La CSI exhorte la NYPD à renforcer les effectifs dans les zones sensibles après l’attaque d’une synagogue

Selon la Community Security Initiative, la formation dispensée a permis à l'équipe d'agents de sécurité de la Central Synagogue de Manhattan de réagir rapidement pour appréhender l'agresseur

Illustration : Des personnes quittant une veillée de prière en hommage aux victimes de la tuerie perpétrée dans la synagogue « Tree of Life », à Pittsburgh, à la Central Synagogue, à New York, le 30 octobre 2018. (Crédit : Frank Franklin II/AP)

New York Jewish Week — Une organisation chargée de renforcer la sécurité des institutions juives de la région de New York a annoncé le renforcement de ses mesures de sécurité à la suite de l’attaque perpétrée vendredi soir contre des membres de la Central Synagogue de Manhattan. Elle a appelé la police à mettre en place des stratégies de pointe pour identifier les zones à risque de crimes de haine et à y déployer davantage d’agents.

Cependant, Mitchell Silber, PDG de la Community Security Initiative (CSI), a reconnu qu’il était difficile de prévenir des situations comme celle de vendredi.

« C’est difficile, car il faut trouver un équilibre entre l’ouverture au public pour le culte et, en même temps, la sécurité de notre lieu de culte », a déclaré Silber dimanche à la Jewish Telegraphic Agency.

Vendredi soir, Larry Montes, 46 ans, a réussi à pénétrer dans le sanctuaire principal de la Central Synagogue avant de perturber l’office en prononçant des propos antisémites, puis a été appréhendé par un agent de sécurité. Silber a indiqué avoir pris contact avec les responsables de la sécurité de la Central Synagogue au sujet de cet incident et avoir appris que Montes n’avait pas éveillé de soupçons particuliers lors de son entrée dans le bâtiment.

« Il n’y avait rien de suffisamment inhabituel pour qu’ils l’isolent, mais ils ont remarqué qu’il ne s’agissait pas d’une personne qu’ils connaissaient », a-t-il expliqué. Selon la CSI, l’équipe de la synagogue a néanmoins réussi à désamorcer rapidement la situation grâce à la formation qu’elle avait reçue.

À la suite de cet incident, Silber a indiqué que la CSI envoyait aux synagogues un bulletin sur les mesures visant à améliorer la sécurité dans les lieux de culte, dont une copie a été communiquée à la JTA.

Vue extérieure de la Central Synagogue de New York, le 28 février 2026. (Crédit : Kena Betancur/AP)

La CSI a entamé des discussions avec le département de la police de New York (NYPD) pour mettre en place des outils tels que l’exploration de données, la cartographie des foyers de criminalité et le déploiement préventif dans les zones sensibles, afin de prévenir les crimes de haine avant qu’ils ne surviennent. La CSI coordonne la sécurité des institutions et des communautés juives dans la région de New York. Elle est financée conjointement par l’UJA-Federation of New York et le Jewish Community Relations Council (JCRC). (La société 70 Faces Media, éditrice de la JTA et du New York Jewish Week, bénéficie d’un financement de l’UJA.)

Le bulletin de la CSI encourage également d’autres synagogues à s’associer au Community Security Service (CSS), une autre association juive à but non lucratif qui forme les membres des congrégations à devenir bénévoles chargés de l’accueil et capables d’évaluer les menaces potentielles de manière plus personnalisée.

« La Central Synagogue, ce n’est pas Park East, Park East ce n’est pas KJ, et KJ ce n’est pas la Congrégation Beth Elohim ; elles sont toutes très différentes, et c’est pourquoi le fait que des membres de la synagogue soient formés peut vraiment constituer un multiplicateur de force », a déclaré Silber, en citant certaines des congrégations les plus importantes de la ville.

Lors de l’incident survenu vendredi soir, Montes s’est mis à crier pendant l’office, perturbant ainsi le déroulement de celui-ci, puis a frappé une femme de 63 ans et a donné un coup de tête à un agent de sécurité qui l’escortait vers la sortie.

Angela Buchdahl, rabbin principale de la congrégation, était absente pour un événement familial lorsque l’incident s’est produit vendredi, selon le New York Times. Elle a toutefois écrit sur Instagram que le responsable de la sécurité avait « héroïquement maîtrisé et escorté » Montes hors de la synagogue, ce qui s’est produit moins d’une minute après qu’il eut perturbé l’office.

Le Secure Community Network (SCN), une association juive nord-américaine à but non lucratif spécialisée dans la sécurité, recommande également d’associer des agents de sécurité rémunérés à des bénévoles qui connaissent bien la communauté.

À l’approche des offices des fêtes du Nouvel an juif, le SCN propose une série de webinaires axés sur la prise de conscience en situation et la manière de réagir face à des menaces actives.

« Savoir quoi faire en cas de perturbation, sans parler d’une agression physique, est une nécessité – non seulement pour nos organisations, mais aussi pour chaque membre de la communauté », a déclaré Michael Masters, directeur national et PDG du SCN.

Illustration : Des personnes assistant à une veillée de prière en hommage aux victimes de la tuerie perpétrée dans la synagogue « Tree of Life », à Pittsburgh, à la Central Synagogue, à New York, le 30 octobre 2018. (Crédit : Frank Franklin II/AP)

Selon la police, Montes a déjà été arrêté à trois reprises à New York, pour des vols commis entre 2019 et 2023.

Il a été arrêté sur les lieux et présenté immédiatement devant le tribunal pénal le soir même. Selon la police, il a été inculpé de quatre chefs d’accusation d’agression qualifiée de crime de haine, de deux chefs d’agression, de dégradation de biens qualifiée de crime de haine, de dégradation de biens, de perturbation d’un office, d’intrusion qualifiée de crime de haine, de deux chefs de harcèlement aggravé et de deux chefs de harcèlement.

Le bureau du procureur a demandé une caution de 50 000 dollars en espèces, assortie d’une garantie de 150 000 dollars, mais le juge l’a fixée à 10 000 dollars en espèces, assortie d’une garantie de 30 000 dollars. La prochaine comparution de Montes est prévue le 20 août, selon le bureau du procureur.

Cette attaque survient alors que les crimes de haine antisémites ont augmenté de 8,5 % à New York par rapport à 2025, selon les chiffres publiés à la fin du mois de juillet. Cette année, un débat a fait rage pour savoir si les synagogues nord-américaines devaient renforcer leur sécurité, à l’instar de celles des communautés européennes, à la suite d’attaques telles que la tentative d’attentat de West Bloomfield, dans le Michigan, au cours de laquelle un homme avait foncé avec un camion chargé de pétards dans une synagogue.

Plusieurs responsables politiques ont condamné l’attaque de vendredi.

Le sénateur new-yorkais Chuck Schumer, le plus haut responsable juif des États-Unis, a écrit : « Lorsque les Juifs américains disent qu’ils ne se sentent pas en sécurité, c’est pour cette raison. L’antisémitisme est bien réel et il ne cesse de s’aggraver de jour en jour. »

Certains ont attribué ce manque de sécurité à la rhétorique du maire anti-Israël de la ville, Zohran Mamdani, qui s’est récemment illustré en critiquant le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une vidéo.

Dans un message publié sur le réseau social X, Ofir Akunis, consul général d’Israël à New York, a qualifié cette attaque de « conséquence directe de la campagne d’incitation soutenue menée par le maire Mamdani ».

Les forces de l’ordre intervenant suite à un appel à la synagogue Temple Israel, à West Bloomfield Township, dans le Michigan, le 12 mars 2026. (Crédit : Corey Williams/AP)

Parallèlement, certains alliés juifs de Mamdani ont souligné qu’un profil Facebook qui semblait appartenir à Montes avait partagé plusieurs publications critiquant le maire.

Mamdani a écrit qu’il était « horrifié par l’attaque » perpétrée à la synagogue, et que tous les New-Yorkais « doivent pouvoir pratiquer leur religion sans craindre la violence ».

Parmi les publications de Montes, on trouve notamment le partage d’une vidéo où un commentateur de Prager U démolit les détracteurs d’Israël, ainsi que plusieurs photos suggérant un soutien à Israël, dont l’une montre une main ornée du drapeau portoricain serrant une autre main ornée du drapeau d’Israël.

Sa tante, qui vit à Porto Rico, a déclaré au New York Post que son neveu « n’était peut-être pas dans son état normal » et qu’il avait exprimé le désir de se convertir au judaïsme.

« Je lui ai dit qu’il devait faire attention à cela, car ces choses sont sacrées – il faut les aborder avec sérieux », a-t-elle déclaré au New York Post en espagnol.

Une femme nommée Michele Anenberg-Poma a publié sur Instagram une photo d’elle-même présentant des blessures à la lèvre et au bras, accompagnée de la légende : « Je suis la femme qui a été agressée hier soir à la Central Synagogue. »

« Vous n’éteindrez pas notre lumière juive. Vous ne resterez pas là à porter atteinte à notre lumière éternelle », a-t-elle écrit.

« Nous continuerons à chanter nos prières de paix, d’amour et de joie, tout en protégeant les voix qui nous guident chaque semaine. »

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