L’afficheur Michel-Ange Flori à nouveau poursuivi pour une caricature antisémite
L’audience devait initialement se tenir mercredi 10 septembre, mais a été reportée à la demande de l’avocat parisien du prévenu
Le procès de l’afficheur varois Michel-Ange Flori, poursuivi pour provocation à la haine en raison de la religion après avoir diffusé une caricature antisémite intitulée « Missile Rabbin », a été renvoyé au 24 octobre par le tribunal correctionnel de Toulon. L’audience devait initialement se tenir mercredi 10 septembre, mais a été reportée à la demande de l’avocat parisien du prévenu.
Le propriétaire de deux panneaux publicitaires à Toulon et à La Seyne-sur-Mer est accusé d’avoir affiché, le 21 juin dernier, une image montrant un missile dont la tête était remplacée par une caricature de rabbin, accompagnée du slogan : « Missile Rabbin, pour écoles, hôpitaux, etc. » Le montage avait également été relayé sur ses réseaux sociaux.
Le CRIF Marseille-Provence, à l’origine de la plainte, a dénoncé « une caricature antisémite explicitement dirigée contre les Juifs », décrivant « une image d’une violence inouïe et à la symbolique ignominieuse ». La Licra et l’Observatoire juif de France se sont également constitués parties civiles, tandis que le préfet du Var avait signalé les faits au procureur en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale.
Lors de l’audience avortée de mercredi, un habitant de Six-Fours a indiqué vouloir se constituer partie civile, se disant « très choqué par cette affiche ».
Michel-Ange Flori conteste toute intention antisémite et affirme avoir voulu dénoncer l’intervention militaire d’Israël à Gaza. Il avait déjà fait l’objet il y a quelques années d’un procès pour une autre affiche controversée représentant Emmanuel Macron grimé en rabbin – une affaire dans laquelle il avait été relaxé, décision aujourd’hui contestée en appel.
Le CRIF a réagi avec fermeté à cette nouvelle affaire, estimant que « cette propagande digne des heures les plus sombres de l’Histoire ne relève ni de la caricature ni de la satire, mais bien d’un appel abject à la haine et à la violence ».