Le Comité pour la protection des journalistes examine sa base de données sur « les reporters tués à Gaza »
Cette décision fait suite à une enquête du ToI ayant révélé que plusieurs membres des groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien avaient été identifiés comme 'journalistes'
À la suite d’une enquête du Times of Israel qui a révélé que plusieurs membres des groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien avaient auparavant été identifiés comme journalistes, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a annoncé lundi qu’il procédait à un « examen complet » de sa base de données des « journalistes » tués pendant la guerre à Gaza.
L’enquête du Times of Israel a passé au crible des centaines de noms publiés ces derniers mois sur les chaînes Telegram officielles des branches armées du Hamas et du Jihad islamique palestinien, ainsi que sur des comptes affiliés, et a identifié plusieurs terroristes présentés comme des professionnels des médias ou d’autres civils.
« Le CPJ a toujours clairement indiqué qu’il n’incluait personne dans ses bases de données s’il existait des preuves que cette personne participait à des combats ou incitait à la violence imminente », a expliqué Jodie Ginsberg, PDG du CPJ, dans un communiqué, ajoutant que l’organisation « condamne sans ambiguïté le fait de faire passer des combattants pour des journalistes ou des professionnels des médias ».
Cette révision devrait être terminée d’ici le mois de juillet.
Le CPJ a indiqué avoir déjà retiré huit noms de sa base de données après avoir établi que ces personnes étaient des terroristes du Hamas ou du Jihad islamique palestinien, ainsi que douze autres noms supprimés pour des raisons sans rapport avec cette affaire.
Le décompte établi par l’organisation du nombre de journalistes et de professionnels des médias « tués par Israël à Gaza et dans les centres de détention israéliens » depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 s’élève désormais à 209.
Alors que le CPJ a pris des mesures pour retirer certains noms de son décompte, d’autres bases de données, notamment celle gérée par la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et le projet « Stop Murdering Journalists » (« Arrêtez d’assassiner les journalistes »), continuent de les répertorier, sans mentionner leur participation à des opérations de combat.
L’initiative citoyenne « Stop Murdering Journalists », qui fait partie de l’organisation « Databases for Palestine » et recense les violations présumées des droits de l’Homme et les crimes de guerre présumés qui auraient été commis par Israël à l’encontre des Palestiniens, fait état de 366 journalistes tués par Israël, soit plus d’une centaine de plus que le CPJ. Ces deux chiffres sont supérieurs à ceux de Reporters sans frontières (RSF), qui fait état de 220 journalistes tués, soulignant ainsi la difficulté de recenser les décès de véritables professionnels des médias pendant la guerre.
L’enquête du Times of Israel, qui s’appuie sur des archives publiques, des reportages des médias palestiniens et des documents du Hamas saisis par l’armée israélienne lors d’opérations terrestres à Gaza, révèle qu’environ 60 % des 266 personnes identifiées comme journalistes ou professionnels des médias et tuées à Gaza entre le 7 octobre 2023 et le 30 novembre 2025 étaient membres de groupes terroristes ou clairement affiliées à ceux-ci.
Plusieurs groupes de défense de la presse ont condamné Israël pour ses attaques contre des journalistes depuis le début de la guerre, notamment l’Association de la presse étrangère (FPA), qui représente les médias internationaux en Israël, en Cisjordanie et à Gaza.