Le Hezbollah dit qu’il n’interviendra pas en cas de frappes américaines « limitées » contre l’Iran

Beyrouth exhorte le groupe terroriste, pour lequel une attaque contre les dirigeants iraniens serait une 'ligne rouge',  à ne pas entraîner le Liban dans un nouveau conflit

Un drapeau du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah flottant au-dessus des décombres d'un bâtiment touché en janvier par une frappe israélienne, dans le village de Qannarit, dans le sud du Liban, le 16 février 2026. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

Un responsable du Hezbollah a déclaré mercredi que le groupe terroriste chiite libanais n’interviendrait pas militairement en cas de frappes « limitées » des États-Unis contre son principal soutien, la République islamique, mais qu’il considérerait toute attaque contre le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, comme une « ligne rouge ».

Alors que le président américain Donald Trump menace depuis des semaines de mener une action militaire majeure contre l’Iran, le New York Times a rapporté dimanche qu’il envisageait de mener une frappe limitée afin de faire pression sur Téhéran pour qu’il accepte ses exigences en matière de nucléaire.

Si la République islamique continue de résister, cette frappe pourrait être suivie d’une campagne beaucoup plus importante au cours de l’année, visant à renverser le régime, selon le journal.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a déclaré que son groupe terroriste était en « position de défense », mais qu’il se considérerait comme « visé » par toute attaque américaine contre l’Iran.

Cependant, un responsable du groupe terroriste a déclaré à l’AFP, sous couvert d’anonymat : « En cas de frappes américaines limitées contre l’Iran, la position du Hezbollah sera de ne pas intervenir militairement. »

Toutefois, si le groupe estime que les États-Unis tentent de « provoquer la chute du régime iranien ou de viser le guide suprême, le Hezbollah interviendra », a-t-il ajouté.

Des personnes portant les cercueils de trois terroristes chiite libanais du Hezbollah tués lors de frappes israéliennes lors de leur cortège funèbre, dans le village de Nabi Sheet, dans l’est du Liban, le 21 février 2026. (Crédit : Bilal Hussein/AP Photo)

Qassem a prédit qu’en cas de tentative de renversement militaire du gouvernement iranien par les États-Unis, Israël, allié de ces derniers, « mènerait inévitablement une guerre contre le Liban ».

Ces dernières semaines, l’armée israélienne a intensifié ses frappes aériennes contre le Hezbollah, laissant entendre que ce groupe terroriste soutenu par la République islamique pourrait se joindre à Téhéran dans un nouveau conflit contre Israël.

« Ce que les Libanais craignent, c’est une réaction en chaîne : une frappe américaine contre l’Iran, une riposte du Hezbollah contre Israël, suivie d’une réponse massive d’Israël », a déclaré un responsable libanais sous couvert d’anonymat.

Mardi, deux hauts responsables libanais ont déclaré qu’Israël avait récemment envoyé un message indirect au Liban, indiquant qu’il frapperait durement le pays, en ciblant les infrastructures civiles, y compris l’aéroport, si le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah s’impliquait dans une guerre entre les États-Unis et l’Iran.

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, s’adressant au Conseil des droits de l’homme, à Genève, en Suisse, le 24 février 2026. (Crédit : Jamey Keaten/AP Photo)

« Certains signes indiquent que les Israéliens pourraient frapper très fort en cas d’escalade, y compris potentiellement des infrastructures stratégiques telles que l’aéroport », a déclaré mardi à Genève le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi.

Raggi a précisé que les autorités libanaises avaient appelé le Hezbollah à ne pas réagir de manière à déclencher des « situations néfastes » pour les civils libanais, soulignant : « Cette guerre ne nous concerne pas. »

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, dont le gouvernement cherche à désarmer le Hezbollah depuis son entrée en fonction il y a un an, a exhorté le groupe terroriste à ne pas entraîner le pays dans un nouveau conflit. Dans une interview publiée mardi dans un journal, il a déclaré : « L’aventure de Gaza a coûté cher au Liban. Nous espérons ne pas être entraînés dans une autre aventure. »

Pendant les combats entre Israël et le Hezbollah en 2023 et 2024, Tsahal a déclaré n’avoir frappé que des sites appartenant au groupe terroriste. Aucune frappe israélienne n’a visé d’infrastructures libanaises d’importance.

Des gens rassemblés alors que le Premier ministre libanais Nawaf Salam visite des zones du sud du Liban, le long de la frontière avec Israël, que l’armée libanaise affirme avoir débarrassées de la présence armée du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, dans le village de Yarine, le 7 février 2026. (Crédit : Mohammed Zaatari/AP Photo)

Soutenu par la République islamique, le Hezbollah a commencé à mener des attaques transfrontalières quasi quotidiennes contre le nord d’Israël le lendemain du pogrom perpétré par son allié, le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 7 octobre 2023. Au cours de cette attaque, plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres enlevées et emmenées de force à Gaza.

Le cessez-le-feu de novembre 2024 entre le Hezbollah et Israël a suivi une incursion terrestre et une attaque aérienne israéliennes simultanées qui ont gravement affaibli le groupe terroriste chiite libanais et tué une grande partie de ses dirigeants.

Depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, qui a mis fin à un an de conflit, Israël a constamment pris pour cible ce qu’il considère comme des tentatives du Hezbollah de reconstituer ses forces.

En vertu de l’accord, le Hezbollah devait se retirer et désarmer au sud du fleuve Litani, mais Israël affirme que le groupe terroriste reste retranché dans la région, ce qui conduit Tsahal à mener des frappes quasi quotidiennes.

Le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, et l’armée libanaise a déclaré le mois dernier avoir achevé la première phase de son plan en ce sens, couvrant la zone située entre le fleuve Litani et la frontière israélienne, à environ 30 kilomètres plus au sud.

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