L’administration Trump limoge des juges ayant bloqué l’expulsion de militants anti-Israël
Roopal Patel, qui avait empêché l'expulsion de Rümeysa Öztürk, étudiante à Tufts, et Nina Froes, qui avait suspendu l'expulsion de Mohsen Mahdawi, étudiant à Columbia, ont été renvoyées
JTA — Vendredi, l’administration Trump a limogé deux juges qui avaient bloqué l’expulsion d’étudiants étrangers engagés dans des actions anti-Israël.
Roopal Patel, juge au tribunal de l’immigration de Boston, a notamment présidé l’affaire d’immigration engagée par l’administration Trump contre Rümeysa Öztürk, une doctorante turque de l’université Tufts, interpellée par des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) dans la rue à Somerville en mars dernier.
En février, Patel avait estimé qu’il n’existait pas de motifs valables pour l’expulser, à l’issue d’une bataille juridique de plusieurs mois avec l’administration Trump, et face à l’opposition à son arrestation manifestée par des étudiants et des groupes juifs.
L’autre juge licenciée vendredi, Nina Froes, de Chelmsford, dans le Massachusetts, a bloqué l’expulsion de Mohsen Mahdawi, un étudiant militant anti-Israël de l’université Columbia et titulaire d’une carte verte et originaire de Cisjordanie, en février.
Froes a déclaré au New York Times qu’elle s’était « tout à fait attendue » à son renvoi et qu’elle ne savait pas si le fait de statuer contre Mahdawi aurait pu changer l’issue de l’affaire.
« Je ne sais pas ce que pensent les autres », a ajouté Froes.
« Mais je ne peux pas imaginer que cela ait été utile. »
Ces licenciements interviennent alors que l’administration Trump a déjà renvoyé plus de cent juges de l’immigration et recruté plus de 140 juges permanents et temporaires considérés comme plus en phase avec le programme du président en matière d’immigration, selon le New York Times.
Les arrestations de Mahdawi et d’Öztürk l’an dernier s’inscrivaient dans le cadre d’une vaste campagne de répression menée par l’administration Trump contre les non-citoyens ayant participé à des manifestations anti-Israël sur les campus, qui avaient donné lieu à des accusations d’antisémitisme.
Beaucoup de ceux qui ont été détenus dans le cadre de cette répression ont ensuite été protégés d’une expulsion immédiate, après que des juges ont bloqué les tentatives du gouvernement fédéral de les expulser, notamment Mahmoud Khalil, diplômé de Columbia et leader des manifestations anti-Israël.
Vendredi, la Commission d’appel de l’immigration a rejeté la demande de Khalil visant à faire annuler sa procédure d’expulsion, qui est toujours en cours. À la suite de cette décision, Khalil a qualifié la commission de « partiale et motivée par des considérations politiques ».
Le mois dernier, la dernière personne encore détenue dans le cadre de la répression menée par l’administration Trump contre les manifestations anti-Israël sur les campus, Leqaa Kordia, a été libérée du centre de détention de l’ICE.