L’autopsie de l’ex-otage Itzik Elgarat révèle qu’il a été torturé à mort, dit son frère
Danny Elgarat estime que son frère n'est pas mort d'une crise cardiaque durant un interrogatoire, mais a été « brutalement assassiné » par ses geôliers terroristes
L’otage israélien Itzik Elgarat n’est pas mort d’une crise cardiaque au cours d’un interrogatoire comme on avait pu le penser initialement. Il a en réalité été torturé à mort par ses geôliers du Hamas ainsi que l’ont révélé les conclusions de l’autopsie de sa dépouille, a fait savoir son frère Danny Elgarat.
Au matin du 7 octobre 2023, Itzik Elgarat, 68 ans, se trouvait dans sa maison du kibboutz Nir Oz lorsque les terroristes du Hamas ont attaqué. Ils ont tiré à travers la porte de sa pièce sécurisée, le blessant, puis l’ont kidnappé. Elgarat faisait partie des 251 personnes enlevées en Israël au cours de l’invasion du sud du pays par des milliers d’homme armés du groupe terroriste, tuant 1 200 personnes.
En juin, Danny Elgarat a déclaré aux députés au cours d’une réunion de la commission parlementaire de la Knesset que, selon les services de renseignement, son frère avait « été victime d’une crise cardiaque pendant un interrogatoire impliquant des actes de torture ».
Mais jeudi, en recevant les résultats de l’autopsie de son frère, Elgarat a constaté que ceux-ci étaient contraires aux premières conclusions.
« Itzik n’est pas mort d’une crise cardiaque ! Aujourd’hui, après l’autopsie de mon frère, tout est clair », a-t-il posté sur le réseau social X.
« Ce n’est pas une crise cardiaque qui a tué Itzik », a-t-il répété. « Mon frère a été torturé à mort durant un interrogatoire ».
Selon Elgarat, le corps de son frère, lorsqu’il a été restitué à Israël, « présentait de nombreuses fractures aux côtes provenant d’une pression extérieure sur la poitrine, des orteils brisés et un nez cassé ».
« Itzik a été brutalement assassiné », a-t-il affirmé.
Elgarat a indiqué que l’Institut médico-légal d’Abu Kabir, qui a pratiqué l’autopsie, n’avait pas été en mesure de « déterminer légalement la cause exacte du décès », mais avait estimé que la gravité des blessures était telle qu’elles « auraient pu entraîner la mort ».
Elgarat a toutefois souligné qu’une réponse claire et définitive de l’institut médico-légal sur la cause du décès de son frère lui importait finalement assez peu, le véritable responsable étant « M. Abandon », le surnom donné au Premier ministre Benjamin Netanyahu par de nombreuses familles d’otages et par leurs soutiens.
« Il incarne la vraie cause de la mort de toutes les victimes du pogrom du 7 octobre », a conclusion Elgarat, devenu l’un des plus virulents critiques de Netanyahu au cours des 22 mois ayant suivi l’enlèvement de son frère.
« Nos familles, comme de nombreuses autres, n’oublieront ni ne pardonneront », a-t-il affirmé jeudi, avant de recevoir les conclusions de l’autopsie de son frère.
« La responsabilité est clairement définie. Les défaillances sont clairement visibles. La cause de la mort est claire », a-t-il ajouté.
En juin, Elgarat avait expliqué, devant la commission parlementaire de la Knesset, que le Hamas avait pris son frère pour un pilote de l’armée de l’air israélienne, en raison du tatouage représentant un aigle qu’il portait sur le bras.
« Ils l’ont emmené pour l’interroger. Il n’est jamais revenu », a-t-il confié.
La date de la mort d’Itzik n’a pu être clairement définie. Il aurait survécu au moins jusqu’en janvier 2024, date à laquelle les services de renseignement avaient fait part de son déplacement de Khan Younès à Rafah.
Itzik avait été détenu avec Edan Alexander, un soldat israélo-américain de Tsahal relâché en mai 2025 dans ce qui avait été considéré comme un geste de bonne volonté de la part du Hamas envers le président américain Donald Trump.
Elgarat a indiqué à la commission de la Knesset qu’Alexander, ne voyant pas revenir Itzik, s’était enquis de lui. Les terroristes du Hamas lui avaient alors simplement répondu : « Il est parti ».
La dépouille d’Elgarat a été restituée par le Hamas en février 2025, dans le cadre d’un cessez-le-feu incluant le retour en Israël de dizaines d’otages vivants et morts. Itzik a été inhumé à proximité de sa maison, à Nir Oz.
Jeudi également, six anciens otages et la veuve d’un otage assassiné en captivité ont publié une vidéo en anglais dans laquelle ils exhortent Trump à mettre fin à la guerre à Gaza, et l’avertissent que les nouveaux plans d’Israël visant à intensifier l’offensive militaire et à prendre le contrôle de Gaza-City mettaient en danger les otages restants.
Dans cette vidéo, on peut voir les anciens otages Naama Levy, Ohad Ben Ami, Doron Steinbrecher, Sasha Troufanov, Arbel Yehoud et Iair Horn, dont le frère Eitan Horn est toujours détenu à Gaza. Ils ont été rejoints par Michal Lobanov, l’épouse d’Alex Lobanov, enlevé vivant puis assassiné par ses ravisseurs en août 2024. Sa dépouille avait été restituée à Israël quelques jours plus tard.
Soulignant le risque que représente pour les otages une intensification des opérations militaires à Gaza, Lobanov a déclaré : « Pour ma famille, il est déjà trop tard. Dès que la pression militaire s’est intensifiée, le Hamas a exécuté mon mari. Il m’a été rendu dans un cercueil. »
« Président Trump, s’il vous plait, agissez maintenant, avant qu’il ne soit trop tard pour eux aussi », a-t-elle supplié.
Invoquant le désir avoué du président américain d’être considéré comme un artisan de la paix et de recevoir le prix Nobel de la paix, Horn a lancé un appel : « Président Trump, vous avez le pouvoir d’entrer dans l’histoire, de devenir le ‘président de la paix’, celui qui a mis fin à la guerre, à la souffrance et qui a ramené tous les otages chez eux. »