Le chef de la diplomatie libanaise défend la poursuite des négociations avec Israël

Youssef Raggi affirme que Beyrouth n'a « pas d'autre choix » que de poursuivre le dialogue, alors qu'une nouvelle session de pourparlers est attendue cette semaine à Rome sous médiation américaine.

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, s'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue égyptien au siège du ministère des Affaires étrangères, au Caire, le 22 avril 2025. (Crédit : Khaled Desouki/AFP)

S’exprimant le 7 juillet à Beyrouth, le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, a affirmé que Beyrouth n’avait « pas d’autre choix » que de négocier avec Jérusalem.

Le chef de la diplomatie libanaise s’est également dit « prudemment optimiste » quant aux discussions engagées sous l’égide des États-Unis qui doivent se poursuivre cette semaine à Rome.

Selon Raggi, l’un des principaux acquis de l’accord-cadre entre le Liban et Israël signé à Washington le 26 juin est d’avoir consacré « l’indépendance de la trajectoire du Liban vis-à-vis de celle de l’Iran ». Le ministre, critique de longue date du Hezbollah, s’est félicité que « la décision libanaise [soit] désormais pleinement libanaise ».

Il a toutefois accusé l’Iran de continuer à exercer une influence sur les affaires libanaises, malgré la volonté affichée par les autorités de renforcer leur souveraineté, condamnant « la poursuite des ingérences iraniennes dans les affaires libanaises, au-delà de la volonté de l’État libanais et de ses décisions souveraines ».

Le ministre a également souligné que l’accord conclu entre le Liban et Israël ne constituait qu’une étape intermédiaire destinée à permettre la poursuite des discussions. Selon lui, plusieurs dossiers restent ouverts, notamment la consolidation du cessez-le-feu, le retrait complet des forces israéliennes du territoire libanais, la délimitation définitive de la frontière terrestre entre les deux pays ainsi que la libération des prisonniers.

Raggi a par ailleurs réitéré la position du gouvernement libanais en faveur d’un monopole étatique de la force armée. « Il n’est pas envisageable qu’un groupe armé continue d’exister parallèlement à l’armée libanaise » – faisant directement allusion au Hezbollah. Selon lui, « une telle dualité ne peut engendrer que destruction et dévastation à tous les niveaux ».

Comme Raggi, le président libanais Joseph Aoun s’est lui aussi prononcé en faveur de la poursuite des négociations. Le chef d’État a rejeté les critiques visant les discussions directes entre les deux pays voisins, estimant qu’elles « ne méritent pas de réponse », rappelant que Beyrouth et Jérusalem ont déjà négocié à plusieurs reprises au cours de leur histoire.

Aoun a également indiqué que les négociations en cours étaient complexes, tout en jugeant qu’elles avaient une réelle chance d’aboutir. Il a également accusé les opposants au processus de chercher à faire du Liban un instrument au service de l’Iran.

Le Hezbollah, soutenu par l’Iran, continue pour sa part de s’opposer aux pourparlers directs entre Beyrouth et Jérusalem.

Suite à l’accord-cadre signé à Washington le 26 juin prévoyant le début du retrait d’Israël de petits secteurs dans le sud du Liban, une délégation militaire américaine est arrivée à Beyrouth samedi afin de préparer la mise en œuvre de ce retrait. Ce début de repli aurait suffi à convaincre la délégation libanaise de participer aux futures négociations prévues à Rome cette semaine.

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