L’ambassade US en Israël émet une alerte de sécurité suite aux attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite

Des alertes similaires ont été lancées par d'autres missions US au Moyen-Orient, appelant à la prudence face à la reprise des combats et aux menaces des Houthis soutenus par l'Iran, qui ont déjà attaqué des aéroports civils

Une alerte de sécurité américaine, publiée le 19 septembre 2026.

L’ambassade des États-Unis en Israël a diffusé samedi une alerte de sécurité suite à la reprise des combats entre les Houthis du Yémen, alignés sur l’Iran, et la coalition conduite par l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Cette alerte exhortait les citoyens américains présents en Israël à « faire preuve d’une vigilance accrue et à se tenir informés des éventuelles annulations de vols, fermetures d’espace aérien et perturbations du trafic ».

« Des infrastructures diplomatiques américaines, notamment en dehors du Moyen-Orient, ont été prises pour cibles », peut-on lire dans ces avertissements de sécurité. « L’Iran et les groupes qui le soutiennent pourraient frapper d’autres intérêts américains à l’étranger, ou des lieux associés aux États-Unis et aux Américains à travers le monde, dont des entreprises et autres institutions américaines. »

Plusieurs autres missions américaines au Moyen-Orient, parmi lesquelles l’ambassade virtuelle des États-Unis en Iran, ont émis des alertes de sécurité similaires.

Ces alertes ont été publiées quelques heures après que les Houthis ont déclaré avoir lancé des frappes de missiles contre des « sites sensibles » à Ryad, la capitale de l’Arabie saoudite. Plus tôt dans la journée de samedi, des pompiers ont été vus en train d’éteindre un incendie sur un réservoir de carburant portant le logo du géant pétrolier saoudien Aramco, près de l’aéroport international de Ryad.

L’Arabie saoudite a confirmé par la suite que les Houthis avaient tiré un missile balistique sur Ryad à l’aube. Le royaume a toutefois précisé que son armée de l’air l’avait « intercepté et détruit avec succès ».

Un important panache de fumée noire s’élève de la zone de stockage de carburant de l’aéroport international King Khalid, à Ryad, en Arabie saoudite, le 19 septembre 2026. (Crédit : Photographe indépendant/Reuters)

L’alerte émise par l’ambassade des États-Unis soulignait que les Houthis avaient déjà pris pour cible des aéroports civils par le passé, et que « le conflit militaire était susceptible de s’intensifier rapidement ».

En mai 2025, un missile houthi a frappé l’aéroport Ben Gurion en Israël, blessant six personnes, entraînant la fermeture temporaire de l’aéroport et provoquant une vague d’annulations de vols.

« Les Américains entrant ou sortant de la région doivent suivre de près les informations concernant le fonctionnement des aéroports et des compagnies aériennes », précisait l’alerte de sécurité, avant d’ajouter que l’ambassade à Jérusalem et l’antenne de Tel Aviv poursuivaient leurs activités normalement.

Ces derniers mois, l’ambassade des États-Unis en Israël a publié plusieurs alertes similaires en raison de la guerre avec l’Iran. Celle-ci semble toutefois être la première liée aux combats entre les Houthis et la coalition conduite par l’Arabie saoudite.

Les combats entre les Houthis et l’Arabie saoudite ont ouvert un nouveau front dans le conflit plus large qui a débuté à la fin du mois de février avec les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Le président américain Donald Trump a rejeté les demandes saoudiennes d’une intervention militaire directe des États-Unis contre les Houthis. Israël a pour l’essentiel cessé ses opérations militaires dans ce conflit début avril.

Les Houthis, qui contrôlent les régions les plus peuplées du Yémen et une grande partie du nord du pays, mènent des attaques contre l’Arabie saoudite depuis qu’ils ont décrété un blocus naval contre Ryad en juillet, visant notamment des navires saoudiens en mer Rouge.

Ces attaques ont pris pour cible des villes saoudiennes, des infrastructures énergétiques et des navires, créant de nouvelles menaces pour l’approvisionnement mondial en pétrole et mettant en péril la principale voie alternative des exportations du Golfe via la mer Rouge, tandis que le trafic dans le détroit d’Ormuz est toujours bloqué.

Le Conseil de sécurité de l’ONU, dans un communiqué publié vendredi, a « condamné avec la plus grande fermeté la poursuite des attaques des Houthis contre le Royaume d’Arabie saoudite, incluant les attaques touchant les infrastructures civiles et énergétiques, qui ont fait des blessés parmi les civils, notamment des femmes et des enfants ».

Dans ce communiqué, le Conseil de sécurité a également déploré « l’escalade militaire des Houthis au Yémen ».

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