Le dérèglement climatique devrait entraîner plus de tempêtes de poussière en Israël
Assaf Hochman, de l'Institut des sciences de la Terre de l'Université hébraïque, met en garde contre la hausse des nuages de poussière, qui affecteront l'agriculture et la santé publique
Lundi, un expert de l’Université hébraïque a mis en garde contre le fait que les tempêtes de poussière comme celles qui se sont abattues sur Israël ce week-end pourraient devenir plus fréquentes et plus précoces en raison du dérèglement climatique.
Assaf Hochman, qui étudie le climat, les phénomènes climatiques extrêmes et les prévisions météorologiques à l’Institut des sciences de la Terre de l’université, a expliqué que l’épais brouillard de samedi, qui a propulsé Tel Aviv et Jérusalem en tête de l’indice mondial de pollution, était dû à une tempête survenue près de la Libye, dans le sud de la Méditerranée, qui a soulevé du sable d’Afrique du Nord et d’Égypte et l’a transporté sur au moins 2 000 kilomètres jusqu’en Israël, dans le cadre d’un phénomène connu sous le nom de cyclone Sharav.
Ce phénomène est un système de « dépression », qui se forme au-dessus de l’Afrique du Nord et se déplace vers l’est en suivant les côtes méditerranéennes. Alors que les tempêtes hivernales apportent de la pluie, ces cyclones secs apportent un air brûlant et poussiéreux provenant du désert.
« De telles tempêtes de poussière ou de sable se produisent chaque année, généralement entre mars, avril et mai, ou à l’automne, en septembre et octobre », a déclaré Hochman, faisant référence aux périodes de transition durant lesquelles le temps, en Israël, est souvent imprévisible.
« Cette année, elles ont été plus précoces que d’habitude », a-t-il ajouté « Avec des temps secs et suffisamment de vent, [la poussière ou le sable] peuvent parcourir de longues distances et atteindre des altitudes plus élevées. Dans certaines conditions atmosphériques, ils peuvent s’élever à environ 5 000 mètres d’altitude, là où les vents soufflent très fort d’ouest en est. »
Des tempêtes similaires, dans d’autres régions, peuvent ainsi transporter de la poussière d’Afrique vers l’Europe. Presque chaque année, la poussière du désert du Sahara survole l’océan Atlantique, allant jusqu’à rejoindre les États-Unis.
Si la tempête de samedi a été intense, elle n’était toutefois pas sans précédent, a souligné Hochman. Il a évoqué une tempête de sable qui avait recouvert le pays d’un voile jaune en 2015. Le ministère de la Protection de l’environnement avait alors qualifié cet épisode de pire tempête jamais enregistrée dans l’État.
Hochman a expliqué que ses collègues de l’Institut des sciences de la Terre et lui-même étudiaient l’impact de l’augmentation des concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, principalement due à la combustion de combustibles fossiles, sur la durée des saisons. Ils s’attendent à ce que les hivers raccourcissent et à ce que les étés s’allongent.
« Le printemps devrait démarrer plus tôt, et des phénomènes tels que la tempête de poussière que nous venons de connaître devraient se multiplier », a-t-il poursuivi.
« La zone méditerranéenne devient de plus en plus aride, ce qui expose davantage le sable et la poussière. De plus, la terre se réchauffe plus rapidement que la mer, et nous nous attendons à davantage de cyclones Sharav à mesure que la différence entre les températures terrestres et maritimes va s’accentuer. »
Ce phénomène de tempêtes précoces et plus fréquentes aura des répercussions sur l’agriculture israélienne, la santé publique et bien d’autres domaines, a-t-il souligné.