Le contrôle du Hamas sur Gaza s’est effondré, selon l’un de ses commandants

Un reportage de la BBC a cité un officier blessé qui a indiqué que le groupe terroriste a perdu le contrôle de 80 % de la bande ainsi que la majorité de ses chefs

Des terroristes armés du Hamas sur le lieu prévu pour la remise des corps de quatre otages, incluant Shiri Bibas et ses deux jeunes enfants, à Khan Younès, dans le sud de Gaza, le 20 février 2025. (Crédit : Saeed Mohammed/Flash90)

Un haut commandant du Hamas dont les propos ont été cités dans un reportage qui a été diffusé dimanche a fait savoir que le groupe terroriste avait perdu le contrôle d’environ 80 % de la bande de Gaza et qu’il ne restait « presque plus rien » de sa structure militaire à l’issue de 21 mois de combats intenses avec l’armée israélienne.

Le reportage, qui a été présenté par BBC News, s’est basé sur un certain nombre de messages vocaux qui ont été transmis au média britannique par un « officier supérieur » du Hamas – il s’agirait d’un lieutenant-colonel qui avait été blessé au mois d’octobre 2023.

« Soyons réalistes : il ne reste pratiquement plus rien de la structure de sécurité. La majorité des chefs du Hamas, environ 95 %, sont morts… Les personnalités qui étaient actives ont toutes été tuées, » aurait commenté l’officier. « Alors, qu’est-ce qui empêche Israël de poursuivre cette guerre ? »

L’homme a affirmé que la guerre « doit se poursuivre jusqu’à la fin. Toutes les conditions sont réunies : Israël a le dessus, le monde ne dit rien, les régimes arabes ne disent rien, les gangs criminels sont partout, la société est en train de s’effondrer ».

Il a noté que depuis la fin du dernier cessez-le-feu, au mois de mars dernier, le contrôle sécuritaire exercé par le Hamas à Gaza « s’est complètement effondré. Il n’y a plus rien ».

« Il n’y a plus de contrôle nulle part » a-t-il ajouté en évoquant le pillage à grande échelle d’un complexe qui appartenait au Hamas – personne n’était intervenu à cette occasion.

« La situation sécuritaire est donc nulle. Le contrôle du Hamas est nul », a-t-il répété.

Des Palestiniens passant devant des bâtiments détruits dans le camp d’al-Bureij, au centre de la bande de Gaza, le 12 juin 2024. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

« Il n’y a pas de leadership, il n’y a pas de commandement, il n’y a pas de communication. Les salaires arrivent en retard et quand ils arrivent, ils sont à peine utilisables. Certains meurent en essayant de les toucher. C’est l’effondrement total », a dit le commandant.

Alors que l’officier cité par le BBC a estimé que le Hamas avait perdu le contrôle d’environ 80 % de la bande de Gaza, Tsahal a fait savoir, la semaine dernière, que les soldats contrôlaient environ 65 % de la bande et qu’elles s’approchaient de leur objectif déclaré de contrôler les trois quarts de la superficie de l’enclave.

Il y a des zones de Gaza où les militaires n’ont mené pratiquement aucune opération par crainte, avant tout, que des otages puissent y être conservés en captivité et qu’ils puissent être tués.

Si l’évaluation faite par le commandant du Hamas, en matière de contrôle du Hamas sur le terrain, est beaucoup plus généreuse que celles qui ont pu être avancées par l’armée israélienne, l’homme pourrait avoir pris en compte la récente montée en puissance de milices non-membres du Hamas à Gaza – avec parmi elles le clan Abu Shabab, qu’Israël a armé et renforcé dans le sud de la bande de Gaza.

Des membres du gang Abu Shabab, à Gaza, dans une vidéo récente publiée par la milice gazaoui anti-Hamas. (Crédit : Capture d’écran/Facebook)

Dans une interview qui a été accordée dimanche à la chaîne publique israélienne arabophone Makan, le chef de la milice, Yasser Abu Shabab, a confirmé pour la première fois que ses forces coopéraient à un certain niveau avec les soldats et il n’a pas exclu l’éventualité d’une guerre civile avec le Hamas.

Le groupe armé a été aperçu en train de mener des opérations à Rafah et à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, et il représente le premier mouvement d’opposition armé à incarner dorénavant une menace significative s’agissant de la mainmise du Hamas sur les habitants de la bande de Gaza.

Le reportage de la BBC a été diffusé alors qu‘Israël et le Hamas mènent actuellement des pourparlers indirects au Qatar, pour tenter de parvenir à un accord de cessez-le-feu – accord qui permettrait la remise en liberté des otages – et au moment où l’armée israélienne continue d’exercer de fortes pressions sur Gaza en procédant à des frappes aériennes et à des manœuvres terrestres.

Lundi, Tsahal a indiqué que l’armée de l’air israélienne avait frappé des dizaines de cibles à Gaza au cours des 24 heures précédentes – notamment des dizaines de terroristes, des dépôts d’armes, des postes d’observation et autres bâtiments utilisés par les groupes terroristes.

Un Palestinien et deux fillettes au milieu des décombres de maisons détruites pendant la guerre entre Israël et le Hamas dans le camp de réfugiés de Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, le 17 février 2025. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

Les frappes ont eu lieu alors que cinq divisions militaires israéliennes composées de dizaines de milliers de soldats continuent de mener des opérations au sein de l’enclave côtière.

Tsahal a fait savoir qu’au cours de ces manœuvres terrestres, les troupes avaient tué de nombreux hommes armés et qu’elles avaient détruit des infrastructures du Hamas, notamment des tunnels, des bâtiments utilisés à des fins terroristes, des postes de lancement antichars et des postes d’observation.

À Gaza, l’agence de défense civile du territoire, qui est placée sous le contrôle du Hamas, a annoncé que douze personnes avaient été tuées par des coups de feu ou dans des bombardements, dans la journée de lundi.

« Nous perdons des jeunes, des familles et des enfants tous les jours, et ça doit s’arrêter maintenant », a déclaré à l’AFP Osama al-Hanawi, un habitant de Gaza. « Le sang a suffisamment coulé ».

Un petit garçon palestinien pleure un membre de sa famille, tué lors d’une frappe israélienne, à l’extérieur de l’hôpital al-Shifa à Gaza City, le 7 juillet 2025. (Crédit : Omar AL-QATTAA / AFP)

Les forces israéliennes mènent des opérations à l’intérieur de la bande de Gaza depuis plus de 20 mois – depuis le pogrom qui avait été commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023. En cette matinée de Shabbat, les hommes armés avaient massacré plus de 1200 personnes sur le territoire israélien et 251 personnes avaient été kidnappées et prises en otage au sein de l’enclave côtière.

Côté israélien, le bilan humain de l’offensive terrestre dans la bande et des opérations militaires menées le long de la frontière avec cette dernière s’élève à 441 morts.

Au cours de cette période, plus de 57 000 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza, selon le ministère de la santé de l’enclave, qui est placé sous l’autorité du Hamas.

Les chiffres avancés par le groupe terroriste sont invérifiables et ils ne font pas de distinction entre civils et hommes armés. Au mois de janvier, Israël affirmait avoir tué quelque 20 000 terroristes sur le champ de bataille, précisant que 1600 autres hommes armés avaient été abattus sur le sol israélien lors du massacre qui devait déclencher le conflit, le 7 octobre 2023.

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