Le cabinet approuve le budget de l’État pour 2026
Lapid a affirmé que le budget profitera aux 'escrocs et aux réfractaires' alors que le projet de loi est passe en première lecture en séance plénière ; le gouvernement 'ira jusqu'au bout de son mandat', dit Netanyahu
Le cabinet a approuvé vendredi le budget de l’État pour l’année 2026, a indiqué le Bureau du Premier ministre, après des heures de négociations intenses et de luttes intestines qui ont porté sur les allocations budgétaires.
Le vote a eu lieu peu avant Shabbat, dans le sillage d’un accord de compromis qui a été trouvé entre le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le ministre de la Défense Israel Katz. Les deux hommes se querellaient sur le montant à consacrer aux dépenses dans le secteur de la Défense.
Le budget, qui s’élève à quelque 662 milliards de shekels, sera soumis à une première lecture en séance plénière de la Knesset. Viendront ensuite des débats en commission, au sein du parlement – le gouvernement, de son côté, s’efforce de faire adopter l’enveloppe avant la date-limite qui a été fixée à la fin du mois de mars 2026.
Si le budget n’est pas approuvé avant cette date, la Knesset sera automatiquement dissoute, déclenchant des élections anticipées qui auront lieu en juin 2026.
Le scrutin est normalement prévu au mois de novembre 2026.
Les personnalités issues de l’opposition ont vivement critiqué le budget qui vient d’être approuvé – cela a notamment été le cas du chef de l’opposition Yair Lapid, qui a noté qu’il servait les intérêts des « escrocs et des réfractaires ». Il a accusé le gouvernement d’augmenter les impôts des Israéliens ordinaires pour pouvoir couvrir le coût de l’exemption de service militaire des jeunes Juifs ultra-orthodoxes.
Il faut noter que les cotisations, en matière de caisses de santé, augmenteront l’année prochaine et que les tranches d’imposition sur le revenu qui avaient été gelées dans le budget de l’année dernière (au lieu d’être ajustées en fonction de l’inflation)le resteront.
La taxe sur la valeur ajoutée, qui avait fait un bond de 17 % à 18 % dans le budget de l’année dernière, reste à ce niveau.
Parmi les réformes majeures qui sont incluses dans le projet de budget, un assouplissement proposé des droits de douane sur les importations de produits laitiers, ainsi qu’une taxe de 30 shekels sur les cigarettes électroniques. C’est la première tentative, de la part du gouvernement israélien, de réglementer ce marché en plein essor.
Malgré les querelles qui ont eu lieu au sein du cabinet, Netanyahu a salué « l’harmonie », a-t-il dit, du débat qui a précédé l’approbation du budget, dans des propos qui ont été tenus à l’issue de la réunion du cabinet.
« Je crois qu’autour de cette table, dans cette salle, j’ai adopté au moins 23 budgets — je ne connais pas le nombre exact — en tant que Premier ministre ou en tant que ministre des Finances. Mais je me souviens difficilement d’avoir adopté un budget dans un tel climat d’harmonie », a-t-il assuré, tout en reconnaissant qu’il y avait eu quelques « accrocs ici et là ».
Il a ajouté que l’adoption du budget témoignait de la volonté des ministres « de poursuivre les tâches et les missions de ce gouvernement », qui, selon lui, « vivra jusqu’à ses derniers jours ».
Smotrich cherche à réduire les dépenses de Défense
Selon l’accord qui a été conclu entre Smotrich et Katz – sa finalisation a été annoncée vendredi matin – le budget de la Défense d’Israël pour 2026 s’élèvera à 112 milliards de shekels, soit nettement moins que ce que l’armée avait initialement demandé.
Smotrich souhaitait un budget plus modeste – d’environ 90 milliards de shekels – tandis que Tsahal visait un budget de 140 milliards. Le ministre des Finances avait critiqué l’establishment de la Défense lors de la présentation de sa proposition de budget, au mois de novembre, lui reprochant de gérer inefficacement ses propres fonds.
L’allocation qui a été convenue repose sur l’hypothèse que seuls 40 000 réservistes en moyenne seront appelés sous les drapeaux en 2026, « conformément à la directive du ministre de la Défense dont l’objectif est d’alléger la charge des soldats réservistes ».
Au paroxysme de la guerre, l’armée israélienne avait mobilisé environ 300 000 réservistes – et elle a anticipé de faire appel à 60 000 réservistes pour l’année 2026. Katz est désormais prêt à demander à l’armée de procéder à divers ajustements à la lumière de sa décision de réduire le nombre de réservistes qui devraient servir l’année prochaine.
De surcroît, les parties se sont accordées sur un certain nombre de mesures, qui représentent une enveloppe d’à peu-près 725 millions de shekels, répartis sur trois ans, pour renforcer la sécurité en Cisjordanie et à la frontière jordanienne, a ajouté le bureau de Katz.
L’opposition dénonce un gouvernement extorqué par les réfractaires » au service
Réagissant au vote de vendredi, Lapid a déclaré que le gouvernement « a approuvé un budget de corruption et d’insoumission » militaire.
« Pour pouvoir financer le coût de 60 milliards de shekels résultant de l’insoumission des Haredim, ils augmentent les impôts des citoyens israéliens », a-t-il écrit. « Ils n’ont même pas envisagé de fermer les bureaux gouvernementaux superflus ou de se débarrasser des fonds corrompus de la coalition ».
Lapid a fait là référence aux subventions qui ont été allouées à la communauté ultra-orthodoxe – notamment au financement des yeshivot et des étudiants en séminaire religieux qui, pour un grand nombre d’entre eux, ne font pas partie de la population active et qui ne font pas leur service dans l’armée, comme c’est le cas des autres Juifs israéliens.
L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a estimé que ce budget « est un budget de ‘protection’ du gouvernement » – « Il est extorqué par les réfractaires du service militaire et il ruine ceux qui servent » au sein de Tsahal, a-t-il ajouté.
« Au lieu de lutter contre le coût de la vie exorbitant, le gouvernement aggrave ce coût de la vie avec des hausses prévues en faveur des secteurs qui menacent de renverser la coalition… Voilà à quoi ressemble la ‘protection’, » a affirmé Bennett. « Et ce sont les citoyens qui servent et qui travaillent qui en paient le prix. »
« Israël a besoin d’un budget responsable qui prenne en charge le coût de la vie et qui permette aux citoyens de respirer. Nous allons bientôt régler ce problème », a promis l’ancien Premier ministre.
Assouplissement des importations de produits laitiers, bouleversement du secteur bancaire
Depuis la présentation de son budget, Smotrich a vanté sa réforme prévue du secteur laitier – une réforme qui, selon lui, supprimera les droits de douane élevés sur les importations de lait avec pour objectif d’encourager la concurrence, d’augmenter l’offre et de réduire le coût des produits laitiers de base les plus populaires qui sont achetés par les consommateurs.
Une réforme qui a suscité la colère des défenseurs de l’industrie laitière locale, qui ont déclaré qu’elle ne ferait qu’augmenter les prix. Les critiques ont affirmé que ce projet était « un coup fatal porté à l’industrie laitière israélienne et à l’ensemble du secteur laitier ».
Le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, a toutefois salué la réforme du secteur laitier et d’autres aspects du projet de budget visant à réduire le coût de la vie extrêmement élevé en Israël dans la journée de jeudi. Il a exhorté le gouvernement à « adopter les mesures nécessaires » pour y parvenir.
Parmi les autres mesures dont il a fait l’éloge, les propositions de Smotrich qui visent à étendre l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée sur les importations personnelles, de 75 à 150 dollars, et à assouplir les restrictions qui sont imposées aux petites banques pour entrer sur le marché, afin d’accroître la concurrence dans le secteur bancaire.
Cette dernière proposition vise à examiner la possibilité de réduire les taxes sur l’activité bancaire, mais elle manque encore de détails concrets, a fait remarquer la chaîne d’information N12.
Sharon Wrobel et Sam Sokol ont contribué à cet article.
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