La voiture de la femme agressée à Jaffa n’a pas été vandalisée, selon la police

La police soupçonne un simple cambriolage du véhicule ; le mari de Hanan Abu Shehadeh parle d'intimidations à la suite du crime de haine présumé de la semaine dernière

La voiture appartenant à la famille de Hanan Abu Shehadeh vue avec une vitre brisée, le 19 décembre 2025. (Crédit : Capture d'écran via Walla)

La voiture appartenant à la famille de Hanan Abu Shehadeh, la femme arabe enceinte agressée à Jaffa le week-end dernier dans le cadre d’un présumé crime de haine, n’a pas été vandalisée, selon la police. Les forces de l’ordre soupçonnent qu’elle a plutôt été visée par un cambriolage.

La famille avait précédemment annoncé que le véhicule avait été vandalisé durant la nuit, accusant l’auteur des faits d’avoir « tenté de nous effrayer et de nous réduire au silence ».

« Suite aux questions des journalistes, et en totale contradiction avec les informations qui ont induit le public en erreur », a fait savoir la police, « nous vous informons que cette voiture n’a pas été vandalisée, et qu’aucun lien n’a été établi avec l’agression survenue il y a quelques jours ».

« Nous avons constaté une effraction présumée et un vol de matériel dans la voiture, causant des dommages », a ajouté la police. « Comme indiqué précédemment, dès réception de la plainte, une enquête a été ouverte par la police de Jaffa. Toutes les mesures nécessaires sont désormais prises pour localiser les suspects. »

Selon le site d’information Walla, Abu Shehadeh devait accoucher vendredi.

Sur une vidéo diffusée par les médias en hébreu, on peut voir la voiture, avec au moins une vitre brisée.

Hanan Abu Shehadeh, une résidente arabe de Jaffa, racontant avoir été agressé par trois assaillants juifs le 13 décembre 2025, dans une interview accordée au média Arab48 le 15 décembre 2025. (Crédit : Capture d’écran Arab48)

« C’est un autre incident violent qui renforce le sentiment de menace et de panique au sein de notre famille et de toute la communauté arabe », a déclaré son mari, Fadi Himal, des propos rapportés par Walla.

« Il semble que quelqu’un tente de nous effrayer et de nous réduire au silence, afin que nous cessions de demander que soient appliquées la loi et la justice. Mais nous ne nous laisserons pas intimider », a-t-il ajouté.

Mardi, le tribunal de Tel Aviv a prolongé la détention de trois personnes accusées d’avoir perpétré l’attaque, que la police a caractérisée comme ayant été préméditée et motivée par le racisme.

Les trois suspects sont soupçonnés d’avoir, samedi, aspergé Abu Shehadeh de spray au poivre alors qu’elle était dans sa voiture à Jaffa, accompagnée de ses deux enfants et de sa belle-mère. Selon son témoignage, les jeunes hommes lui ont lancé des insultes racistes et ont craché sur sa fillette par les vitres ouvertes du véhicule.

Les suspects affirment qu’une dispute a éclaté spontanément, et qu’ils ont agi en légitime défense.

Le tribunal a prononcé un embargo sur les détails de l’enquête et sur toute information qui permettrait d’identifier les suspects.

Des centaines de manifestants sont descendus dans les rues de Jaffa à la suite de l’incident, qui a également donné lieu à une courte grève, en signe de protestation.

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