Le Hamas filmé frappant des commerçants de Gaza qui refusent d’accepter des espèces

Un directeur d’école de Gaza accuse le Hamas d’avoir tué son fils dans un centre d’aide ; Tsahal aurait averti la Knesset que la prise de Gaza-City ne ferait pas plier le groupe

Une vidéo partagée par des comptes de réseaux sociaux affiliés au Hamas montre des membres du groupe terroriste en train de passer à tabac des commerçants à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, pour avoir refusé d'accepter des paiements en espèces. (Crédit : Capture d'écran/X ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Plusieurs comptes de réseaux sociaux liés au groupe terroriste palestinien du Hamas ont publié jeudi une vidéo montrant des membres du groupe tabassant des commerçants palestiniens qui refusaient d’accepter des paiements en espèces ; l’armée israélienne poursuit quant à elle, son plan de conquête de Gaza-City.

Les images montrent des hommes identifiés comme des membres du Hamas frappant plusieurs personnes à coups de matraque. Selon ces comptes, les victimes étaient des commerçants de Khan Younès qui refusaient d’accepter des billets.

L’économie gazaouie traverse une crise grandissante, les banques restant fermées et l’état de la monnaie physique se dégradant. Le Hamas chercherait à maintenir les échanges en obligeant les commerçants à accepter les billets, quel que soit leur état, plutôt que de recourir au troc ou à d’autres formes de paiement.

Le 1ᵉʳ septembre, la police du Hamas à Khan Younès a publié une déclaration enjoignant les commerçants à accepter tous les types de billets et de pièces, qu’ils soient neufs ou usés, tant qu’ils ne sont pas contrefaits.


Malgré ces tensions économiques, le Hamas, qui a régné sur Gaza pendant près de vingt ans avant d’orchestrer le pogrom meurtrier du 7 octobre 2023 contre Israël, qui a déclenché la guerre en cours, n’a pas été remplacé en tant qu’autorité civile de facto dans la bande de Gaza, même si Tsahal contrôle désormais environ les trois quarts de l’enclave.

Un directeur d’école de Gaza accuse le Hamas d’avoir tué son fils

Par ailleurs, le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) de Tsahal a publié une nouvelle vidéo dans laquelle un ancien directeur d’école de Gaza lance une attaque verbale cinglante contre les dirigeants du Hamas, accusant le groupe terroriste d’avoir assassiné son fils et d’autres employés des centres de distribution d’aide humanitaire à Khan Younès.

L’homme qui figure dans la vidéo, a été identifié comme étant Saad al-Mihsal. Il y confie que son fils, Osama, travaillait dans les centres de distribution, et est l’un des douze jeunes hommes tués par des terroristes du groupe lors d’un incident récent.

« Un incident au cours duquel 12 jeunes hommes ont été tués – à quelle branche de l’islam appartiennent ces meurtriers et ces criminels ? », demande-t-il. Il poursuit en s’adressant « aux dirigeants en dehors de Gaza, aux chefs de factions qui négocient des échanges de prisonniers en échange de cartons d’aide humanitaire » et leur rappelle que « le sang de nos fils est prioritaire, c’est le sang de nos fils que vous devez examiner en premier. »

Il accuse en outre le Hamas de détourner les ressources de la population et d’abandonner les habitants, déclarant : « Notre honneur a été bafoué, l’argent de nos enfants a été pillé et volé. »


Al-Mihsal rappelle la joie des Gazaouis lorsqu’ils « ont vu ces otages revenir en bonne santé, beaux et bien habillés », mais constate que la confiance dans le mouvement s’est depuis effondrée. On ignore s’il parlait des otages enlevés par des groupes terroristes et libérés dans le cadre d’accords, ou s’il utilisait le terme pour désigner les prisonniers palestiniens libérés par Israël.

« À quel islam appartenons-nous ? », demande-t-il encore dans la vidéo.

Le chef du COGAT, le général de division Ghassan Alian, a souligné que le témoignage présenté dans la vidéo montrait le vrai visage du Hamas. S’adressant directement aux Gazaouis, Alian affirme que « l’organisation terroriste du Hamas est votre ennemi. Elle vous vole vos ressources, elle propage des mensonges et elle bafoue vos droits… Elle ne protège pas la bande de Gaza, mais la détruit, tout comme elle vous détruit de l’intérieur. »

Mercredi, Tsahal avait déjà publié un enregistrement audio dans lequel un habitant de Gaza-City affirmait au COGAT que le Hamas empêchait les civils d’évacuer vers le sud avant l’offensive annoncée par Tsahal pour conquérir Gaza-City.


Tsahal prévient : « Pas du tout certain » que le Hamas cèdera

Alors que l’armée poursuivait sa progression dans Gaza-City, un représentant militaire aurait déclaré mercredi, lors d’une réunion à huis clos de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, que l’armée n’était pas certaine que l’opération ferait bouger le Hamas.

Selon la chaîne publique Kan, le représentant militaire a fait cette déclaration en réponse à une question du député du Likud Amit Halevi.

« Pourquoi l’occupation de Gaza-City amènerait-elle le Hamas à plier ? », aurait-on demandé au représentant militaire.

« Je n’ai pas dit que cela pousserait le Hamas à fléchir, ce n’est pas certain du tout. La ville a une importance symbolique », a expliqué le représentant à la puissante commission, selon un média.

Des Palestiniens inspectent les décombres de leur maison après un raid aérien israélien sur la maison de la famille al-Ghoul dans le quartier de Sheikh Radwan, au nord de Gaza-City. (Crédit : Khalil Kahlout/Flash90)

Le panel a également été informé que, selon les estimations de Tsahal, environ 800 000 civils se trouvaient encore à Gaza-City mercredi.

Israël a déclaré Gaza-City zone de combat. Certaines parties de la ville sont déjà considérées comme des « zones rouges », où les Palestiniens ont reçu l’ordre d’évacuer avant les combats intenses attendus.

La télévision israélienne a rapporté mercredi que le chef d’état-major de Tsahal, Eyal Zamir, prévoyait d’avertir le gouvernement qu’il n’y aurait d’autre choix que d’imposer la loi martiale dans la bande de Gaza si les plans visant à conquérir Gaza-City étaient mis à exécution.

Selon le reportage, Zamir appliquera les ordres de conquête de Gaza-City, tout en avertissant le gouvernement des lourdes conséquences militaires et diplomatiques que cela pourrait entraîner.

Zamir est opposé au plan du gouvernement visant à conquérir Gaza-City et a exhorté l’exécutif à accepter un accord de cessez-le-feu avec libération progressive des otages, un schéma que le Hamas avait annoncé accepter le mois dernier. Le groupe terroriste et ses alliés détiennent encore 48 otages, enlevés lors du pogrom du 7 octobre 2023, dont 20 seraient toujours en vie.

Israël insiste pour que tous les otages soient libérés simultanément afin d’éviter une opération sur Gaza-City. Le Hamas a affirmé mercredi être ouvert à un accord global, mais n’a pas accepté les conditions fixées par Israël pour mettre fin à la guerre : le désarmement du Hamas, la démilitarisation de la bande de Gaza et l’instauration d’un nouveau gouvernement civil excluant à la fois le Hamas et l’Autorité palestinienne (AP).

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