L’armée annonce une mesure de surveillance électronique, visant les radicaux juifs de Cisjordanie
La mesure remplacerait la détention administrative et semble viser les extrémistes juifs, à la suite d'une récente hausse de graves attaques contre les Palestiniens et les soldats
L’armée israélienne et l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet ont annoncé lundi dans un communiqué conjoint que le chef du commandement du Centre, le général Avi Bluth, avait signé un ordre autorisant le recours à la surveillance technologique pour faire respecter les restrictions de mouvement en Cisjordanie.
Cette mesure vise à remplacer la détention administrative, pratique consistant à détenir des personnes soupçonnées de terrorisme sans inculpation lorsque les autorités estiment que la divulgation des preuves compromettrait la sécurité nationale, après que le gouvernement a décidé l’an dernier de ne plus y recourir pour les suspects juifs.
Bien que le communiqué ne précise pas qui serait soumis à cette surveillance, cette mesure semble viser les militants extrémistes du mouvement pro-implantations, ou les « Jeunes des Collines », à la suite d’une récente recrudescence de graves attaques contre les Palestiniens et les troupes de Tsahal.
Selon les services de sécurité, cette décision fait suite à des directives émanant des instances politiques israéliennes et à un travail coordonné entre l’armée, le Shin Bet, la police, le ministère de la Justice et le conseiller juridique pour la Cisjordanie.
Cette décision permet aux autorités d’imposer des « mesures de surveillance technologiques » aux personnes faisant l’objet d’ordonnances administratives restreignant leurs déplacements en Cisjordanie, et de surveiller les violations de ces ordonnances. Cette mesure s’inscrit dans le cadre des efforts visant à endiguer la récente recrudescence des violences commises par des extrémistes juifs contre les Palestiniens et les soldats.
Cette décision fait suite à des informations publiées en novembre, selon lesquelles le chef du Shin Bet, David Zini, a recommandé d’autoriser l’utilisation de bracelets électroniques de surveillance pour les résidents d’implantations radicaux, jugeant que cette mesure serait plus efficace que les ordonnances restrictives en vigueur, qui interdisent aux suspects d’entrer en Cisjordanie.
Les responsables ont souligné que le non-respect de ces ordonnances ou l’endommagement des équipements de surveillance constituait une infraction pénale passible de poursuites judiciaires.
L’organisation d’aide juridique Honenu, qui représente souvent les Jeunes des collines, a déclaré qu’elle ferait appel de cette décision sans précédent.