé sa propre ligne, en commençant par des T-shirts pour finalement passer à une collection minimaliste d’inspiration kibboutz avec des tissus raffinés connus pour ses textures, ses lignes subtiles et élégantes, ses tissus somptueux et soyeux, sa laine feutrée et ses riches tricots tricotés à la main.
Et, inspiré par la philosophie du kibboutz, où rien ne se perd, ses retailles sont utilisées pour créer de nouveaux looks.
Ce look était quelque chose qui est arrivé organiquement, explique Kes.
Elle développait lentement sa propre ligne, en vendant ses pièces à Saks Fifth Avenue et Barney’s New York, quand elle et son mari ont déménagé à San Francisco, lorsque son mari a changé de travail, où elle a ouvert son propre magasin.
Mais au cours de cette année, son mari est tombé malade et est mort, laissant Kes avec deux jeunes enfants et des décisions à prendre.
Elle n’a rien conçu pendant trois ans, mais a finalement décidé d’ouvrir son magasin dans l’Upper West Side à New York avec sa propre collection.
« Je voulais trouver une validation pour moi et pour la nouvelle forme de moi-même », a déclaré Kes. « J’étais plus mature, et cela a vraiment influencé l’entreprise. »
Kes a lancé sa marque dans ses magasins de vente au détail, qui comprenait un magasin éphémère à Southampton, et elle a passé ces dernières années à tester ses créations sur sa clientèle.
« C’est une entrée visuelle de ce qui me passe par la tête, reliant les valeurs et les moments de mon éducation, et en m’adaptant à l’immigration et en choisissant d’être une immigrante », a-t-elle expliqué. « Et comme je suis assise sur la clôture, c’est le résultat visuel. »
Et bien qu’elle ait réussi à attirer son propre public, et Kes en est ravie, elle n’est pas sûre de vouloir un public plus large, ou une approche plus ‘corporate’ pour son entreprise de mode.
Il y a aussi eu des moments où elle a envisagé de rentrer en Israël, où vit la plus grande partie de sa famille élargie, mais elle ne se sentait pas assez forte pour prendre cette décision.
« Je suis engagée dans ce que je fais, mais je ne me sens pas nécessairement établie », a-t-elle expliqué. « C’est un long effort qui a des moments incroyables et des moments plus difficiles, mais ce n’est toujours un début. »
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